Archives pour la catégorie Kung Fu Fighting 2018 – 2019

« Kung Fu Fighting » : épisode 10

Vous l’aurez remarqué, plus rien n’arrête le Spartak. Ni les défaites, ni la pression des adversaires, ni le tic-tac de l’horloge nous rappelant la fin prochaine du tournoi.

Tels des explorateurs, nous voyageons de ville en ville, à la recherche d’un destin handballistique moins funeste que celui qui nous est présagé. Cette fois-ci, c’est sur les terres roubaisiennes que nous allons poser nos valises, ballons, maillots mais surtout, les jalons d’une victoire qu’on veut savoureuse. Enfin, presque.

Certains joueurs ont eu la présence d’esprit d’arriver plus tôt au gymnase. Pour s’échauffer pensez-vous ? Ah, après tout ce temps, vous voilà encore bien naïfs, car c’est pour offrir à toute l’équipe une entrée triomphante, prodigieuse, que P-E, Antoine et Luc ont accueillis l’équipe sur fond de Kung Fu Fighting.

Sont présents à l’appel : Nico, Antoine, P-E, Luc, Romain, Youyou, Stephan, Max, Ade, Justine, Luc, Céline, Guillaume et Valentin. La liste est longue et pour une fois, nous aurons le luxe d’avoir 2 gardiens pour un match et moult remplaçants, prêts à venir en aide aux pauvres joueurs épuisés par la férocité des adversaires.

Tout aussi nouveau pour nous, la présence de 2 loyaux arbitres et d’une table de marque pour le moins vintage.

Une fois tout le monde en tenue, le rendez-vous est donné sur le terrain pour l’échauffement. Comme à son habitude, Maestro Antonio mène le groupe et dirige les courses, pas chassés, flexions… Les rougeurs commencent à apparaître sur les visages de plus en plus anxieux. Et malgré des exercices bien rodés, les Spartakistes ont du mal à se mettre dedans. L’excuse du vendredi soir est souvent sortie, à juste titre, nous avions certainement davantage l’esprit à la 3e mi-temps qu’à l’entraînement à cet instant.

Le temps est écoulé et il est temps de se lancer. Le match peut commencer. Notre nouveau cri de guerre, initié à l’AG, fait des émules. Certains Spartakistes sont encore peu convaincus par la férocité de notre rugissement, enfin.

Le coup de sifflet est donné et c’est Antoine qui lance les hostilités. 0 – 1. Une faute de Youyou et Stef nous vaudra cependant un penalty… 1 – 1. Tout le monde se replace et, désireux d’être l’homme du match, Antoine en arrière remet la balle à Nico, à l’aile, qui marque son premier but (mais pas dernier) du match ! Et voilà que Roubaix en veut, et voilà que Roubaix marque un but de l’arrière gauche. 2 – 2.

Mais le moment tant attendu est arrivé… Voilà des semaines qu’il se prépare, acharné (quand il n’est pas épuisé par ses séances de méditation et qu’il décide de se tapir dans l’ombre des buts en entraînement). Stephan s’envole de l’aile gauche et marque ! Le scribe ajoutera un « IM-PRO-BABLE » et c’est également ce qu’il a pensé puisqu’il a remonté le terrain en héros tel un Messi après un but.

La suite est annoncée : « Stef, interne, retour ! ». Youyou fait la passe à P-E en pivot. L’action est belle, mais déviée. Une faute est sifflée, coup franc pour le Spartak. Antoine, on fire, marque, 2 – 4. Sur le banc, certains s’interrogent : « Est-ce que c’est déjà arrivé ? ».

Les esprits s’échauffent et l’arrière gauche roubaisien en veut… il s’élance et arrêt de Max ! Une tentative de contre-attaque de Romain sera arrêtée et fera place à un coup franc. C’est alors que sur la touche, le community manager du Spartak s’écrie « J’ai mis 3 – 1 sur Instagram ! ». Et oui Val, nous allons beaucoup trop vite.

Les allers-retours vont bon train, mais nous ne perdons pas le cap ! P-E tente même de récupérer la balle dans la zone, mais elle est déviée.

Et entre les bousculades, combats de regards, déstabilisations, Romain décide de ne pas céder à la barbarie. C’est débordant d’amour qu’il s’en va embrasser son adversaire, prêt à l’étouffer de tendresse et à le garder près de lui jusqu’à la fin du match. Mais toutes les bonnes choses ont une fin et il a dû le quitter, pour mieux le retrouver et le serrer contre lui à la 3e mi-temps.

Et Antoine ? Evidemment, il a récupéré la balle en défense, se lance dans une course tel un lévrier qui a aperçu sa proie. Le dicton dit « seul on va vite, ensemble on va plus loin » et c’est exactement pour ça qu’il s’élance en contre-attaque, seul, et marque. 3 – 5. Puis 3 – 6.

En même temps que l’excitation monte, l’écriture du/des scribe.s se fait de moins en moins lisible. On comprendra qu’une contre-attaque de l’aile a été tentée et qu’elle s’est soldée par un but d’Antoine, 3 – 7.

L’écart se creuse tandis que l’espoir jaillit au fond de nos cœurs. Malgré un but mis par Roubaix, nos 4 points d’avance se confirment grâce à un but par rebond de Luc.

Plusieurs « MAAAAAAAAAAAXXXX » sont mentionnés sur cette page, sûrement pour notifier des arrêts impressionnants de notre Nightwatcher, notamment celui d’un penalty.

Le jeu s’échauffe, la tension monte et les fautes aussi. Un penalty réussi de Roubaix et quelques balles manquées de notre côté, le Spartak commence à être sacrément déstabilisé. Temps mort demandé (notons la qualité du carton de temps mort prêté par Roubaix, qui a bien servi).

Au retour du temps mort, Romain marque et Max arrête une tentative de but roubaisien : 10 – 13 pour le Spartak. Le discours du temps mort a été motivant et efficace puisque les buts s’enchaînent et, malgré des bras levés en défense, Nico surgit, s’élance, tir et marque ! 11 – 14. Mais on le supplie « Nico, encore un ! ». Tels des groupies déchaînées criant pour une dernière chanson, il nous offre une belle récompense : un autre but. Nous sommes comme ça au Spartak, dans le don de soi.

Le capitaine de Roubaix, voyant ce spectacle se dérouler sous ses yeux, décide de prendre les choses en main et part en contre-attaque pour marquer. 12 – 15.

Soudain, le moment que nous attendions tous… Ade, sur une passe d’une personne non-identifiée, marque le premier but féminin de la saison. Quelle émotion ! L’équipe est en furie ! Tout le monde crie, saute, chante. 12 – 17 ! Afin de célébrer tout ça, P-E, comme à son habitude, décide de prendre dans ses bras un adversaire et de lui faire un câlin. Bon, Adeline aura fait fort ce soir : un but ET un carton jaune. Il est important de rien faire à moitié.

La mi-temps est sonnée. L’équipe décide de s’isoler dans un vestiaire encore ouvert, même si l’option de s’installer aux toilettes a longtemps été débattue. Les discours inspirants s’enchaînent, notamment avec une phrase du sage de l’équipe, Maître Paul-Enguerran : « L’enjeu les gars, c’est de gagner la 3e mi-temps. » Oh à ça, P-E, nous sommes imbattables. Dernier cri de guerre avant la reprise du match.

Val, Nico, Luc, P-E, Romain, Céline et Antoine font leur retour sur le terrain. Et tout bascule. Nos certitudes tombent à l’eau, les balles et occasions de marquer se perdent dans les tréfonds de nos espoirs.

Après avoir lâché les murs des vestiaires qu’il n’a cessé d’arpenter durant toute la mi-temps, Antoine fait du 1 contre 1, se replie, récupère la balle et marque ! Le scribe en furie notera : « Il est partout ! ». Eh oui cher scribe, encore heureux qu’il n’ait pas commencé à refaire la déco des vestiaires.

15 – 19. Combinaison d’Antoine à Romain, mais faute. Le penalty est sifflé et Nico le marque. 15 – 20. On commence à penser « à l’aise Blaise ». Mais si seulement…

Val, notre gardien de cette 2e mi-temps, arrête une deuxième balle, couronnée par une contre-attaque d’Antoine qui file au but, 16 – 21.

 

C’est à partir de cet instant précis, cher lecteur, que la routourne commence à tourner. Romain commence par chercher P-E, qu’il ne trouve pas car trop bien caché en tant que pivot. Roubaix part donc tranquillement en contre et marque. 18 – 22. La voyez-vous venir, la fin ?
Même si P-E nous marque un très joli but du pivot, on sent la désillusion approcher.

En effet, l’arrière de Roubaix veut en découdre et marque, encore. 19 – 22. Pendant ce temps, le Spartak s’échauffe. Un temps calme est proposé, mais la balle est reprise par Roubaix qui marque, encore. 20 – 22.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, Antoine prend 2 minutes. Assurez-vous bien que le scribe n’a pas mentionné pourquoi.

Stephan, plus en forme que jamais, marque (encore) de l’aile, Val répond par un double arrêt et, malgré une belle défense de Justine, Roubaix récupère la balle et part marquer : 22 – 23. Et toujours ce fameux arrière droit qui arrive à marquer le point de l’égalité, 23 – 23.

Les combines s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Tout comme les arrêts roubaisiens.
À la manière d’un combat historique, tous les yeux du banc étaient plus que jamais braqués sur le terrain, attentifs aux tentatives, aux câlins et à l’espoir de voir nos joueurs marquer. 27 – 25.

Un temps mort est sifflé, l’occasion pour Max de nous notifier « on n’est pas le PSG, on ne se prendra pas une remontada ». C’est pas Gijón, c’est pas Valladolid, se dit-on. Si seulement…

29 – 26. 3 minutes restantes et câlin collectif de P-E et Antoine sur le demi de Roubaix. Et la dégringolade. Plus rien n’arrête Roubaix, qui arrive à remonter et à nous laisser un score final de 31 – 28.

La traditionnelle photo de groupe dans la boîte, la douche et les discussions de vestiaires passées, c’est sur le parvis devant le gymnase que nous nous retrouvons tous. Les monticules de bières trônent sur le sol, accompagnés de quelques briquettes de jus d’orange. Et nous voilà partis pour de franches rigolades, de débats et surtout, de partages d’expérience du fameux tournoi de Genech qui aura lieu en juin, où l’amertume ne se sentait que dans les bouteilles de Belle Brasseuse.

Quelques heures, bières, clopes plus tard, chacun reprend tranquillement son chemin afin de regagner ses pénates. Les plus courageux monteront dans une Clio, d’autres confieront leur destin à la voiture de Nico.

La fin de match a pu être décevante quant au score final, mais nous en sommes sortis plus joyeux que de mesure. Grâce à l’accueil, l’arbitrage, la gentillesse de l’équipe de Roubaix, ce sont de vrais moments de sport que nous avons vécus, où la colère et la hargne ont pu quelquefois prendre le dessus sur le calme et la sérénité, sans jamais altérer pour autant notre profond respect mutuel.

C’est aussi pour ces beaux moments, ces rencontres et ces challenges que nous continuerons de parcourir les plaines nordiques, en quête de nouvelles (presque-)victoires. Prochain match : jeudi 9 mai, à Hazebrouck (enfin, ce match est passé, on vous le racontera dans un autre épisode !).

 

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« Kung Fu Fighting » : épisode 9

La Madeleine 1 – Spartak lillois
Jeudi 25 avril

Ce jeudi 25 avril sonnait le coup d’envoi de la deuxième phase du championnat. Dans ces play-offs, les équipes figurant en haut ou en bas du tableau s’affrontent, dans deux poules distinctes, pour convoiter les premières places ! Le Spartak, vous le savez, a terminé dans le bas du tableau. Avant-dernier ou dernier ? Bizarrement, les scribes refusent de s’en souvenir… Oui, on use du pluriel, car la chronique innove et vous propose une prose à quatre mains !

Le suspense est donc relancé ! Le Spartak contemple une nouvelle ère ! Sera-t-elle celle du triomphe, de la gloire, des victoires éclatantes et des lendemains qui chantent ? Le Spartak parviendra-t-il à accrocher cette première place, qui porte en elle plein de promesses, de défis capillaires et de prouesses culinaires ? Car, oui, il faut savoir que certain.es joueu.ses se sont risqués, lors de certaines soirées d’ivresse (ou de sobriété, pour les plus étranges d’entre eux) à des paris osés ! Le Spartak – du moins ses membres les plus frappadingues – redouble d’efforts, pour vous offrir un spectacle toujours plus beau, plus audacieux, plus périlleux !

