« Kung Fu Fighting » : saison 2, épisode 4

Ce jeudi 6 février, après avoir échauffé nos voix en scandant des slogans contre la réforme des retraites (l’honnêteté intellectuelle me pousse ici à souligner qu’un Spartakiste a perfidement souligné l’absence de « Black Bloc Céloche » à cette manifestation et émis des hypothèses cauteleuses sur l’anticapitalisme supposé éphémère de cette dernière – il devra faire amende honorable en lui fournissant des plâtrées de son excellent pudding), nous échauffons nos jambes et nos bras sur le terrain de la salle du Romarin, à La Madeleine.

Et pourtant, il s’en est fallu de peu pour que ce match n’ait pas lieu ! En effet, Youyou, premier arrivé, nous accueille hilare, en nous annonçant que La Madeleine… n’était pas au courant du match de ce soir ! La date avait pourtant été calée avec Thierry, le coach-président. Mais un Madelinois avait oublié de rentrer la date dans leur application (Oui, aujourd’hui, il existe des applications pour tout, même pour l’organisation de la vie d’un club… Comment ça, vous, vous saviez que ça existait ? Laissez-moi regretter d’être venue trop tard, dans un monde trop vieux, comme se lamentait Alfred de Musset, à moins que je ne sois venue trop tôt dans un monde trop jeune, et trop connecté). Passé l’effet de surprise, La Madeleine s’organise. « On n’a pas de gardien », les entendons-nous déplorer. Les Spartakistes se frottent les mains… Mais ils s’inquiètent aussi : « Et, pour la 3e mi-temps, il y aura quand même un coup à boire ? ». Thierry tient à nous rassurer là-dessus et les deux équipes commencent donc à trottiner, se faire des passes, échauffer leurs gardiens… On devait rencontrer La Madeleine 1, ce soir. Ce sera donc une équipe hybride, composée de joueurs et joueuses de la 1 et de la 2, pensant venir à un simple entraînement.

C’est un véritable bataillon de Spartakistes qui sont venus affronter nos adversaires fétiches et qui ont revêtu des chasubles pour l’occasion, La Madeleine nous recevant en rouge et noir (très jolies couleurs). Et des chasubles jaunes, en plus, pour la plus grande joie de Val, qui s’empresse d’accrocher son grigri à ses cages : une écharpe des Sang et Or ! S’élancent donc sur la piste Stéphane, Matthieu, Thomas, Youyou, Uriel, Aurélien, Romain, Justine, Céline, Agathe et Édouard.

L’engagement est spartakiste ! Le premier tir est contré, mais il donne lieu a un coup franc. L’action qui s’ensuit se termine par un tir, arrêté par le gardien. Derrière, La Madeleine travaille et obtient un coup franc. La balle repart, et l’arrière droit finira par l’offrir à leur pivot, ou devrais-je dire, pivote, qui marque : 2-0 (1’30 ») (rappelons ici que les buts marqués par les filles valent deux points, sauf sur penalty). Le Spartak repart à l’attaque. Stéphane, à l’aile, rentre en pivot, et crée suffisamment de distraction pour permettre à Uriel de marquer : 2-1. La Madeleine arrive rapidement en attaque, le demi croise avec l’arrière droit, qui s’engouffre dans un intervalle : 3-1. Commence alors une longue, très longue, trop longue série de croisés foudroyants… Le Spartak engage et Thomas, en arrière droit, parvient presque à prendre l’intervalle mais prend la décision de faire la passe à Stéphane, à l’aile : le tir est arrêté. La Madeleine remonte le terrain et tire, mais Val arrête la balle ! Le Spartak repart en attaque. Uriel fait une passe à Matthieu, mais malheureusement, vise les pieds à la place des mains. Commence alors une longue, très longue, trop longue série de pertes de balle tout aussi foudroyantes… Heureusement, Matthieu parvient à enterrer la contre-attaque qui a découlé de cette perte de balle. La balle reste détenue par La Madeleine, et l’arrière gauche s’élance mais vise au-dessus des cages. En attaque, Aurélien, au poste d’ailier gauche, s’élance pour prendre l’intervalle intérieur, mais se voit tancer par une joueuse de La Madeleine, qui écope d’un carton jaune pour son geste. L’attaque se poursuit, Uriel fait la passe à Thomas qui tire, mais la balle est déviée. Fort heureusement pour nous, Romain, bien placé, la récupère et marque ! 3-2.