Ainsi, pour ce premier match, on retourne pour la… quatrième fois, déjà, dans cette salle du Romarin qu’on commence à bien connaître ! Pour preuve, certains garçons se dirigent naturellement dans « nos » vestiaires, sans même attendre que Thierry, le toujours aussi sympathique coach et président du club, ne nous les indique. Vestiaires qu’on retrouvera d’ici un mois, car les deux équipes de La Madeleine ont préféré les tréfonds du classement, plutôt que sa cime, à l’instar du Spartak, et cette modestie les honore.

Rapidement, « coach » Antoine prend en main l’échauffement. L’équipe s’étoffe au fur et à mesure, les « retardataires » rejoignant prestement leurs camarades. Ce seront donc douze Spartakistes qui mouilleront le maillot ce soir, soutenus par un public, qui , lui-même, se démènera sur le bord du terrain ! Gwen n’aura de cesse de mitrailler nos meilleurs profils, tandis que Betty finira carrément derrière la table de marque, lors de la seconde période. Car dans l’autre partie du terrain, c’est une portion congrue de maillots vert fluo qui nous fait face. Les joueurs sont tellement peu nombreux, que Thierry, le coach, devra enfiler le maillot ! « Ils ont eu peur du Spartak, n’est-ce pas ? », fanfaronne-t-on.

Ainsi donc, si on résume : une équipe spartakiste fournie, une équipe adverse clairsemée, une nouvelle page à écrire, une première place à notre portée, des supporters venus en nombre (4, un record !)… Vous aussi, vous la voyez venir, la victoire assurée ?

C’est parti ! Bastien, Ade, Antoine, Romain, Nico, PE et Max prennent place sur le terrain, tandis que Manu, Stefan, Justine, Youyou et Pablo les encouragent sur le banc…

Des trois premières minutes du match, vous ne saurez rien, le scribe ayant dû courir chercher le carnet, oublié dans le vestiaire. Jamais, sans doute, n’aura-t-il couru aussi vite de sa vie ! Hors de question de perdre une miette de ce qui est en passe de devenir la première d’une longue série de conquêtes ! Essoufflé, le scribe se jette sur le banc et regarde fiévreusement le tableau de score, se morigénant pour cet oubli fatal, pour tous ces gestes prodigieux qu’il n’aura pas pu consigner, et qui, par sa honteuse faute, tomberont dans les limbes de l’oubli et ne rencontreront jamais la douce caresse du marbre de l’Histoire…

Euh. 0 – 0 à la 3e minute de jeu. Ah. D’accord. Bon, rien de trop alarmant, mais… Tout de même. On aurait pu s’attendre à une ouverture plus rapide, à un écart peut-être même déjà avantageusement creusé, à… Ah ! Première action ! La Madeleine déclenche un tir, que Max… arrête, bien évidement ! Il est là, il est bien là, notre Max ultime, le fameux « Mad Max » ! Seul portier ce soir, en raison de l’absence de Val, notre autre gardien polyvalent multisport-multitalent, ayant apparemment tout donné la veille, lors du match de foot, que le Spartak a (encore une fois) gagné ! Les astres sont alignés, cette semaine sera donc placée sous le signe de la consécration spartakiste et ce ne sont pas ces quelques minuscules minutes sans but qui vont faire mentir le glorieux projet que le destin a, pour nous, façonné. La main tremblante, le scribe scrute donc le terrain, à l’affût du premier but spartakiste, du premier double croisé, de la belle espagnole, des extensions sans fin… En vain.

Oui, en vain. Car les secondes s’enchaînent et se ressemblent, on approche des 5 premières minutes de jeu et aucun but n’a encore été inscrit. « Mais qu’est-ce que je peux écrire, dans le carnet ? » s’interroge à voix haute, avec inquiétude, le scribe. « Un début de match pas très marquant », lui répond-on. L’humour, lui, au moins, est au rendez-vous, comme toujours.

Quand soudain, l’ailier droit récupère la balle, s’élance, tire… et marque ! Dommage, simplement, que ce soit un ailier madeleinois. Ainsi, les adversaires ouvrent le score ! Le Spartak ne s’en laisse pas compter et multiplie les attaques. Antoine, en demi, fait la passe à Bastien, bien campé sur son aile gauche et prêt à survoler la zone… Mais c’est dehors. Ade, au poste d’arrière gauche et après une magnifique feinte, cherchera elle aussi Bastien, mais, à nouveau, c’est dehors. Malgré une excellente défense de PE, La Madeleine marque à nouveau. Arrêtons-nous un instant sur la défense de PE… « Gros câlin », lit-on dans le carnet.

« Nouveau câlin de PE, en amour ce soir », lit-on encore. En effet, ils seront quelques uns, à La Madeleine, à goûter les plaisirs de l’amour vache de notre pivot, qui ne lâchera rien pendant tout le match et surtout pas le joueur qu’il vient d’empoigner et dont les pieds, désormais à plusieurs centimètres au-dessus du sol, s’agitent dans l’attente du coup de sifflet libérateur de l’arbitre. Les « câlins » de PE feront la joie du banc, qui, à chaque fois, poussera des cris fascinés et enjoués ! Après le match, un spartakiste proposera même de ne faire tourner la chronique qu’autour de ces démonstrations musclées d’affection. Après réflexion, les chroniqueuses décideront de rejeter cette proposition, somme toute intéressante, mais bien trop limitée car, en effet, c’est toute l’équipe spartakiste qui s’apprête à donner de l’amour, beaucoup d’amour ce soir.

Aussi, la chronique se doit aussi et surtout de rapporter honnêtement l’intégralité du déroulé du match, alors concentrons-nous et faisons le point : 5 minutes de jeu, 2 – 0 pour La Madeleine, qui, bientôt, inscrit son 3e but. On commence sacrément à s’impatienter, que ce soit sur le terrain ou sur le banc. Bon, alors ? C’est quoi cette histoire ? Et le premier but spartakiste, là ? Il arrive, quand ? Quand ? Allez, soyons joueurs, ami.es lectrices et lecteurs. Allez, devinez. Dites un chiffre. « 7 minutes » ? « 9 minutes » ? « 11 minutes » ? Quoi ? 11 minutes ? Lecteurs, vous vous moquez ! Vous pensez sérieusement que le Spartak a attendu 11 minutes, avant de marquer son premier but ? Manqué ! C’est très précisément au bout de 11 longues minutes et 16 interminables secondes que le Spartak marque enfin son premier but, grâce à Manu, « qui s’est arraché pour récupérer la balle », nous dit le carnet. Mais suite à un poteau, La Madeleine marque de l’aile gauche (4-1). Manu réplique, plein axe (4-2). Max nous délivre une parade dont il a le secret, et repousse du pied un tir de l’arrière droit.

C’est sans doute à ce moment qu’arrive enfin… Céline ! Qui ni une, ni deux, enfile son plus beau legging et vient grossir les rangs spartakistes. Encore une entrée fracassante…

C’est aussi à ce moment que La Madeleine demande un temps mort. « Ça combine, ça combine, côté Spartak ». Mais combinaisons n’est pas raison, et lors de la reprise, c’est encore La Madeleine qui marque (5 – 2), malgré une belle défense de Youyou, qui ne se voit donc pas récompensée. A la 16e minute de jeu, Antoine trouve enfin le chemin des buts ! (5 – 3). À la 17e minute, Romain trouve celui de la biscotte, et écope d’un jaune, pour un geste défensif fautif. À la 18e, le pivot vert fluo trouve le fond des filets de Max (6 – 3). A la 19e minute (un nouveau scribe s’est saisi du carnet, et je peux vous dire qu’il ne rigole pas avec la rigueur du report des minutes) – à 19’04, donc, « MANUUUUU » (6 – 4). A 20’, « BONNE DEFENSE ADE ». Et l’on sourit, attendri, face à l’enthousiasme débordant et communicatif de ce scribe.

Mais c’est vrai, après tout, le Spartak réduit l’écart ! Le Spartak reprend espoir ! Stefan s’élance de son aile gauche, mais ce mur de gardien aux bras levés de La Madeleine détourne le ballon.

Les adversaires marquent (7 – 4), mais le Spartak contre-attaque et Manu conserve le « moins 2 » (7 – 5). Néanmoins, la Madeleine préfère nous distancer de 3 points (8 – 5). Il n’en fallait pas plus pour que PE se sacrifie et aille se faire arracher le bras, en pivot ! Antoine honore d’une main de maître ce penalty et nous ramène à « moins 2 » (8 – 6). Mais sur une belle combinaison entre son pivot et son arrière, La Madeleine inflige, à nouveau, un trismégiste écart (9 – 6). Sauf que le Spartak préfère le binaire au ternaire. Alors Antoine, en demi, feinte la défense, tire aux 6 mètres et marque (9 – 7). Antoine, ainsi que Nico, se démènent en défense ! Malgré cela, La Madeleine retrouve la trinité (10 – 7).

On entre dans les 5 dernières minutes. Les pertes de balle se multiplient, côté rouge et noir. La Madeleine en profite pour contre-attaquer. Stefan replie immédiatement et remplit son rôle, en allant gêner le porteur de balle… Mais que ce soit en attaque ou en défense, notre sémillant joueur semble être fâché avec la zone, qu’il n’a de cesse de piétiner, d’empiéter, voire de franchement enjamber, puisque c’est à l’intérieur de celle-ci, que de son corps, il fait barrage à l’adversaire. C’est donc un penalty accordé et transformé (11 – 7).

Il ne reste que quelques frêles minutes ! Antoine et PE en profitent pour nous offrir une très belle action : en demi, Antoine fixe son défenseur, le surprend avec un un-contre-un énergique, l’entraîne d’un côté et libère sa balle de l’autre, dans les mains de notre pivot de PE, qui marque! (11 – 8) Et quel but… Deux des quatre mains en ont un souvenir déchirant. Juste après, Stefan, en défense, récupère la balle et lance une contre-attaque explosive ! (11 – 9). Max arrête un tir de l’aile ! Stefan s’élance de l’aile gauche… en n’omettant pas de pénétrer dans la zone. Encore. Derrière, La Madeleine creuse, de l’aile droite (12 – 9). Il reste 30 secondes, les maillots jeanne-massiens s’élancent vers les buts madeleinois, montent férocement la balle, qui échoit à Manu, déjà à l’assaut de l’aide droite… Une malencontreuse cravate viendra arrêter sa course, et qui ne sera pas sifflée (de la difficulté d’arbitrer seul.e, TMTC si tu as déjà revêtu le maillot noir).

A la mi-temps, le score est donc de 12 – 9. Pas fameux. Les joueurs se dirigent cahin-caha vers le second terrain, afin de faire le « speech ». Mais de speech, il n’y en aura pas vraiment, divers conciliabules réunissant deux ou trois joueurs éclosant de-ci, de-là, pendant que Céline s’échauffe, en nous courant autour. On entend parfois s’élever des « n’hésitez pas ! », « allez-y ! ». Nico dégaine les fruits secs. Quand enfin, Antoine entame sa harangue : « Rentrez-leur dedans, c’est pas vos amis ! », «Allez toucher votre joueur, allez le frotter ! ». C’est exactement ce dont on a besoin et ce dont on a manqué lors de la première mi-temps : du nerf, de l’envie, du rythme, du physique, du contact. Certains rappellent que des tie and dye et autre blonde platine (« latine ? ») sont en jeu. Tous les moyens sont bons, qu’ils soient techniques ou foutraques, pour injecter l’énergie et l’envie, auprès des troupes spartakistes.

« Je suis chaude comme une plancha ! » lance Céline, en entrant sur le terrain.

Puisse cet ardent feu se communiquer, par un effet thermique mystique, aux coéquipiers ci-après nommés Pablo, Bastien, Romain, Ade, PE et Max. L’engagement est spartakiste et la première montée de balle se clôt sur une… touche. Touche toute spartakiste, puisqu’il est désormais proverbial que l’entame de la deuxième période connaisse quelques ratés… Allez, on se reprend bien vite, on se montre solide et solidaire : Ade en arrière droite et Céline à l’aile nous offrent une belle défense, pleine de cohésion et d’entraide. Max fait un joli arrêt, en provenance de l’aile droite, mais la balle, déviée par son pied, arrive directement dans les mains de l’arrière, qui marque aussitôt (13 – 9). Romain, en demi, se fait le maître-cérémonie de l’équipe : « Pablo, retour ». Décalage sitôt enclenché et qui porte ses fruits : Romain, en extension aux 9 mètres, au niveau de l’arrière, marque ! (13 – 10). Max multiplie les arrêts, Bastien s’élance bravement, mais ça ne rentre pas encore. Le demi de La Madeleine déroule ses un-contre-un dynamiques et marque (14 – 10). De l’arrière droit, Ade aperçoit Pablo à l’aile gauche et lui propulse le ballon, que Pablo expédie vers les cages, mais c’est dehors. Par la suite, Ade réussit à empêcher une contre-attaque. « Céline retour ! » continue d’indiquer Romain et remarque dont un ailier madeleinois commentera par un « C’est qui Céline ? » suivi d’un petit rire mesquin. PE fait une énième démonstration de son trop-plein d’amour en défense, mais cela ne suffit pas (15 – 10). Toujours au poste d’arrière droite, Ade travaille pour Céline, qui récupère la balle et tire ! Mais c’est arrêté, par ce décidément coquin de gardien, qui ne semble décidément pas décidé à en laisser passer quelques unes (contrairement aux bières qu’il déglutira plus tard)… Un Spartakiste reçoit une passe au niveau des pieds, mais l’arbitre se montre lui-même spartakiste, en détournant le regard, de façon fair-play.

La seconde mi-temps est à l’égal de la première, et l’attaque (pal)patine, tant et si bien que l’arbitre lève le bras. Bastien déclenche alors aux 9 mètres, mais c’est arrêté. La Madeleine, quant à elle, enchaîne les réussites (16- – 10). Ainsi, l’écart se creuse pernicieusement. C’était sans compter sur Stefan, qui enfin dompte cette espiègle zone ! (17 – 11) « Un modèle de tir d’ailier de Stefan, qui vole comme un papillon, et pique contre l’abeille », lit-on dans le carnet, qui fleure bon le printemps et les cerisiers en fleurs. Cette aile gauche nous portera chance, puisque c’est ensuite Manu qui l’assaille (18 – 13). Une joueuse fluo marque, et le score s’envole de deux points, donc (20 – 13). Et soudain ! But jouissif et plein de la rage de vaincre d’Antoine, accueilli par les « Waaaaoh » du banc !

On ne sait pas si l’ailier de La Madeleine a sciemment tenté de décapiter Manu, ou si c’est ce dernier trublion qui a eu la facétie d’aller fourrer sa tête sous le bras de l’adversaire, mais dans tous les cas, ça se solde par un penalty, dûment envoyé au fond des filets par Antoine ! Qui, en plus, se paie le luxe de marquer derrière ! « He’s on fire ! ». La plancha de Céline aurait-elle enfin fait des émules ? En défense, Manu récupère le ballon et lance une contre-attaque. Nico récupère la balle et la distribue à Justine, qui tire, mais, nom de dieu, quel casse-pied, ce gardien ! Celui-là, on n’aurait vraiment pas envie de boire des bières avec.

On profite d’un temps mort pour souffler. 21 – 16 pour La Madeleine. Il reste dix minutes de jeu. Tous les espoirs sont encore permis. Le jeu reprend, le Spartak offre une belle défense, mais elle se prend les pieds dans le tapis de la zone, et La Madeleine profite de ce penalty (22 – 16). En attaque, la balle circule, mais sera perdue. « Céline, reviens ! » rugit Max. On avait tous déjà les yeux rivés sur la défense. On se retourne alors, et on découvre que Céline a très bien, trop bien, intégré la devise spartakiste du fair-play, car, plutôt que de fondre en défense, celle-ci est allée, dans un élan de bonté, de magnanimité, de grandeur d’âme qui la caractérise, chercher la balle au point de corner, afin de la donner aux Verts fluo. Le chrono s’emballe, ce qui semble donner des ailes au Spartak ! Celui-ci inflige un +2 à La Madeleine (23 – 18). Manu fend le terrain, lancé dans une contre-attaque éclair dont il a le secret. Difficile, alors, pour la défense, de l’arrêter sans faire faute. Le penalty est sifflé, ainsi qu’un 2 minutes pour Antoine, un chouïa trop remonté contre quelques décisions de l’arbitre.

Ça y est, on entre dans les dernières secondes de jeu… Romain nous offrira un ultime but, à 29’50 ! Puis, l’arbitre siffle, et le match se clôt sur un 27 – 21 pour La Madeleine. Les joueurs victorieux font retentir leur cri de guerre (que le Spartak aura éhontément copié en première période, n’ayant toujours pas encore trouvé le sien) : « APÉROOOOOO » ! Oui, très bonne idée. Allons vite oublier ce match, dans l’ivresse des conversations, que l’on sait toujours agréables, avec La Madeleine.

 

Une jolie et fraternelle photo dans les buts et une douche plus tard, on se retrouve bien vite autour de la table, garnie de bières, de briquettes de jus de fruit et de chips. Les plus téméraires s’emparent des Belle Brasseuse et saluent ce choix impertinent de Stefan, se remémorant leurs premiers cap’s, et autres soirées punk à chien, à travers ce breuvage fruste, agissant telle une Madeleine houblonnée. C’est donc la 3e mi-temps qui débute, celle où brille le Spartak, se consolant ainsi de briller dans un domaine ce soir. Les conversations vont bon train, et les équipes se mélangent. Quel plaisir ! Les bières s’enchaînent, mais tel le tonneau des Danaïdes, la table ne désemplit pas des bouteilles aux reflets verts sombres. Les irréductibles se voient conduits vers la sortie, pour cause d’alarme imminente. Les packs éventrés jonchent désormais le sol et la fièvre des photographies barrées bat son plein ! Après Decathlon, c’est la salle du Romarin qui sert de décor à nos mises en scène amusées. Mais, pour la première fois, le Spartak rencontre un adversaire à sa hauteur : deux Madeleinois usent si bien d’arguments qu’ils réussissent à entraîner les derniers forcenés spartakistes au bar, malgré l’heure déjà tardive.

Et c’est autour de bières au prix exorbitant qu’on refait le match et qu’on immortalise cette très belle fin de soirée, en compagnie de nos chaleureux adversaires. On soupire d’aise. Le match poussif ? Le score décevant ? On l’a déjà oublié, car, la victoire, dans ce championnat loisir, on l’a déjà emportée il y a bien longtemps, depuis la première gorgée de bière partagée, lignée d’une longue série de conquêtes passées et à venir, et qu’on attend, impatiemment, sourire aux lèvres.

Prochain match, vendredi 3 mai à Roubaix, qui s’ouvrira par un cri de guerre caustique.

« Kung Fu Fighting » : épisode 8

Ndlr : Cet article n’est pas sponsorisé par Chérie FM.

Le temps a dû paraître long pour toi, cher lecteur. Pensais-tu que nous étions partis ? Que nous avions abdiqué ? Jamais.

« T’es tendue comme une crampe… Si, t’es tendue… Si je te dis t’es tendue, t’es tendue ! ». Ah ça Claudy, on était tendu. Malgré des exercices handballistiques préparés avec attention par Antoine, l’équipe spartakiste était plus stressée que jamais. Depuis combien de temps n’avions nous pas joué ? À l’époque de l’annonce de cette date, le match nous paraissait encore loin et facile, mais plus les semaines et les jours avançaient et plus nous nous rendions compte que l’effort serait sûrement vain.

Mais il fallait y croire. En même temps, la liste des absents s’allongeait, pour des excuses plus ou moins valables. Pourtant, une éclaircie dans cette obscurité : le retour tant attendu de Guillaume ! Plus froid que jamais, car éreinté par l’entraînement de la veille (ou peut-être par la trentaine), il ne se sentait vraiment pas en forme mais crois-le ou non, il a donné de lui ce soir…

Finalement, 10 joueurs étaient présents : Max, Antoine, Céline, Bastien, Abdel, Sam, Uriel, Youyou, Guigui et notre nouvelle (et très bonne) recrue, Adeline.

Arrivée discrète à Villeneuve-d’Ascq, où un des deux convois était plus disposé à faire un tour à l’EHPAD de la rue des Comines qu’au gymnase (et je ne fais en aucun cas référence à la moyenne d’âge des covoitureurs).

Une fois toute l’équipe sur le terrain, le temps n’est pas aux embrassades mais aux échauffements. Max s’énerve, bouillonne d’impatience de rentrer dans le vif du sujet.

Et arrive le sifflet annonçant le début du match. Tout le monde se réunit et crie « SPAR-TAK » à un presque unisson (ne brisons pas l’espoir d’un cri de guerre réussi).

Sur le banc : Guillaume, Céline et Sam. La déduction sera simple pour savoir qui a lancé les hostilités.

Antoine, chaud comme une plancha, s’élance vers l’équipe adverse, intercepte le ballon, fait une passe remarquée à Adeline qui lui renvoie la balle. Et quelle surprise… 1er but de l’équipe !

Mais s’ensuit sans surprise le retour de l’équipe adverse. 1 – 1.

Youyou a retenu la leçon, l’extension, le pivot, tout. Je ne pourrais pas réexpliquer les circonstances exactes de ce but, mais je peux vous dire qu’il était beau…

Cependant, la beauté, ce n’est pas tout. Et les villeneuvois l’ont bien compris… 2 – 2 « Oh nooon », dit Guillaume. « Jamais deux sans trois », 3 – 2. L’expression marche pour les adversaires, mais également pour le Spartak. Sam s’élance dans les airs telle une hirondelle qui s’éloigne à tire-d’aile en emportant le duvet qui était notre lit un beau matin et BUT. 3 – 3.

Balle aux adversaires, la défense spartakiste lève les bras, pousse, terrifie, mais tir des 9 mètres. Et Max ? Que devient-il ? Fait-il une sieste dans les cages ou sirote-t-il un mojito ? Non. Il fixe le ballon, le suit du regard, le menace et l’attend. Tir de Villeneuve-d’Ascq de l’aile et Max s’élance et arrête le ballon ! Le temps est suspendu, tous les regards sont braqués sur lui et les Spartakistes reprennent enfin leur souffle.

Mais ils sont vifs, en face. Ils récupèrent la balle, s’insinuent discrètement dans le mur défensif et marquent. Déception et désespoir nous habitent. 5 – 3, 6 – 3. L’écart grandit, tout comme notre angoisse.

Vient alors l’homme de la situation : Antoine Le Grand. Sur une passe d’Abdel, il marque, puis enchaîne grâce à une belle passe d’Adeline et, tel l’Empire il contre-attaque pour Abdel qui arrive et qui, tel un aigle noir dans un bruissement d’ailes, prend son vol pour marquer un but. 6 – 6.

Évidemment, tu connais la suite cher lecteur. La mi-temps est sonnée et le score est de 11 – 8 pour Villeneuve d’Ascq 1.

Une fois l’équipe réunie, Antoine prend la parole pour nous faire un discours inspirant à l’image du Dalaï Lama à ses disciples.

Reprise du match : les buts vont bon train. Des arrêts du goal de V-A, Max, un but de Sam, mais un écart fixe : 13 – 10.

Une faute de Villeneuve leur coûte 2 minutes (pour une fois, elles ne sont pas pour Céline précise le scribe). Malgré un effectif réduit, ils enchaînent d’une manière déconcertante les buts. 15 – 10. Antoine, persuadé que la condition physique lui manque ce soir, marque pourtant un très beau but sur un tir en appui.

Mais ça ne suffira pas.

17 – 12, Temps mort. Et ça continue, encore et encore, c’est que le début, d’accord d’accord.

19 – 12, 45e minute. Nos espoirs sont définitivement enterrés.

Afin de nous faire complètement abdiquer et perdre toute forme de croyance, le gardien de Villeneuve-d’Ascq récupère la balle, la lance. Tous les yeux sont rivés sur elle. La balle traverse le terrain et dépassant Max, finit dans les filets.

Mais, que devient Guillaume me diras-tu ? Certes excellent scribe, il n’en est pas moins un joueur hors pair.

Pivot, discrètement infiltré au sein de la défense adverse, il récupère la balle et marque un but !

Les tentatives sont là, la volonté est présente, mais le talent nous a quittés pour aller voguer vers de nouveaux horizons. 21 – 13.

Guillaume et Uriel ne perdent pas le nord et continuent d’y croire. À juste titre : le score remonte à 22 – 15.

On en entend certains pleurer sur le banc, d’autres gémir, d’autres baisser les bras, et Mad Max, furieux, nous lance « C’est pas de la danse les gars, c’est du hand ! ». Tu as raison Max, nous aurions dû mettre nos tutus ce soir.

C’est le temps qui court, court, qui nous rend sérieux, mais un peu fou. Céline, de l’aile gauche, récupère la balle et s’élance pour marquer. Oh non, c’est la transversale. Bastien, à l’affût, récupère la balle et marque un magnifique but de l’aile droite. Quelques secondes plus tard, le sifflet final sonne. 25 – 18. Encore une défaite pour le Spartak, mais la bataille fut belle mes amis.