La présence de Romain n’était pas assurée, pour ce soir. Lorsqu’ils nous a annoncé qu’il pouvait finalement venir, on l’a chaudement remercié, en lui intimant de marquer un minimum de 10 buts. On est comme ça, au Spartak ! On récompense le sacrifice par l’obligation du dépassement de soi et de la réalisation de chiffres annoncés (il se pourrait qu’on se prépare à notre prochain match contre Decathlon, et qu’on s’essaie au management sauvage…). Derrière, La Madeleine ne fait preuve de strictement aucune originalité, folie ou créativité, puisqu’ils se contentent de nous ressortir un croisé entre le demi et l’arrière droit : 4-2. A ce moment du match, Thomas sort, essoufflé, et laisse sa place à un coéquipier : « Je crois que mon corps n’a pas compris ce qui l’attendait ». Commence avec une longue, très longue, jamais trop longue liste de titres…

En attaque, Uriel s’élance à nouveau et nous délivre un boulet de canon dont il a le secret. Or, la balle vient s’écraser contre l’estomac du gardien, qui a beaucoup de mérite de tenir les cages, alors que ce n’est pas son poste, et de ne pas avoir jeté le maillot, après cet arrêt à couper le souffle. La Madeleine arrive en attaque et le demi travaille tant et si bien que la voie est libre pour l’arrière-droit, qui file vers l’intervalle et marque : 5-2. En attaque, le Spartak fait circuler la balle et Céline tente sa chance en arrière droite : elle obtient un coup franc. La balle est remise en jeu, Uriel et Matthieu tentent à leur tour de distraire la défense en exécutant un croisé. Mais l’infatigable demi madelinois s’empare de la balle avant que celle-ci n’arrive dans les mains d’un joueur spartakiste et fonce en contre-attaque. C’était sans compter sur nos joueurs montés sur des ressorts, qui remontent bien vite le terrain, pour enterrer proprement cette contre-attaque. Derrière, se met en place une attaque madelinoise, qui se terminera par un arrêt de Val ! L’attaque spartakiste qui suit se clôt sur un tir arrêté. Place à La Madeleine : le demi s’engouffre et creuse douloureusement, désormais, l’écart : 6-2. Le Spartak ne baisse pas les bras : Matthieu fait une passe à Youyou, en pivot, mais celui-ci est empêché par la défense. Romain passe alors la balle à Aurélien, empêché de même. Matthieu s’élance alors pour tirer, mais le gardien arrête la balle et l’envoie en touche. La balle est remise en jeu, et La Madeleine écope d’un deuxième carton jaune, pour une faute commise sur Matthieu. La balle continue de circuler, et le temps devient long… L’arbitre finit par lever le bras, ce qui oblige Romain à tirer… et à marquer ! 6-3 (8’’40). 

L’arrière droit de La Madeleine trouve le chemin du but et creuse l’écart qu’on venait de parvenir à réduire : 7-3. Le Spartak attaque, perd la balle, parvient à enterrer la contre-attaque. La Madeleine effectue un croisé (le scribe hésite à faire un copier-coller des deux phrases précédentes, tant ces actions se répètent pendant le match), mais Youyou, bras levé, dévie la balle et occasionne un corner. Le demi madelinois se lance dans une tentative de schwenker (le scribe doit reconnaître ici qu’il découvre l’orthographe du mot, seulement aujourd’hui. On écrit donc schwenker, et non pas schminker, comme le scribe le prononce à peu près. On a cette chance, au hand, d’être bercé par une douce poésie quand s’invitent des roucoulettes, des espagnoles, des schwenker et autre chabala…ou encore… le kung fu, qui a été adopté comme cri de guerre par l’équipe ! Un petit aperçu ? « Kung fu… Fighting ! Tululu tululu tululu ». Vous aurez, bien entendu, reconnu la frétillante mélodie de Carl Douglas ! Vous l’avez désormais dans la tête ? Ne nous remerciez pas, et tululututez!).