La photo de groupe ? La bière ? Pas pour ce soir cher lecteur. Bon, pour nous faire pardonner, on vous a concocté une ancienne photo remplie de doubles d’Antoine, allez savoir pourquoi. Nous nous quittons courtoisement, hâtivement aussi, pressés de flanquer une raclée à nos prochains adversaires. Place aux playoffs !

« Kung Fu Fighting » : épisode 7

« Un engin comme vous, ça devrait être livré avec une notice ! »

Léodagan avait donc raison. Car c’est mot pour mot ce que l’équipe de handball loisir d’Hazebrouck a murmuré en nous voyant quitter son gymnase…

Jeudi 7 février. C’est en direction de la sombre contrée d’Hazebrouck que les Spartakistes se rejoignent. Dans les voitures, les discussions s’enchaînent mais la tension monte. L’heure fatidique du match arrive et la destination semble de plus en plus lointaine. Le froid envahit les voitures et le ciel devient noir. Ce combat semble perdu pour certains, périlleux pour d’autres. « Apparemment, ils sont violents », « Y’a un gymnase à Hazebrouck ? », « C’est une ville ça ? »… Pendant que certains réfléchissent à la géographie locale et la reconversion anarchiste de Pamela Anderson, d’autres s’échauffent déjà, prêts à casser des genoux et à arracher cette victoire des mains des Hazebrouckois.

Cette fois-ci, ce n’est pas Max qui garde nos buts, mais bien ce fringant Valentin. Après un temps plus ou moins long dans les vestiaires (très certainement pour réfléchir à une nouvelle technique handballistique, peut-être à cause de l’arrivée tardive des maillots, mystère et bole de gomme…), toute l’équipe se retrouve sur le terrain, prête à analyser les adversaires. Sont présents à l’appel : Luc, Sam, P-E, Manu, Bastien, Youyou, Antoine, Nico, Valentin, Romain, Thibaut, Céline. Une bien belle équipe de Mexicains ! On pense aux absents, malades, au travail, excusés, blessés, que l’on porte avec nous dans nos cœurs (oui, même toi, qui nous lis de l’autre bout du monde et qui te reconnaîtras !). À noter la présence de Betty, supportrice et photographe attitrée de cette soirée.

Le sifflet s’approche de la bouche de l’arbitre et il est temps. SPAR-TAK. C’est parti, le coup d’envoi est lancé, malgré un cri de guerre franchement raté. (C’est l’occasion de vous le demander, chers lecteurs : envoyez-nous vos cris de guerre, on a besoin d’inspiration !)

Les fesses de Sam, Céline, Thibaud, et Nico sont posées sur le banc et n’attendent plus que les premières actions pour scander le nom de l’équipe.

Le début est bien difficile… Un premier but est marqué par une ailière de l’équipe adverse. Désespoir ? Jamais. Résilience ? Absurde. Habitude ? Peut-être.

Mais rien n’arrête les forces du Spartak. Et c’est Valentin qui va lancer la bête : premier arrêt des genoux, d’une élégance qui ferait pâlir les chorégraphes de Beyonce (ndlr : on nous dit dans l’oreillette que c’était un peu plus haut que les genoux…).

S’ensuivent les premiers buts marqués par le Spartak ! Premiers ? Mais certainement pas derniers. Antoine poursuit la lancée en faisant remonter le score à 7 – 4, suivi par Nico, plus chaud que jamais.

Le scribe faire remarquer un Antoine agressif en défense… qui s’est malgré tout soldé par un but de l’ailière gauche d’Hazebrouck. Des buts doubles assez douloureux pour le Spartak.

N’oublions pas Sam, notre bon vieil oncle Sam, qui avec force et panache permet à l’équipe de retrouver un écart de score plutôt agréable, le tout agrémenté d’un joli contre d’Antoine.

L’histoire ne dira pas ce qu’il s’est passé, tout ce que l’on sait est que Titi a eu droit à un carton jaune. Mais il est fort, et sait se faire pardonner et nous permet d’être à égalité. 9 – 9 ! Les coéquipiers se regardent sur le banc, étonnés, inquiets, perplexes. Et si… ? Non. Plus le droit à l’espoir. Il faut continuer d’avancer. #premiersdecordée

Et soudain, tout droit sorti de la dangereuse poche de l’arbitre, un carton jaune vient s’éclater devant le visage du numéro 5 d’Hazebrouck (enfin, l’un des trois numéro 5 du terrain). Penalty pour le Spartak. Pourrions-nous passer devant ? La victoire serait-elle en marche ? Est-ce que c’est notre projet ? Pas le temps de niaiser, Nico arme son bras et marque ! 10 – 9 pour le Spartak. Mais ce n’est jamais assez pour lui, et il décide d’en rajouter une couche, 11 – 9. Cette ascension s’arrêtera-t-elle ?

Après un retour en force d’Hazebrouck et de ses joueuses déchaînées, Romain et Manu décident de reprendre les choses en main en continuant avec détente et douceur d’allumer le feu aux buts, et de faire danser les diables et les dieux.

Bon, sans mentir, nous avons en face de nous de sacrés bonhommes. Et c’est avec force et détermination que l’arrière n° 8 d’Hazebrouck vient énerver Valentin avec un tir dans la lucarne droite. 15 – 16… L’étau se resserre.

Les adversaires sont coriaces, déterminés, mais Valentin, tel le fidèle chevalier protégeant notre forteresse, se lance et arrête la balle ! Puis deux, puis trois !

Réaction d’Antoine après une tentative de kung-fu, allégorie

Et on en parle de ce kung-fu ? Évidemment qu’il fallait le tenter à +1. Et évidemment qu’on l’a raté. Bien vu, Antoine et Bastien !

Sur le banc, les esprits s’échauffent, la tension est palpable. Manu crie au scandale « Arbitre ! Il a marché ! ». Mais son cri tombe dans l’oubli aussitôt.

Croyez-le ou non, le Spartak mène au score (18 – 17). À la mi-temps. C’est tellement fou qu’on s’empresse de prendre une photo. Toute l’équipe est circonspecte. Et si c’était ce soir… ? Et si… ? Mais l’heure n’est pas aux embrassades et aux cris de victoire, l’heure est au combat !

Le début de la seconde mi-temps est annoncé. Chacun retrouve sa place et les mêmes séants retrouvent leur banc (bravo la cohésion d’équipe et l’entraide !). Sans plus attendre, Manu, à l’aile gauche, s’élève dans les airs et ouvre les hostilités, bien décidé à en découdre avec ces fameux Hazebrouckois. Pourtant, leur détermination nous forcera à encaisser 2 points, malgré la bonne volonté de Valentin.

Alors le Spartak tente une attaque, Antoine se retrouve pris entre deux défenseurs adverses. Panique ! Aussitôt la faute sifflée, aussitôt vengés. Comme à son habitude, il plante son penalty dans les buts, sous le regard déçu du gardien.

Ce qu’ils ne savaient pas, c’est que cette faute déclencherait la colère de l’équipe ! Manu, Antoine, Romain sur une passe décisive de Youyou, sont inarrêtables ! Les buts s’enchaînent, tout comme les pertes de balles adverses. Et 24 – 21. Le Spartak continue de mener certes, mais surtout de briller.

Et Valentin… il est prêt. Sous les conseils avisés d’Antoine, il prend les commandes de la forteresse et devient une vraie barrière contre la barbarie hazebrouckoise.

Et le temps passe, pendant que les joueurs sur le terrain ne cessent de faire des miracles, l’équipe clouée sur le banc commente les chutes dantesques de Manu.

Un léger incident coûtera 2 minutes à Céline, et un penalty. Paraît-il qu’elle aurait tenté d’attraper l’ailière hazebrouckoise en plein lancer… Oh non, dirait Guillaume. NOOOOON, cria Antoine. Illustration ci-contre.

Mais l’équipe est forte, soudée, et a su marquer malgré ce léger handicap. Et surtout, ô rage ô désespoir, se diriger vers une contrée jusqu’alors inconnue : une victoire éclatante. Au bout de 59 minutes de jeu, le score est à +5 et Nico harangue les troupes.

Temps mort. Plus qu’une poignée de secondes. Et encore 5 points d’avance. « Rien n’est joué tant que le coup de sifflet final n’est pas donné », « Mais on a gagné »… Toute l’équipe se regarde, effarée. Et si… ? Un cri de guerre fougueux plus tard, le Spartak se replace et Hazebrouck, joueur, tente une ultime combinaison sur coup-franc.

Eh oui chers lecteurs, c’est sur une victoire bien méritée que le Spartak repart glorieux (37 – 32). Ça mérite bien d’être en gras. Mais vous pensez peut-être que l’histoire se termine ainsi ? Que nenni.

L’euphorie, la joie se lisent sur les visages. La photo et joyeuse, un certain Patrick se fait attendre côté Hazebrouck. Dans les vestiaires, les commentaires vont bon train. Vient le temps de la Kro, des retrouvailles et des débriefings. Puis le temps du dîner.

Une petite tambouille typiquement locale, afin de fêter ça dignement ? Que nenni. Un léger coup d’œil sur les horaires du dernier restaurant ouvert d’Hazebrouck, et voilà que tout le monde se rue dans les voitures. Le temps presse !

Et puis, au loin l’enseigne. Certains ont dit « Ah non, plus jamais ! » mais par tous les chemins, on y revient. Dix minutes avant la fermeture, le Spartak débarque, cinglant, ruinant l’espoir des derniers employés du McDonald’s de finir plus tôt, ou du moins sereinement.

Moins de bières qu’à l’accoutumée (mais un peu quand même !) en cette fin de match, mais beaucoup de joie et de gras.

Ce soir, l’équipe du Spartak a rayonné et pour une fois, elle n’a pas donné la victoire, elle l’a arraché des mains des adversaires ! Première ? Mais certainement pas dernière. Sans compter la promesse de P-E de nous faire de bons éclairs pour fêter ça (même s’il est également question d’une pièce-montée en rouge et noir, affaire à suivre).

La suite ? Eh bien on ne sait pas trop, mais on devrait rencontrer Villeneuve d’Ascq 1 dans les prochaines semaines. À très vite !

 

« Kung Fu Fighting » : épisode 6

Cette chronique est dédicacée à Guillaume, car il nous manque beaucoup et on a hâte de le revoir ! Elle l’est de même aux blessés d’hier et de longue date : vous aussi, on a hâte de vous revoir !

NB : cette chronique pourrait paraître longue, très longue, trop longue (ceci étant une dédicace à Youyou, qui, a priori, n’a pas encore arrêté de lire). Sachez que les cinq derniers paragraphes ne concernent que la « troisième mi-temps », et sont donc dispensables, si vous souhaitez ne connaître que le déroulement du match (ce qui serait dommage, car le Spartak maîtrise bien mieux la troisième mi-temps que les deux premières).

En ce mercredi 30 janvier, c’est directement au Kipstadium de Tourcoing, que les joueurs de l’équipe se retrouvent pour affronter Decathlon. Ceux qui étaient présents hier, lors du match contre Lille 1, racontent par le menu à leurs petits camarades, ce match au score anthologique (56 – 26, on le répète à l’envi, 30 points d’écart !). Les plus anticapitalistes de l’équipe toisent d’un regard mi-suspicieux mi-goguenard ce temple dédié au sport (et au profit). Après avoir traversé nombre de couloirs et de passerelles, l’équipe se retrouve sur le terrain et commence à trottiner. C’est le moment de connaître la composition !

C’est devenu une coutume solidement ancrée : une nouvelle joueuse rejoint nos rangs et dispute son premier match ! La semaine dernière, elle donnait de la voix, dans les tribunes, à La Madeleine. Désormais, c’est du banc et sur le terrain que Céline fera retentir ses éclats de rire ! À ses côtés se mélangent des joueurs présents au match d’hier et d’autres qui font leur grand retour : Romain, Nico, Antoine, Manu, PE, Youyou, Abdel, Max, Vincent, Mat, Justine, Pablo. On notera que ce soir, Max sera le seul portier, Val n’ayant pu être des nôtres.

Allez, c’est parti ! On est motivé, on est souriant, assez confiant, mais surtout, content d’être là ! Un petit cri de guerre avant de commencer ? « Choune qui mouille, bon pour les couilles ! ». On vous rassure immédiatement : ceci n’est pas le nouveau cri du Spartak. Le notre en est encore au stade embryonnaire du « Pour le Spartak, hip hip hip ! ». Non, c’est Decathlon qui donne le ton, d’emblée. On se rassure : a priori, ces derniers montreront déjà plus de « fun » que les austères adversaires de la veille !

Decathlon déclenche le premier tir et Max effectue le premier arrêt d’une trèèèèèèèèèèèès looooooongue série d’arrêts. Disons-le tout net : c’est réellement à Max qu’on doit le cours et l’issue du match. Si Jésus multipliait les pains, et d’ailleurs, « je n’ai jamais vu un homme distribuer autant de pains », Max est ce soir la résurrection moderne du Christ et multiplie les arrêts, pour le salut de l’équipe. Tout de suite derrière, Nico ouvre le score ! Ainsi, LE SPARTAK MÈNE ! Immédiatement après, le Spartak se voit offrir l’occasion d’un second but, puisqu’une contre-attaque se met en place ! Las, Manu tirera au-dessus. Stupéfaction sur le banc. On soupçonne le jeune homme d’avoir raté exprès, afin de pimenter le jeu. Le Spartak, mener de 2 buts dès les premières minutes du match ? C’eût été trop facile !

Max arrête un but (le chroniqueur tient à préciser qu’il a copié-collé cette phrase, afin de réduire l’écriture de cette chronique d’une bonne heure et demie). Lecteurs, suivez-vous attentivement ? Où en est-on dans le score ? Eh bien, toujours à 1 – 0 pour le Spartak (ON MÈNE !). Mais Decathlon finit par s’impatienter et le demi réalise une très belle passe dans son dos, en direction de l’arrière, qui, élancé, trompe la défense et marque : 1 – 1 à la 3e minute. Oui, le Spartak a mené pendant 3 minutes ! Sans doute un record historique, à faire homologuer ! Decathlon enchaîne rapidement sur une contre-attaque. Celle-ci est enterrée par la défense spartakiste, mais malgré cela, ça finit au fond des filets. But marqué par une joueuse, le score bascule : 3 – 1.

Il n’en fallait pas plus pour qu’Antoine se décide à nous offrir une lucarne, dont il a le secret : en toute décontraction, personne ne le voit venir, il déclenche en appui, au poste de demi. 3 – 2, on remonte ! Contrôle-V (c’est-à-dire : Max arrête un but), mais Decathlon récupère la balle ! 4 – 2, à la 5e minute. Manu et Abdel partent en contre-attaque et remettent les pendules à l’heure : 4 – 3 ! Quel score serré ! Cette entame de match est enlevée et haletante ! Surtout, tous les espoirs sont permis et on se prend à rêver de victoire, sur le banc… Max arrête un but, Romain récupère la balle et lance une contre-attaque, que Nico concrétise : 4 – 4, à la 6e minute ! Le Spartak est revenu à ÉGALITÉ ! Le banc exulte ! On regarde le tableau de score, médusé ! Céline s’empresse d’immortaliser l’exploit, en photo ! PE, en pivot, fait la passe à Pablo, qui plonge à l’aile droite, mais le ballon est stoppé. Une nouvelle contre-attaque Spartakiste ! Comme vous le verrez, ce type d’action sera légion, au cours de ce match. En effet, Décathlon, pour notre plus grand bonheur, multipliera non pas les pains et les arrêts, donc, mais les pertes de balle. Ainsi, Romain sert Manu qui trouve les chemins du but ! 4 – 5. Attendez… Attendez… Mais… MAIS LE SPARTAK MÉNE ! Le banc est en feu, le banc s’époumone, le banc n’est que sourires béats et larmes de joie ! « Céline, vite, VITE, prends une photo ! ». On ne lâche plus rien ! Belle défense de Manu !

Chers lecteurs… Si vous êtes désormais des aficionados de ces chroniques, à ce moment, vous devriez être capables de deviner ce qui va suivre… Vous pourriez même l’écrire, à la place du chroniqueur. Faites le test. Essayez d’imaginer, avant de lire la suite. Ça y est ? On résume : le Spartak a réussi à remonter, et même, mène la danse ! Le Spartak domine clairement. Le Spartak a un boulevard pour s’assurer une belle et franche victoire. Le Spartak tient dans sa ferme poigne l’issue du match, qui sera sans conteste en sa faveur. Alors ? Que va faire le Spartak ? Eh bien, tout simplement être lui-même ! Jugez plutôt : Manu, en attaque, s’élance et déclenche… une passe destinée à Antoine, qui alors, l’attendait en suspension dans les airs, au dessus de la zone. Eh oui ! Bien évidemment qu’ils l’ont tenté, non pas au début, ni à la fin, mais à ce moment précis du match : le kung fu ! Ils sont splendides d’insolence ! Mais malheureusement, la physique – sinistrement terre-à-terre – se fiche de la beauté et de la poésie contenues dans ces attitudes crânes. On ne se souvient plus si la passe n’est pas réceptionnée, si le gardien arrête le tir ou si ce dernier n’est pas cadré, l’esprit encore frappé de tant de culot. Peu importe, le but n’est donc pas marqué et la balle est vite remise en jeu, si vite que Decathlon inflige une contre-attaque au Spartak. La joueuse marque et redistribue les cartes du match. D’un 5 – 4 pour le Spartak, on passe à un 6 – 5 pour Decathlon. Du Capitole à la roche Tarpéienne, ainsi, il n’y a qu’un pas, ou qu’un kung fu furieusement esquissé.

Mais Manu ne les laisse pas longtemps jubiler, ces suppôts du grand capital (il se pourrait que le chroniqueur fasse parti des « plus anticapitalistes » susmentionnés), et rétablit la balance : 6 – 6 ! Juste après son action (une prise d’intervalle, rapide, propre, tranchante comme la lame d’un couteau fraîchement aiguisé), la joueuse qui défendait face à lui sort, et s’exclame d’un ton irrité : « Vas-y, il passe partout le mec ! ». Antoine, en défense, intercepte un ballon et fuse en contre, mais c’est arrêté.  Max arrête un but. Max arrête un but x2. « Bel arrêt », souffle, admiratif… l’arbitre ! Oui, même l’arbitre tire son chapeau à Max, plus en forme que jamais, comme vous l’entendrez par la suite ! En attaque, Justine se lance à l’aile droite, mais c’est arrêté. Max, derrière, sauve les meubles en arrêtant la contre-attaque issue du tir manqué. On y retourne ! Sur une passe de Justine, Antoine marque. PE, juste après, n’aura pas cette chance, son tir ayant été dévié. Point score ? Ohlala, ce que vous êtes attachés aux chiffres, au score, à la victoire, à la gagne, à la compèt’ ! Pas très Spartak, cet état d’esprit ! Mais si vous insistez, alors apprenez que Decathlon, désormais, mène de 9 buts à 7. « Arrêt Max avec réussite », lit-on dans le carnet. On ne sait pas si c’est un pléonasme, ou si la réussite de cet arrêt est dû à une parade mirifique. « Et Max qui continue… ». On ne sait pas si les trois points de suspension trahissent un ébahissement ou une lassitude (oui, parce qu’à force, bon, ça devient monotone, non ?). Le Spartak est en attaque et l’arbitre siffle un penalty ! Pablo est désigné et envoie le ballon « dans les mauvais filets », comme le consigne pudiquement le scribe.

À ce moment du match, on ne sait plus trop pourquoi, mais l’écart se creuse. À la faveur des buts valant double, probablement. Quoi qu’il en soit, nous en sommes désormais à 12 – 8 pour Decathlon. Mais c’était sans compter sur Manu, dont la conception du hand s’est affinée en l’espace d’une nuit (voir la chronique précédente) : il marque en arrière droit, puis remarque tout de suite après ! 13 – 10 ! On recolle au score, rien n’est joué ! L’euphorie gagne tous les joueurs, et particulièrement Mat, qui revient en défense, les bras écartés et laissant échapper un long et perçant « whouuuuuu ! » :
« Il a marqué ?, demande alors un des joueurs sur le banc.
– Euh, non » lui répond-on.

À la faveur d’une énième contre-attaque, Romain fonce en direction des buts, il tire, mais sur la transversale ! Sa course était telle qu’il la finit après les buts ! Sauf que derrière les buts de cette grande salle du Kipstadium, on trouve… des filets, qui séparent deux grands terrains concomitants. Romain s’effondre au sol, et tout le monde se précipite autour de lui, craignant la blessure grave. Fort heureusement, Romain se relève, boitillant et souriant, et emprunte fugacement à Jean Lefebvre: « J’ai glissé sur le filet, et je suis tombé sur le cul », expliquera-t-il au banc, partagé entre le soulagement et le rire. 

Decathlon creuse l’écart : 14 – 10. Mais à nouveau, Manu ne laisse pas cette offense impunie. Ni une, ni deux, il intercepte le ballon et remonte jusqu’à l’aile, pour trouver le fond des filets : 14 – 11. « C’est ouf comme il sait bien se déplacer, on ne le voit même pas accélérer », lâche un de ses coéquipiers, sur le banc. Et l’on se réjouit de ce concert de louanges, auquel on assiste, venant de toutes parts, durant ce match. Decathlon ne baisse pas les bras et, sur le banc adverse, on entend s’élever une clameur : « La spéciale ! On fait la spéciale ! ». On n’a pas vraiment su quelle combinaison ce nom énigmatique recouvrait, mais en tout cas, l’ailière marque et le score bondit : 17 – 11. Sauf que nous aussi, au Spartak, on sait faire des combinaisons spéciales ! En l’occurrence, une contre-attaque menée tambour battant par Antoine et Pablo ! 17 – 12 ! Et c’est sur cet écart de 5 points que se conclut la première période.

5 points, ce n’est pas grand-chose. Néanmoins, pendant la mi-temps, regroupé au point de corner, on sent bien une certaine tension, chez certains joueurs. Peut-être est-ce la déception liée aux ratés (c’est vrai qu’on ne s’est pas appesanti sur les diverses pertes de balle, les immanquables manqués, les mauvaises passes, les défenses en passoire spartakistes…).

5 points, ce n’est pas grand-chose… Pour peu qu’on démarre la deuxième période en fanfare ! Mais visiblement, le Spartak n’était pas d’humeur à sortir les cuivres et à accorder ses diapasons. L’entame laborieuse, voire pied-nickeléesque de la deuxième période commence à devenir une inquiétante récurrence… Jugez plutôt :

Déjà, dans le rond central, PE fait sa passe et se dirige vers les 6 mètres, afin de rallier son poste de pivot. Mais il le fait… avant le coup de sifflet ! Trop-plein d’enthousiasme louable ou étourderie présageant des gaffes en série pour l’équipe ? On fait remarquer à Vincent, au poste d’ailier droit, qu’il est… en dehors du terrain ! « Mais je ne vois pas la ligne de touche ! », lance-t-il. PE, en pivot, récupère la balle et opère un rapide volte-face… du mauvais côté, et vient s’emplafonner dans le mur décathlonien. Entre temps, Decathlon marque, mais le Spartak aussi : Romain, en lucarne. D’ailleurs, à la fin du match, l’arbitre, qui n’est donc pas avare en compliments fleuris, lui donnera du : « Dis-donc, t’es un pro des lucarnes, mon salaud ! ». Ainsi, 18 – 13. Et soudain, un improbable imbroglio se noue et se dénoue sous nos yeux. Le scribe n’a pas eu le temps de noter toutes les pertes de balle : qui de Decat’, qui du Spartak, la perd, la reprend, la reperd – dans tous les cas, ce mix entre jonglage et « patate chaude » se termine par un but… de Vincent ! Sur une passe d’Antoine ! Le banc est soufflé ! « Oui, Max, bon ça ! » se propose comme variante de « Max arrête un but ». Antoine contre-attaque et le joueur jouxtant le scribe intime : « Improbable, tu peux le réécrire ». L’improbabilité de l’action résidant dans la position non-usuelle d’Antoine, qui est allé marquer en prenant grand soin de nettoyer une bonne partie du parquet, ajoutant un « ventriglisse » dans cette partie de jeu déjà très axée sur le grand n’importe quoi. Après le mur de La Madeleine, c’est le sol du Kipstadium qu’Antoine étrenne !

PE se fait solide en défense. Max… je vous laisse terminer la phrase. « Facile, il fait ça nonchalamment », laisse échapper un coéquipier admiratif. Mais, visiblement, multiplier les arrêts, et détrôner Thierry Omeyer, ça ne l’amuse pas tant que ça, Max : « Faut les chatouiller un peu ! », tance-t-il. C’est vrai que la défense spartakiste a déjà été plus agressive et moins gruyèresque. Après une interception, on assiste à une jolie montée de balle entre Antoine, PE et Romain. Mais c’est dehors. Decathlon contre-attaque et marque : 19 – 15. « Ce match est bien, parce qu’il n’est pas fou », déclare soudainement Pablo, assis près du banc. Le scribe et le joueur le jouxtant lui lancent un regard légèrement interloqué.