Alors, donc, ce schwenker madelinois ? Eh bien, il n’est pas concluant ! La balle est déviée par un spartakiste et roule dangereusement vers la ligne de touche, mais Romain et Aurélien se lancent dans une tentative de sauvetage impressionnante, si l’on en juge les « Woooh ! » poussés sur le banc. Retentit alors un « ALLEZ SPARTAK ! », qui coûte des points d’audition au scribe, mais qui emporte la fougue de tout le banc, qui entonne alors un énergique « Allez Spartak, on va gagner ! ». Ce n’est pas suffisant pour que l’attaque spartakiste soit concluante. La défense, en revanche, a plus fière allure, et Édouard s’en sort si bien que le banc applaudit. Soudain, Romain parvient à attraper la balle et à foncer en contre-attaque : 7-4 (11’30 »). « Plus que 8 ! », s’écrie un joueur sur le banc, qui n’a pas oublié que c’est par la pression qu’on obtient des résultats (on est prêts pour le match contre Decathlon !). Derrière, l’arrière droit madelinois nous gratifie d’une belle feinte, qui lui permet de prendre l’intervalle : 8-4. Stéphane s’élance à l’aile, et ça rentre presque ! Derrière, La Madeleine nous offre un festival de pertes de balle, récupérées, puis reperdues, puis récupérées, qui fait même lâcher au scribe un « olalalala » peu spartakiste… Le scribe se châtie actuellement, en écoutant toute la playlist Youtube proposée après l’écoute de Kung fu fighting de Carl Douglas. Là, c’est un live de Stairway to heaven. C’est pas si mal, tous ces solos de guitare. Ce festival se conclut donc sur une absence de but, et le Spartak remonte le terrain. Edouard s’essaie à l’aile droite, mais le tir est arrêté et repoussé vers l’aile d’où il provient. Stéphane, qui n’est pas le dernier à nous offrir des gestes hautement improbables, s’élance alors littéralement au-dessus d’Edouard, resté au sol dans la zone, pour tenter de récupérer la balle et de marquer. Il ne marquera pas, mais, il obtiendra un penalty ! Un geste ubuesque et une occasion de but ?! Stéphane est la générosité incarnée ! Ce gredin finalise bien vite son œuvre : 8-5. Ah, là, c’est Under the bridge, des Red Hot Chili Peppers. Le scribe a donc 15 ans et une passion dévorante pour Anthony Kiedis. Le scribe chante à gorge déployée. Le scribe a une forte envie de Malibu Coco, de soirées camping et de pelles mal roulées derrière les buissons. Il faut vite que la chanson se termine. Ah, c’est bon ! Où en étions-nous ? Ah ! La Madeleine fait l’engagement, et délivre rapidement un très beau décalage, qui se conclut logiquement par un but : 9-6. Le sang de Matthieu ne fait qu’un tour, et il orchestre un fulgurant engagement, qui laisse la défense madelinoise abasourdie et permet à Edouard de marquer : 9-7. La Madeleine se reprend rapidement : 10-7. 

C’est le moment, vous l’attendiez, où l’on appuie sur « avance rapide », pour ne garder que le meilleur de ce qui suit. Car ce n’est pas le tout, mais il y a la réunion de bureau mensuelle du Spartak dans une heure et le scribe doit s’assurer de la cuisson de son cake pesto-chèvre. Le saviez-vous ? La réunion de bureau mensuelle du Spartak est ouverte à tou.te.s ! On s’y voit, la prochaine fois ? Donc : 

Romain marque en demi et commence à bien remplir le contrat (plus que 7 !)
En contre-attaque, Romain fait une passe dans le dos à Uriel qui marque avec un tir probablement non homologué dans le handball international, et qui fait pousser à Justine un petit « Woop woop ! » d’admiration et de joie.
À l’aile droite, Justine fait une passe à Youyou, qui marque.
Ici, il faut savoir que le Spartak a su remonter 3 buts en 4 minutes ! Un véritable « moment de grâce », comme disent certains ! 

On se rapproche dangereusement de la fin de la première période, de même que l’attaque spartakiste se rapproche dangereusement de la zone adverse. Il faut tirer ! C’est chose faite, mais à côté. « Ça aurait fait du bien de le mettre, mais c’est pas grave », déclare Val, nous gratifiant d’un autre titre mutin. La première période se termine donc sur le score de… 13-10 pour La Madeleine ! Le Spartak a su réduire l’écart ! Et trois buts, qu’est-ce que c’est ? Trois fois rien ! Tiens-toi prête, La Madeleine, la deuxième période n’attend que nous !