À ce moment du match, le Spartak connaît un passage à vide – encore ? – qui voit l’écart se creuser de 6 points : 21 – 15. Pourtant, « Antoine et PE se font des passes de folie ! », Abdel met fin à une contre-attaque. C’est d’Antoine que vient la délivrance, comme bien souvent : « 16e but Spartak, sur un modèle de prise d’intervalle », lit-on griffonné dans le carnet. Quoique « griffonné » n’est pas le terme juste… Un nouveau scribe entre dans le game et propose visiblement au chroniqueur un petit jeu de déchiffrage ! Décidément, cette deuxième mi-temps n’en finit plus d’être ludique ! Allez, on s’y essaie :

« 17e but, Antoine aux 9 mètres, 25 – 17 ! L’équipe se reprend ! (énergiquement souligné deux fois). Nouvel arrêt de MAX ! Contre-attaque arrêtée → but du Spartak ! 25 – 18. But Décat’ 26 – 18. Superbe attaque placée du Spk… Mais marché ! Princess (nom floqué sur le maillot d’une joueuse de Decathlon) marque ! Elle nous fait la misère (car, en effet, avec ce tir, l’écart est désormais de 10 buts… Rappelons que le Spartak avait ouvert le score… Rappelons que le Spartak avait mené… The Spartak remembers…). But d’Antoine sur le retour ! 28 – 19. Tir de mule de Manu sur le poteau ! (On notera que ce scribe n’est pas vraiment clément envers ses petits camarades de jeu). But de Décat’ sur le centre, 30 – 19 (souligné une fois). But de Nico, 30 – 20. Justine, hargneuse en défense. But de l’aile, 30 – 21. Arrêt de Max, puis nouvel arrêt de Max. Max dans la… TÊTE ! (Et là, on a la plus grosse frayeur du match. Max au sol, étourdi, et déclarant voir tout vert. Prévenants, les joueurs de Decathlon et l’arbitre lui recommandent de prendre son temps, autant de temps qu’il veut. Mais ça, c’est mal connaître ce monstre d’abnégation qu’est Max. Notre portier se relève et repart à l’attaque, non sans lancer de riantes blagues à l’ailier l’ayant headshoté, faisant ainsi montre de sa grande mansuétude). Max se relève, abnégation du CHAMPION ! »

Changement de scribe, à la graphie désormais tout en arrondi. Si l’on peut désormais déchiffrer l’écriture, rien n’indique que l’on pourra en faire de même, quant au sens… Voyez-vous-même :

Ainsi, on apprend que Romain a repris la balle et que « le vol de la colombe ». Le chroniqueur s’engage à demander ultérieurement plus amples explications à ce scribe poète mais hermétique. X2 ET BUUUUUUT ! Défense en place. Arrêt en défense de PE. Et but de Nico sur passe de Manu. Malgré une belle défense de (le prénom « Vincent » est barré, puis celui de Mathieu) l’équipe, but de Decat’ (ici, certains joueurs auront démasqué ce scribe oublieur de prénoms. Surtout Max-Manu). Tentative de but de Princess mais sublime arrêt de Max le Survivant. Belle fixation de Justine en attaque et bel essai d’Antoine. Malgré une belle reprise de Romain, but loupé (le scribe précédent devrait en prendre de la graine, de cette bienveillante redondance de l’adjectif « beau »).

Dernière action ! Croisé Justine-Antoine, passe à Manu à l’aile gauche : Buuuuuuuuut, probablement à 29’59 » ! Score final ? C’est avec fierté qu’on vous annonce un très honorable 33 à 27, pour Decathlon ! On se serre les mains, une fois, deux fois, trois fois, on se congratule, on se sourit et on file prendre la photo, dans les buts !

C’est avec un soupir de soulagement qu’on apprend que Decathlon, contrairement à nos adversaires de la veille, offre le coup à boire. De notre côté, Céline s’était proposée pour remplir cet office. Mission pour laquelle elle reçut force conseils : « pas de la Leffe, ni de la HK », « de la 33 export ! ». Son choix d’experte s’est porté sur des Jenlain ambrées et de la Goudale, tandis que Decathlon nous offrait une dégustation d’une bière brassée par leurs soins, « lors d’une réunion d’équipe ». Les plus anticapitalistes… Agitons un instant le drapeau blanc, et rendons à César ce qui est à César : tout au long du match, les Decathloniens sont venus nous emprunter de la colle, car la leur, une nouvelle formule à l’essai, ne donnait pas satisfaction. Blagueurs, on répliquait à chaque fois qu’ils nous devraient un pot de colle en retour. Taquins, on n’a pas hésité, entre deux gorgées, à réclamer notre dû. Et c’est avec une grande gentillesse qu’on nous a offert non pas un mais quatre pots de colle ! Merci !

Au fil des verres et des discussions, le groupe s’étiole. Des Decathloniens partent, suivis par des Spartakistes. Tous les joueurs désertent. Tous ? Non ! Car une petite bande de Spartakistes résiste encore et toujours à l’envahisseur (l’envahisseur pouvant être vu comme la métaphore de l’ultra libéralisme galopant, par nos lecteurs militants, s’ils le souhaitent). C’est ainsi qu’une joyeuse petite bande se retrouve à refaire le match, à découvrir les (vrais) prénoms de ses coéquipiers pour certain.es (mieux vaut tard que jamais !), à taper discut’ avec les personnes de l’accueil (« Vous bossez jusque quelle heure ? 23 heures ? Mais attendez, on va les mettre dehors, les footeux synthétiques, là ! »), et à prendre des photos rigolotes, détournant de façon salace les outils de communication de Décathlon (la pudeur, à moins que ce ne soit la honte, ou encore la peur de se faire attraper par la cyberpolice nous empêche de dévoiler ici les interprétations licencieuses de certains esprits). « Plaisir – Fairplay – Respect ». Dis-donc… On croirait cette devise tout droit sortie d’une des réunions de bureau mensuelles du Spartak (d’ailleurs, il y en a une en février : venez !) !

On discute, on discute et… les bouteilles de bière se vident, et disparaissent. Toutes ? Non ! Car le fameux « Patron du Bar » (pas piqué des hannetons), oui, celui de la précédente chronique, avait pensé à mettre au point le concept de bar-mobile, remplissant le coffre de sa voiture de bouteille de bières (non, nous ne jetterons pas l’opprobre sur lui en révélant la marque de la bière. Le Spartak, malgré ce qu’il laisse parfois entrevoir, combat toutes les discriminations, et pardonne toutes les maladresses). On sort donc se ravitailler à la source, et on trinque, heureux, sur ce parking, scintillant d’une fine couche de givre, enveloppé par la brume courant sur les terrains de l’Union, dont le passé ouvrier se devine encore, et tente de se maintenir, face à des architectures lui rendant faussement hommage.

« Partager, tester, découvrir, s’équiper ». La devise n’est plus entièrement spartakiste, mais on s’amuse quand même (surtout lorsque les quatre volontaires se retrouvent des cibles bien pratiques, pour un assaut de boules de neige, forcément bien cadrées) et on se fait même subversif, à travers ces gestes courageux et non équivoques. Ça, c’est de l’engagement et du militantisme ! On se chambre gentiment, on rit de la fragilité supposée de Max (quel toupet, ce PE !) et on reparle de ce fameux bar, dont la localisation et le nom n’ont pas encore été révélés… Il semblerait que « des Spartakistes buvant des coups sur un parking désert, à 23 heures, dans le froid, à Tourcoing » soient plus efficaces, percutants, pertinents, « productifs » (pour rester dans l’esprit Decat’), que « des Spartakistes sur un terrain de handball, quel qu’il soit », CAR, sachez-le, le nom est trouvé, et Dieu sait qu’il porte en lui toutes les promesses. Toutes ? Oui !

« Excusez-moi, mais je vais devoir fermer le parking ». On se sourit. Il faudra donc en rester là, pour ce soir. On se salue, on regagne les voitures, on entasse les covoitureurs, on choisit de la « musique régressive », et les halos oranges des lampadaires du périphérique teintent notre retour à Lille.

Quant au bar ? Patience… ! On est en pourparlers avec le Patron, pour vous concocter des soirées dantesques, dont les échos retentiront encore, pour des siècles et des siècles. Prochain match : jeudi 7 février, à Hazebrouck !

« Kung Fu Fighting » : épisode 5

Cette chronique est dédicacée à l’équipe de France de handball, dont on salue le parcours pendant ce Mondial, qu’on remercie pour ces bons moments et qu’on admire pour avoir choisi le camp du Spartak, dont la devise pourrait être : « Une défaite, sinon rien ! »

Dire que l’on appréhendait ce match serait un bien faible euphémisme. L’équipe de Lille 1, on en avait grandement entendu parler. Chaque équipe rencontrée précédemment rendait le même son de cloche : attention à eux, ils sont très forts, et surtout, ils ont plusieurs joueuses, de haute volée. Rappelons ici que les buts inscrits par les filles valent 2 points.

Ce n’est donc pas vraiment débordants d’enthousiasme, que nous arrivons à la patinoire de Bobet. Même les trottoirs, en ce matin enneigé post-alerte orange de la tempête Gabriel, glissent MOINS que le parquet de cette singulière salle.

Malgré moult défections, nous sommes tout de même 15 présents, ce soir-là. Il semblerait que chaque match spartakiste amène son lot de nouveaux joueurs. Ce soir, ce sont donc Abdel, Charlie et Hugo, qui enfilent le maillot pour la première fois. À leurs côtés, fidèles parmi les fidèles, on retrouve Luc, Antoine, Stefan, Bastien, Aurel, Max, PE, Justine, Youyou, Val, Gwen et Manu.

Un échauffement qui va bien, un cri de guerre toujours aussi approximatif et le coup d’envoi résonne ! C’est Lille 1 qui ouvre le score, avec un tir de l’ailière. 2 – 0 dès la 26e seconde de jeu. L’attaque spartakiste qui suit ce but se solde par une perte de balle. Le début d’une longue, très longue, trop longue série… Antoine défend bien, l’ailière lilloise déclenche mais n’atteint pas les cages. Bastien, en attaque, part de l’aile et repique jusqu’au centre, mais le gardien dévie. Abdel trouve PE en pivot et le gardien fait à nouveau des miracles. C’est au bout de 3 minutes de jeu qu’Antoine délivre enfin le Spartak, sur un beau tir en appui, à la hanche, au poste de demi ! 3 – 1. Les Lillois répliquent immédiatement : 4 – 1. « Le buteur a les cheveux longs, comme Antoine », susurre un joueur sur le banc, dont la perspicacité fera des étincelles, tout au long du match, comme vous pourrez vite vous en apercevoir. Afin de conserver l’anonymat de ce joueur, souhaitant le préserver des dangereux feux de la rampe de la célébrité, nous le nommerons ci-après « le Patron du Bar ».

Mais revenons à nos moutons, chaussés de patins à glace. À la faveur d’une contre-attaque féminine, Lille 1 creuse l’écart : 5 – 1, à la 4e minute de jeu. Antoine parvient à réaliser un joli un-contre-un, malgré la difficulté d’ancrer ses appuis dans cette salle (on l’a dit, qu’elle glissait de ouf, la salle ?), mais le gardien arrête le tir. Le Spartak parvient pourtant à récupérer la balle, mais celle-ci finit interceptée par les adversaires. Le Spartak ne se laisse pas faire et les Rouges et Noirs « renvoient la balle » aux Lillois, puisqu’ils interceptent également le ballon et démarrent une contre-attaque, qu’Antoine finalise : 5 – 2, à la 5e minute ! Bastien brille en défense, et se montre « ultime », face à son ailière. Stefan, en attaque, s’élance à l’aile gauche, mais la balle est arrêtée.

En attaque, Lille 1 continue de faire pleuvoir les tirs dans le but. Or, un tir arrive malencontreusement sur le poteau ! Analyse du Patron du Bar : « Val couvre si bien la cage que l’attaquant n’a d’autre choix que de viser le poteau ! ». Quelques secondes après cette sentence, Lille concrétise un but. « Ah, mais ça ne marche pas à tous les coups ». On vous avez promis de la perspicacité !