La Madeleine engage : « retour avec Clément ». Sauf qu’à la faveur d’un cafouillage et d’une bonne défense d’Uriel, l’attaque patine. Enfin, pas longtemps, puisque le demi finit par faire une passe à la pivote : 15-10. Ouch. En attaque, Uriel déclenche son tir, qui arrive dans les pieds du gardien, qui relance. Mais le Spartak parvient à enterrer. En attaque, toujours, Uriel croise avec Aurélien, qui libère sur Matthieu qui fait une passe ma-gni-fi-que à Stéphane, à l’aile, mais le tir est arrêté. La Madeleine réplique immédiatement derrière : 16-10. De même que le Spartak : Uriel croise avec Matthieu, qui a l’audace de décocher un tir en appui, dans le secteur central, parfaitement fatal à la défense madelinoise. L’attaque de La Madeleine, qui suit ce but, se solde par un échec, grâce à un bel arrêt de Val. Le Spartak repart en attaque, et un cafouillage a lieu entre deux joueurs, ce qui donne naissance à une contre-attaque madelinoise, avortée à la faveur d’un marcher des rouges et noirs (c’est-à-dire, ce soir, La Madeleine. Le Spartak, nous le rappelons, est sang et or !). En attaque, Céline fait une belle passe à Matthieu, qui remet son ouvrage sur le métier : tir en appui : 16-12. La Madeleine attaque, mais ne parvient pas à marquer. Le Spartak repart en attaque, et Matthieu ne parvient pas à agripper la balle correctement. Celle-ci roule au sol, mais il ne peut la ramasser, sous peine de faire une reprise de dribble. Or, ses coéquipiers n’avaient pas forcément vu l’action, ou ne maîtrisent pas encore ces petites subtilités. C’est ainsi que le banc s’époumone : « CÉLINE ! VA CHERCHER LA BALLE ! », ce qui ne manque pas de surprendre la joueuse, qui parvient néanmoins à dépasser sa stupeur pour accourir auprès du ballon. L’action repart et Uriel nous régale à nouveau, en mettant un but « par petit pont, pour la deuxième fois », comme le notera Agathe : 16-13.

Ainsi, cette deuxième période démarre sur les chapeaux de roue ! Certes, l’écart est encore de trois buts, mais cela est rassurant, car il faut savoir que le Spartak s’est spécialisé dans la débâcle des 10 premières minutes de la deuxième période. La routourne aurait-elle commencé à routourner ? Le Spartak aurait-il vaincu ses démons ? Ce match s’annoncerait-il comme le début d’un avenir glorieux ? Reprenons notre récit, et jugeons-en ! Après cette facétie d’Uriel, La Madeleine marque : 17-13 (6′). Derrière, Matthieu tente sa chance, mais le gardien arrête la balle et lance une contre-attaque, qui vient buter sur notre portier. La Madeleine reste cependant en possession de la balle et un joueur s’essaie à un tir, qui vient faire trembler la transversale de Val, et sans doute lui-même un peu. La balle atterrit à nouveau dans les mains madelinoises et une joueuse s’élance vers la défense. Nous l’avions comparé à Buster Keaton, dans la chronique précédente, et ce joueur continue de nous prouver ses velléités pour la comédie : Matthieu déploie son « super jeu d’actor studio », comme le note le scribe dans le carnet, et obtient un passage en force. 

À ce moment du match, nous avons quasiment dépassé les 10 premières minutes, qui en temps normal sont fatales au Spartak. « Ça s’observe, ça défend fort, mais ça ne marque pas », rapporte le scribe, avec sagacité et des dons certains pour le dessin, puisqu’il illustre ce commentaire sportif d’un smiley… dont on peine à déterminer l’expression : surprise ? déception ? Certes, ça ne marque pas, mais au moins sommes-nous sur le point de briser une malédiction ! A 9’45 », nous en sommes toujours à 17-13 ! Allez, plus que 15 secondes à tenir ! Le Spartak est en attaque et perd la balle, mais Edouard effectue un superbe retour et met à mal la contre-attaque. Les Spartakistes ont donc le temps de revenir en défense, et les deux équipes se font face. Malgré une belle défense d’Edouard et de Matthieu, La Madeleine marque : 18 à 13. Le Spartak aurait pu réduire et revenir à -4, mais c’était sans compter sur une jolie parade sur gardien, qui devrait véritablement songer à en devenir un vrai, vu les arrêts qu’il sort ! En attaque, Justine, à l’aile droite, se défait bien de son défenseur, mais son tir se solde par un arrêt, que Stéphane récupère néanmoins et qu’il offre à Matthieu : 18-14 ! Ouf !