Antoine ressort sa botte secrète, déclenche en appui et envoie une praline (rouge) au fond des cages : 7 – 3 ! Certes, Lille marque entre temps, mais Antoine remet le couvert ! Sur le carnet, on distingue un cœur amoureusement tracé à côté du score : 8 – 4 ! PE nous gratifie d’une très belle défense. Puis… Puis, dans le carnet, à ce moment du match, n’apparaît plus que le score. Pourquoi n’y a-t-il plus de descriptions des actions ? Jugez par vous-même : 10 – 4, 12 – 4, 13 – 4, 15 – 4. De-ci, de-là, parfois, quelques mots émergent, dans ce déluge de chiffres : « combinaison Antoine-Youyou en pivot, mais arrêt », « Manu, très beau geste à l’aile gauche, mais dehors ». On repart dans la valse des chiffres : 17 – 4, 18 – 4, 19 – 4. « Interception du Spartak sur une contre-attaque. Attaque placée. N’aboutit pas ».

Heureusement, à ce moment du match, le carnet change de main, et le nouveau scribe semble davantage verser dans les mots que dans les nombres. Ainsi, laissons de côté le score, et concentrons-nous sur les actions. Car, en même temps, chers lectrices et lecteurs, il ne vous aura pas échappé qu’a priori… le match est plié.

C’est parti ! Nous apprenons donc que Youyou est pris en sandwich. Puis, le Spartak offre un péno à Lille, sur défense en zone. Manu frappe, mais à côté (ce qui est une drôle de conception du handball, tout de même). Lille marque à l’aile. Mais soudain ! SOUDAIN ! Soudain, PE se fait sauveur, PE trois fois saint, délivre le Spartak du dragon lillois ! PE travaille tant et si bien qu’il arrache un penalty ! Le Spartak, bloqué à 4 buts depuis bien trop longtemps, va enfin relancer la machine, grâce à ce péno immanquable ! Le penalty échoit à PE. Et là… Et là, on assiste avec une joie inextricable à un geste totalement spartakiste ! PE commence par une feinte de tir, puis tente le lob ! Un demi-centième de millimètre, c’est ce qu’il a manqué au ballon pour rouler au fond des filets. Et tant pis si le score ne décolle pas ! C’est cette prise de risque permanente, cette rodomontade qu’on aime, au Spartak ! Merci PE !

On continue : « Frappe de Manu, mais bel arrêt ». « Encore PE ! 23 – 6 » lit-on dans le carnet. Ainsi, PE s’est bel et bien fait le sauveur de l’équipe ! Arrêt de Max, un de nos deux super-gardiens ! « Youyou HS, clé de bras d’un adversaire ». Une première blessure qui sera suivie de celle de Gwen, et qui occasionnera un trafic de bombe de froid et de baume du tigre, sur le banc. Les doigts de Gwen ont morflé et ce dernier n’a d’autre choix que de quitter la partie. Youyou, on vous rassure, reviendra en découdre, en deuxième période.

Stefan s’élance alors à l’aile gauche et… c’est le but ! Alors que l’angle était improbable ! Stefan marque et, selon le scribe, ceci est le « début de la remontada » ! Et de fait, l’oracle du scribe n’est pas démenti : Stefan et PE se combinent et offrent au Spartak son 7e but ! Et que lit-on, après ? « Encore Stef à l’aile : 25 – 8 » ! Puis, vient le tour de « Manu ! » : 25 – 9 ! « Abdel marque, mais en zone », avant de conclure une belle contre-attaque ! » : 27 – 10. « Manu tout seul : 27-11 » !

C’est donc sur cette très belle et pugnace percée spartakiste que se clôt cette première période (31 – 12). Mais alors, que nous réserve la deuxième mi-temps ?! Un bouleversement total ? Un renversement titanesque ? Un chavirement cyclopéen ? N’en jetez plus, et découvrons-le immédiatement !

Antoine, en demi, fait la passe au pivot, qui avait alors oublié d’enlever ses moufles (on a déjà filé la métaphore du froid et de la glace, pour parler de cette salle ?). Heureusement, Antoine récupère la balle et marque ! Plus tard, Lille 1 part en contre-attaque. Stefan, visiblement plein de bonne volonté, essaie d’y mettre un terme et décide alors de… ceinturer l’adversaire, de façon étonnement ostentatoire ! De mémoire, jamais ce type de ceinturage ne fut pratiqué, sur des terrains de hand, ce type d’enlacement complet et total ayant, a priori, davantage lieu entre des personnes consentantes, et à l’abri des regards indiscrets… À notre grande stupéfaction, l’arbitre ne siffle qu’un jet franc. Moqueur, le banc conspue gentiment Stefan, lui conseillant même de sortir 2 minutes de lui-même ! Mais Stefan s’en sort avec un sourire et des excuses, et le match reprend.

33 – 13, 35 – 14, 36 – 14. Ça, c’était le petit point score. Revenons aux exploits de nos héros tragi-comiques. Bastien effectue plus ou moins un passage en force sur son ailière et expédie la joueuse sur le banc. Ce sera la première blessure que Bastien-le-Bourreau occasionne, première d’une longue, très longue, (jamais) trop longue série… Bon, ce n’est pas le tout, mais alors, cette histoire d’oracle, de remontada, de grand soir et de lendemains qui chantent ? Ça en est où ? Parcourons le carnet :

« Val arrête un but, et Luc marque derrière ! PE, énorme  en arrière droit ! Antoine passe au pivot, qui arrache un penalty, qu’Hugo concrétise ! WAHOOOO Val, arrêt du pied droit, sur une contre-attaque ! Val arrête un deuxième but, à la suite ! PE est inarrêtable ! Manu à l’aile droit ! Hugo en pivot ! Manu aux 9 mètres, lucarne tranquilou ! Baume du tigre en force ! Reste 5 pages, va falloir penser à changer de carnet. »

Vous noterez nos scrupules et autres soucis d’honnêteté intellectuelle et de transparence. Tout ce qui a été consigné dans le carnet sera retranscrit ici. Tout. Alles (dédicace à tous les « allemand LV1 » et aux traducteurs germanophiles). Mais on s’égare ! Alors, on repend.

Il reste 10 minutes de jeu. Le score s’apparente à quelque chose comme 47 – 23 : « Objectif : 10 buts de Justine en 10 minutes ». Lorsqu’elle entendra cela, même si elle sait que c’est une blague, Justine ne pourra réprimer un mouvement d’humeur, et fulminera intérieurement : « Je ne veux pas être utilisée, je veux être une joueuse à part entière, exactement comme vous, cette histoire de buts valant double commençant à me taper sur les nerfs ». Car, oui, le chroniqueur, omniscient, a accès à l’intériorité des personnages, plébiscitant ainsi les grandes fresques romanesques du XIXe, au détriment des enseignements du Nouveau Roman, et de tout ce que le roman a pu, par la suite, connaître de trouble, dans son genre. Mais… On s’égare, non ?

« Nettoyage de la lucarne pour les Bleus » (les Bleus étant les Lillois). « Petite annonce : vends petits travaux pas chers, appelez Manu » (le Spartak n’est jamais avare de bons plans, solidaires et populaires, même les plus saugrenus). « Tentative de volley de Youyou » (le Spartak défend tous les sports). « Passe acrobatique d’Aurel, beau mais raté » (le Spartak pardonne tout, même les auto-passes foireuses). « Allez, pas 60 ! », car, oui, les Lillois sont déjà à… 54 buts ! « MAIS OUI YOUYOU ! » Youyou, qui marque au poste de pivot, sur une belle passe d’Antoine ! « Arrêt Max, sur ailière ! ». « Depuis que Charlie a enlevé ses lunettes, il marque », glisse un certain B.N. « Youyou gueule un coup. Un deuxième coup ». « Aurel, pour Antoine ! »

Les minutes défilent… Un peu trop calmement, au goût de certains spartakistes, qui observeront, chez leurs adversaires lillois, un grand sérieux. Grand sérieux que d’aucuns oseront requalifier d’un « manque de fun ». On se prend à regretter les ambiances des matches précédents, plus bruyants, plus foutraques, plus joyeux, plus… D’autant qu’on se questionne : avec un match rondement plié dès le premier quart d’heure, avec un tel écart de buts, pourquoi alors garder une telle rigueur et se soustraire à toute fantaisie ? Des questions qui resteront sans réponse, puisque le coup de sifflet final met un terme au supplice spartakiste.

Un score tout rond, facile à retenir. Le saviez-vous ? 30 est « le nombre de pièces d’argent pour lesquelles Judas trahit Jésus, ainsi que l’année supposée de la crucifixion de Jésus ». 30, c’est aussi « l’indicatif téléphonique international en Grèce ». Ou encore « la magnitude apparente des objets astronomiques les plus faibles observables par le télescope spatial Hubble » (source : Wiki). 30, c’est aussi, par exemple, l’âge de votre chroniqueur, pour quelques mois encore du moins. Et donc, 30, c’est l’écart de buts, entre Lille 1 et le Spartak. Oui, le match se clôt sur un 56 – 26. Beaux joueurs, les Spartakistes rejoignent les Bleus dans les buts, pour la traditionnelle photo inter-équipes.

On ne s’attardera pas longtemps dans ce temple du hockey sur glace (au passage, on aurait bien eu envie d’enlever les gants, à deux ou trois reprises, pendant le match…), les coups à boire offerts ne devant pas être la coutume locale des autochtones. Qu’à cela ne tienne (ou « castagnettes », comme disaient deux grands humoristes des années 90-2000. À celui ou celle qui trouve la référence, le chroniqueur promet une récompense inégalable), qu’à cela ne tienne, donc, une petite frange de l’équipe se dirige vers un lieu assidûment fréquenté depuis peu. Il s’agira de garder l’adresse secrète, pour l’instant, ainsi que le nom, et ce, afin que le Patron du Bar ait le temps de faire le ménage et de trouver le nom idoine. On se quitte donc avec des parts de pizza turque et des verres de Cerdon, et on se dit… Mais ! A tout de suite ! A l’instar de leurs idoles du Mondial, les Spartakistes enchaînent deux matches, deux jours de suite ! Et à l’heure où nous écrivons ces lignes, ce mercredi soir, la joyeuse bande spartakiste est au Kipstadium de Tourcoing pour y affronter l’équipe de Decathlon. Stay tuned!

« Kung Fu Fighting » : épisode 4

Cette chronique est placée sous l’égide de Rabelais, à qui on emprunte cet avertissement aux lecteurs, à peine pastiché, et qu’on croirait avoir été écrit pour tout récit spartakiste.

Amis lecteurs, qui lisez cette chronique,
Dépouillez-vous de toute passion
Et, en la lisant, ne soyez pas scandalisés.
Elle ne contient ni mal ni corruption;
Il est vrai qu’ici vous ne trouverez
Guère de perfection, sauf si on se met à rire;
Autre sujet mon cœur ne peut choisir
À la vue du chagrin qui vous mine et consume.
Il vaut mieux traiter du rire que des larmes,
Parce que rire est le propre de l’homme.

C’est littéralement congelée, après avoir bravé la neige et le verglas, que l’équipe de hand du Spartak lillois retourne à la salle du Romarin, deux semaines après sa défaite contre l’équipe 2.

L’échauffement mené par Antoine nous désengourdit bien vite, ainsi que la grande envie de se frotter à l’équipe 1. D’autant qu’en ce jeudi 24 janvier 2019, nous sommes à la veille de la demi-finale de la Coupe du monde de hand, où l’on pressent que l’équipe de France est en passe d’écraser le Danemark ! Enjouée par cette perspective de triomphe mondial, l’équipe prend place sur le terrain, à quelques secondes du coup d’envoi. Passage en revue des troupes présentes ce soir-là :

Tout d’abord, on note la présence d’une supportrice ! Céline, fidèle des créneaux du dimanche, est venue donner de la voix, et on entendra ses chaleureux encouragements tout au long du match. La prochaine fois, on l’a prévenue, ce n’est pas des gradins, mais sur le terrain et avec le maillot de l’équipe, qu’elle participera à l’effort de guerre !

Ensuite, on a pu souhaiter un très joyeux anniversaire à Mat, qui nous a fait l’honneur de venir célébrer ses 35 ans avec nous, sur le terrain ! Si ce n’est pas du dévouement et de l’abnégation spartakistes, ça… !

Enfin, ce sont à nouveau pas moins de trois joueurs qui ont disputé leur premier match, en rouge et noir : Luc, Nico et Sam, fraîches et réjouissantes recrues !

Malheureusement, Maëlle et Guillaume n’ont pas pu être des nôtres, ce soir. Néanmoins, le banc est à nouveau fourni et l’on y distingue les carrures de PE, Aurel, Youyou, Antoine, Bastien, Gwen, Max, Val, Justine, Stefan et Manu.

Ce sont donc 15 spartakistes surmotivés qui se lancent à l’assaut des madeleines vertes fluo (singulier choix de couleurs de maillots, si l’on peut se permettre, au passage !).

La Madeleine déclenche le premier tir et… Val l’arrête ! Val is on fire! Val est déjà à 100 % de réussite ! Cet état de grâce durera-t-il tout au long du match ?

Nonobstant cette entame pleine de promesses, les débuts sont un peu laborieux, du côté des deux équipes… Antoine se lance à l’aile gauche, mais c’est dévié. La Madeleine perd la balle, sur un croisé. Sam tente un tir de l’arrière, aux 9 mètres, et c’est à nouveau stoppé par le gardien. C’est finalement La Madeleine qui ouvre le bal, avec un tir de leur demi. Ce demi se trouvant être une fille, le but vaut deux points. Enhardie par cette réussite, La Madeleine enfonce le clou, avec un but de leur ailier : 3 – 0 pour les verts fluo (on ne s’en lasse pas).

À l’aile, Bastien trouve l’intervalle et s’y engouffre. Faute ! Ça siffle ! On aurait préféré un penalty, mais on n’en veut pas à l’arbitre, qu’on remercie d’ailleurs de faire le job, qui plus est seul. C’est donc un coup franc… transformé par Antoine ! Premier but du Spartak, le Spartak remonte ! 3 – 1 ! Ce même Antoine, qui, quelque temps après, fait le choix d’un magnifique tir croisé, en appui : la balle se dirige tout droit vers la lucarne et… ce gardien commence à devenir énervant !

Ainsi, aidée par un gardien en grande forme, La Madeleine redouble d’efforts et commence à méchamment creuser l’écart : 4 – 1, 5 – 1 sur contre-attaque… Sur le banc, on devient fébrile et on trompe l’angoisse naissante en haranguant les joueurs : « Allez les gars ! On continue ! ». Il faut croire que ça paie, puisqu’Antoine et Sam, sur un croisé, relancent la machine : 6 – 2 ! Machine que l’on n’arrête plus : Sam déclenche en suspension aux 9 mètres et offre son 3e but au Spartak ! C’est bon, on n’est plus qu’à -2… Mais à peine a-t-on le temps de respirer à nouveau que La Madeleine grappille deux points supplémentaires, grâce à leur ailière gauche.

Qu’à cela ne tienne, nous aussi, on sort l’artillerie ! PE, en pivot, arrache un joli penalty, qui nous remet à flot : 7 – 4. Notre pivot se montre également solide en défense. Défense de fer, comme l’atteste Luc, qui enterre une contre-attaque verte. Soudain, Stefan s’élance de l’aile gauche, plonge… et marque ! Un très joli but, qui sera gratifié d’une savoureuse danse de la célébration ! Stefan nous cacherait-il des talents de danseur, et d’onduleur du bassin ? Ce mystère sera peut-être levé dans une prochaine chronique…

Et les gardiens spartakistes, dans tout ça ? Vous vous souvenez des 100 % de réussite de Val au bout d’un tir ? Forcément, ce n’est plus la même histoire, en reparle en deuxième période. Pour l’instant, place à Max, qui nous livre une parade dont il a le secret. Ni une, ni deux, il relance à Antoine, parti comme une fusée vers les cages madeleinoises, dont les filets tremblent : c’est le but ! Après la danse de célébration de Stefan, on a droit à la technique ninja d’Antoine ! Sa course est tellement rapide et déterminée qu’elle se termine dans le mur ! Antoine esquive habilement le crash en imprimant la trace de sa semelle dans le mur et récolte les approbations admiratives du banc spartakiste.

Et le score, me direz-vous ? Où en sommes-nous ? Toutes ces belles actions concourent-elles à mener le Spartak sur le chemin de la victoire ? « 9 – 6, pour La Madeleine », voit-on écrit dans le carnet. Ainsi que, juste en-dessous, cette sentence sibylline : « Youyou relou sur le banc ». La conscience professionnelle ainsi que morale du chroniqueur est alors ébranlée : doit-il rapporter cette notule ? Le chroniqueur évacue bien vite ce dilemme, grâce à une sorte de prétérition bien commode.

On entre dans les 15 dernières minutes de jeu. 10 – 6, 10 – 7, le score ne cesse de jouer les accordéons, se resserrant, se distendant, faisant grincer nos nerfs, tout comme cette transversale de Manu. On lit, dans le carnet, « une belle défense de Gwen ». On lit, dans le carnet, « C’est une bonne situation, scribe ? » À ce moment, le chroniqueur se rend compte qu’il devra, à l’avenir, choisir avec beaucoup plus de soin la personne à qui il confiera son carnet, lorsqu’il rentrera sur le terrain. On lit, dans le carnet, immédiatement après cette référence de cinéphile, « belle défense de Ju ». Finalement, le chroniqueur décide de porter un regard attendri, sur les petits plaisantins qui émaillent le carnet d’annotations drolatiques.

L’accordéon susnommé, tout d’un coup, expire, comme le disait jadis Jacques Brel dans le port d’Amsterdam, et c’est désormais la marche funèbre qui résonne à grands coups d’orgue lugubre et de buts retentissants : une joueuse madeleinoise marque, suivie par ses coéquipiers, le score s’envole : 15 – 8 ! Et c’est à ce point de bascule critique du match qu’Antoine et Nico en profitent pour tenter, à la faveur d’une contre-attaque, un… KUNG FU ! Oui, vous avez bien lu, avec un écart de 7 buts, et lors d’une action qui nous assurait forcément un point supplémentaire, les deux joueurs font preuve d’audace, de panache, de forfanterie et de tout autre synonyme désignant une attitude qui laisse le banc pantois, partagé entre la sidération et l’émerveillement. Quel culot ! Quel esprit Spartak ! Avoir l’effronterie de tenter le beau geste plutôt que de sacrifier à une froide et mesquine logique arithmétique… Bravo, les garçons ! On en redemande !

Une combinaison entre Antoine et PE ainsi qu’un penalty permettront au Spartak de terminer cette première période sur un score de 16 à 11. Rien n’est joué. Sur le banc, on échange les bouteilles d’eau et les sourires. On est quand même fier de nous !

« APÉROOOOOOOOOO ». Le cri de guerre de La Madeleine – dont on est complètement fan – retentit et annonce le coup d’envoi de la deuxième mi-temps. À la hâte, le Spartak se bricole un cri de guerre, « à l’image de l’équipe », laissera échapper un fin observateur : maladroit, hésitant, mais non dénué d’une certaine ferveur.

C’est le Spartak qui réalise la première attaque. Manu se lance des 9 mètres, mais ça n’aboutit pas. La Madeleine réplique et Val arrête le but ! Le Spartak repart en attaque, et cette fois, c’est Aurel, qui déclenche aux 9 mètres, en arrière droit. La balle ne rentre toujours pas, et le Spartak revient en défense. Deuxième arrêt de Val ! 2/2 ! 100 % de réussite ! Jusqu’où ira-t-il ? Sur une belle passe de Sam, PE maque en pivot ! Nouvelle attaque des verts fluo, et… troisième arrêt consécutif de Val ! Encore un, et on reçoit un coup de fil de Dider Dinart ! On entend le banc réclamer le « 4 à la suite »…

Luc se lance à l’aile droite, mais le succès n’est pas au rendez-vous. Stefan, peu de temps après, l’imite, et se lance, lui, de l’aile gauche : joli tir, à qui il manque quelques centimètres. Le ballon rencontre le deuxième poteau et se retrouve projeté en direction du centre. Il fallait bien sûr compter sur notre PE national, qui se rue sur la balle et l’expulse derechef au fond des filets ! Entre les arrêts de Val et les buts de nos joueurs, on a du mal à y croire, en baissant les yeux sur le score : 16 – 13 ! On n’est plus qu’à -3 ! On est aux portes de la victoire ! On est sur le seuil du triomphe ! Les trompettes de la Renommée échauffent nos esprits fiévreux !

Au comble de la joie, on aperçoit soudain PE sonner le glas d’une contre-attaque madeleinoise, en interceptant une passe. PE s’empresse alors de lancer notre propre contre-attaque. Manu, à qui le ballon avait échu, s’élance hardiment de l’aile droite. Hardiment, en effet, car l’angle semble trop fortement fermé et le but, quasi inaccessible. C’est alors que Manu déclenche non pas un tir, mais une passe : il ne lui avait pas échappé que Sam s’était placé de l’autre côté, à l’aile gauche. La passe est parfaite, tout comme sa réception, et le tout finit en apothéose, au fond des filets. Du Olive et Tom version hand. Les cris de joie font trembler le banc ! Par la suite, Manu croise pour Sam, et, décidément, cette combinaison fonctionne !

À ce stade du récit, a priori, il ne fait plus aucun doute, pour le lecteur, que l’issue du match est en passe d’asseoir les Spartakistes sur le toit du monde du handball. Sauf que… Si le lecteur est un adepte de la geste spartakiste, qu’elle soit handballesque ou footballesque, il n’est alors pas sans connaître la piquante particularité de ces équipes, à savoir leur propension à une joyeuse débâcle ! Car, oui, malgré les sublimes actions décrites précédemment, le Spartak, qui avait réussi à réduire l’écart à -3, retombe assez rapidement à -6… Et c’est reparti pour un tour !

La Madeleine, donc, contre-attaque et marque. Le Spartak se fait maladroit en offrant un penalty à ses adversaires et en écopant d’un carton jaune. L’ailier droit de La Madeleine est fulgurant de rapidité et de précision, et bon nombre de contre-attaques sont de son fait. La demi marque à nouveau, propulsant son équipe à 24 points, contre 17 pour les Spartakistes.

Ce qui n’empêche pas Antoine de délivrer un magnifique un contre un, qui prend son défenseur à contrepied et qui lui permet de juguler l’hémorragie spartakiste. Val fait un bel arrêt, des pieds. Bastien trouve, lui aussi, les chemins des buts. Nico imite Antoine, remporte son un-contre-un et marque. Val arrête encore un but ! « Arrêt Val », mais… Quel homme ! « Arrêt Max », mais… Quels hommes ! Ce duo de gardiens nous épate, de match en match !

Sam marque à nouveau, « et c’est son premier match », peut-on lire, consigné – avec admiration – dans le carnet. « PE EN FORCE ! PE HOMME DU MATCH ». Visiblement, l’admiration tourne à la frénésie, et c’est désormais en majuscules que seront rapportés les exploits de nos héros. En majuscule, et en traits d’esprit, puisque les petits plaisantins ont repris les commandes du carnet. Lisez plutôt : « PE HOMME DU MATCH ! Au four et au moulin, dixit Nico », ce qui constitue une très bonne blague, quand on sait que l’activité professionnelle de PE l’amène régulièrement à tâter de l’éclair au chocolat et autres religieuses charnues et goûtues.

Il ne reste alors que dix minutes de jeu. La fatigue, le manque de lucidité et la fébrilité se traduisent par un relâchement du langage, couplé à une prise de notes en roue libre. Nous demandons aux lecteurs de bien vouloir nous pardonner. C’est donc ainsi que s’égrainent les dernières minutes du match : sans transition, on enchaîne sur un « PUTAIN DE RELANCE DE MAX POUR ANTOINE ! 26 – 21 », « Vol plané de Manu le dauphin ! », « PE encore dans ses œuvres ! », « Péno pour Antoine, feinte de daron ! », « Manu ! Encore un homme du match ! », « Fin sur un arrêt ! ». Mais, quel dénouement de match cache cette débauche de phrases exclamatives, devez-vous vous demander ?

Courageux lecteurs, courageuses lectrices, qui avez su arriver jusqu’ici, que votre patience et votre bienveillance soient récompensées, et découvrez sans plus attendre le score final : le Spartak – l’aviez-vous pronostiqué ? – s’incline avec un total de 26 buts face à La Madeleine triomphante, du haut des ses 31 buts. Bravo à cette très belle équipe, qu’on s’empresse d’entraîner dans les buts, afin de faire de jolies et fraternelles photos. Qu’on s’empresse de retrouver, une fois sortis des vestiaires, afin de trinquer dans l’allégresse. Cette fois-ci, le Spartak avait prévu le coup. Ou plutôt, des Spartakistes, faisant fi de toute concertation, avaient généreusement prévu les coups, et ce ne sont pas moins de trois voire quatre (ou cinq ?) packs de (vraies) bières, qui se virent bientôt éventrés, lors de cet après-match jubilatoire.

À nouveau, merci à La Madeleine, à ses joueurs sympathiques, à Thierry ! À très vite, nous l’espérons, et bonne continuation à ces sémillantes équipes !

Entre le Mondial et les DEUX matches qui attendent le Spartak cette semaine (dès ce mardi 29 et demain, mercredi 30), ainsi que le tournoi multisport « Back to School » de ce dimanche 27 janvier, le handball n’en finit plus de nous faire tourner la tête, pour notre plus grand ravissement !