Or ! C’est à ce moment que La Madeleine décide de venir nous porter un coup, qui nous sera peut-être fatal. Est-ce ici que le match bascule ? Les spécialistes pourront en débattre longtemps. En effet, c’est à cet instant, alors que nous nous apprêtions à célébrer le passage des 10 premières minutes plutôt réussies et prometteuses, une joueuse de La Madeleine marque et le score décolle à nouveau, éloignant dangereusement une victoire spartakiste, douchant nos espoirs : 20-14. Le Spartak ne se laisse pas anéantir pour autant ! Romain croise pour Matthieu, qui surprend tout le monde en exécutant une magnifique feinte et en délivrant la balle à Stéphane, à l’aile, qui tire. Las, la balle n’atteint pas le fond des filets. Derrière,  La Madeleine enfonce le clou : 23-14. Comment cela, 23-14 ? Aux dernières nouvelles, le score était de 20 à 14 ! D’où proviennent ces 3 buts, et cet écart désormais titanesque ? Sachez que les scribes se relaient, au gré des changements de joueurs. Parfois, cette transition se fait en douceur et parfois, elle essuie des turbulences. Il semblerait donc qu’un changement de joueurs et de scribes ait créé une faille temporelle dans la prise de notes. Et qu’une partie du match soit donc vouée aux limbes. Nul doute que la clef pour comprendre la plongée du Spartak résidait dans cette poignée de minutes occultées. Désolé, chers spécialistes, mais ce n’est pas aujourd’hui qu’on parviendra à déchiffrer le grand malheur qui pèse sur cette sympathique équipe, et qui la condamne à enchaîner les défaites, jusqu’à présent. 

Nous entrons dans les dix dernières minutes de jeu, et il s’agira de réduire l’écart, pour l’honneur. La victoire ou le nul sont désormais hors de portée, mais le Spartak poursuit humblement son labeur. Romain obtient un penalty : 24-15. La Madeleine marque : 25-15. Le match se poursuit. Nous en sommes à 26-16. Une pivote madelinoise se fait cruelle : 28-16. Il reste désormais 1 minute de jeu. « On doit remonter ! » s’écrie alors Val, notre gardien. Et, vous voyez, finalement, c’est dans cette dernière minute qu’éclate véritablement l’ADN du Spartak. Certes, nous traînons avec nous, de match en match, nos casseroles et nos défauts : pertes de balle, défense mal coordonnée, deuxième période marquée par un relâchement fatal. Mais l’essence du Spartak réside avant tout dans cet humour, face à la débâcle, dans ce rieur et cocasse « On doit remonter ! », lancé avec espièglerie à la face d’une défaite déjà concédée. Spartak outragé, Spartak brisé, Spartak martyrisé, mais Spartak fair-play ! C’est sur cette touche de dérision que se termine ce match. On se serre la main et on file prendre une photo fraternellement surprenante : ce soir, nous sommes tous en rouge et noir ! Alors, après tout, qui sera capable de distinguer les vainqueurs des vaincus ? Et c’est un chant d’union qu’inspire au scribe cette fin de match, un chant aux accents de révolution, de fraternité et d’espoir :

« On est là, on est là ! De Fives jusqu’à La Madeleine, on est là ! Pour les couleurs du maillot que l’on porte sur le dos, de Fives jusqu’à La Madeleine, on est là ! ». 

La troisième mi-temps est plus brève qu’à l’accoutumée. Peut-être un peu de fatigue hivernale. Mais c’est toujours un plaisir de trinquer au Romarin. « Vivement la chronique du match ! » lance une Madelinoise au moment des départs. Qu’elle soit ici remerciée de sa curiosité et de son intérêt. Les dernières bières sont bues devant la salle et les derniers Spartakistes attroupés voient s’éloigner les Madelinois vers leurs foyers. Notre fierté s’en trouve toute gonflée : la troisième mi-temps, c’est nous qui l’avons remportée ! Le match pour eux, la troisième mi-temps pour nous, et nous repartons heureux, bercés par l’illusion de cette belle égalité. Prochain match ? Dès lundi. Nous affronterons Decathlon, premiers au classement, et dont les récits des équipes adverses qui les ont déjà joués nous glacent le sang. Le Spartak populaire et solidaire à l’assaut du géant rouleau compresseur capitaliste. Hum… les ingrédients parfaits pour une future chronique engagée !

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