Archives pour la catégorie Kung Fu Fighting 2018 – 2019

« Kung Fu Fighting » : épisode 7

« Un engin comme vous, ça devrait être livré avec une notice ! »

Léodagan avait donc raison. Car c’est mot pour mot ce que l’équipe de handball loisir d’Hazebrouck a murmuré en nous voyant quitter son gymnase…

Jeudi 7 février. C’est en direction de la sombre contrée d’Hazebrouck que les Spartakistes se rejoignent. Dans les voitures, les discussions s’enchaînent mais la tension monte. L’heure fatidique du match arrive et la destination semble de plus en plus lointaine. Le froid envahit les voitures et le ciel devient noir. Ce combat semble perdu pour certains, périlleux pour d’autres. « Apparemment, ils sont violents », « Y’a un gymnase à Hazebrouck ? », « C’est une ville ça ? »… Pendant que certains réfléchissent à la géographie locale et la reconversion anarchiste de Pamela Anderson, d’autres s’échauffent déjà, prêts à casser des genoux et à arracher cette victoire des mains des Hazebrouckois.

Cette fois-ci, ce n’est pas Max qui garde nos buts, mais bien ce fringant Valentin. Après un temps plus ou moins long dans les vestiaires (très certainement pour réfléchir à une nouvelle technique handballistique, peut-être à cause de l’arrivée tardive des maillots, mystère et bole de gomme…), toute l’équipe se retrouve sur le terrain, prête à analyser les adversaires. Sont présents à l’appel : Luc, Sam, P-E, Manu, Bastien, Youyou, Antoine, Nico, Valentin, Romain, Thibaut, Céline. Une bien belle équipe de Mexicains ! On pense aux absents, malades, au travail, excusés, blessés, que l’on porte avec nous dans nos cœurs (oui, même toi, qui nous lis de l’autre bout du monde et qui te reconnaîtras !). À noter la présence de Betty, supportrice et photographe attitrée de cette soirée.

Le sifflet s’approche de la bouche de l’arbitre et il est temps. SPAR-TAK. C’est parti, le coup d’envoi est lancé, malgré un cri de guerre franchement raté. (C’est l’occasion de vous le demander, chers lecteurs : envoyez-nous vos cris de guerre, on a besoin d’inspiration !)

Les fesses de Sam, Céline, Thibaud, et Nico sont posées sur le banc et n’attendent plus que les premières actions pour scander le nom de l’équipe.

Le début est bien difficile… Un premier but est marqué par une ailière de l’équipe adverse. Désespoir ? Jamais. Résilience ? Absurde. Habitude ? Peut-être.

Mais rien n’arrête les forces du Spartak. Et c’est Valentin qui va lancer la bête : premier arrêt des genoux, d’une élégance qui ferait pâlir les chorégraphes de Beyonce (ndlr : on nous dit dans l’oreillette que c’était un peu plus haut que les genoux…).

S’ensuivent les premiers buts marqués par le Spartak ! Premiers ? Mais certainement pas derniers. Antoine poursuit la lancée en faisant remonter le score à 7 – 4, suivi par Nico, plus chaud que jamais.

Le scribe faire remarquer un Antoine agressif en défense… qui s’est malgré tout soldé par un but de l’ailière gauche d’Hazebrouck. Des buts doubles assez douloureux pour le Spartak.

N’oublions pas Sam, notre bon vieil oncle Sam, qui avec force et panache permet à l’équipe de retrouver un écart de score plutôt agréable, le tout agrémenté d’un joli contre d’Antoine.

L’histoire ne dira pas ce qu’il s’est passé, tout ce que l’on sait est que Titi a eu droit à un carton jaune. Mais il est fort, et sait se faire pardonner et nous permet d’être à égalité. 9 – 9 ! Les coéquipiers se regardent sur le banc, étonnés, inquiets, perplexes. Et si… ? Non. Plus le droit à l’espoir. Il faut continuer d’avancer. #premiersdecordée

Et soudain, tout droit sorti de la dangereuse poche de l’arbitre, un carton jaune vient s’éclater devant le visage du numéro 5 d’Hazebrouck (enfin, l’un des trois numéro 5 du terrain). Penalty pour le Spartak. Pourrions-nous passer devant ? La victoire serait-elle en marche ? Est-ce que c’est notre projet ? Pas le temps de niaiser, Nico arme son bras et marque ! 10 – 9 pour le Spartak. Mais ce n’est jamais assez pour lui, et il décide d’en rajouter une couche, 11 – 9. Cette ascension s’arrêtera-t-elle ?

Après un retour en force d’Hazebrouck et de ses joueuses déchaînées, Romain et Manu décident de reprendre les choses en main en continuant avec détente et douceur d’allumer le feu aux buts, et de faire danser les diables et les dieux.

Bon, sans mentir, nous avons en face de nous de sacrés bonhommes. Et c’est avec force et détermination que l’arrière n° 8 d’Hazebrouck vient énerver Valentin avec un tir dans la lucarne droite. 15 – 16… L’étau se resserre.

Les adversaires sont coriaces, déterminés, mais Valentin, tel le fidèle chevalier protégeant notre forteresse, se lance et arrête la balle ! Puis deux, puis trois !

Réaction d’Antoine après une tentative de kung-fu, allégorie

Et on en parle de ce kung-fu ? Évidemment qu’il fallait le tenter à +1. Et évidemment qu’on l’a raté. Bien vu, Antoine et Bastien !

Sur le banc, les esprits s’échauffent, la tension est palpable. Manu crie au scandale « Arbitre ! Il a marché ! ». Mais son cri tombe dans l’oubli aussitôt.

Croyez-le ou non, le Spartak mène au score (18 – 17). À la mi-temps. C’est tellement fou qu’on s’empresse de prendre une photo. Toute l’équipe est circonspecte. Et si c’était ce soir… ? Et si… ? Mais l’heure n’est pas aux embrassades et aux cris de victoire, l’heure est au combat !

Le début de la seconde mi-temps est annoncé. Chacun retrouve sa place et les mêmes séants retrouvent leur banc (bravo la cohésion d’équipe et l’entraide !). Sans plus attendre, Manu, à l’aile gauche, s’élève dans les airs et ouvre les hostilités, bien décidé à en découdre avec ces fameux Hazebrouckois. Pourtant, leur détermination nous forcera à encaisser 2 points, malgré la bonne volonté de Valentin.

Alors le Spartak tente une attaque, Antoine se retrouve pris entre deux défenseurs adverses. Panique ! Aussitôt la faute sifflée, aussitôt vengés. Comme à son habitude, il plante son penalty dans les buts, sous le regard déçu du gardien.

Ce qu’ils ne savaient pas, c’est que cette faute déclencherait la colère de l’équipe ! Manu, Antoine, Romain sur une passe décisive de Youyou, sont inarrêtables ! Les buts s’enchaînent, tout comme les pertes de balles adverses. Et 24 – 21. Le Spartak continue de mener certes, mais surtout de briller.

Et Valentin… il est prêt. Sous les conseils avisés d’Antoine, il prend les commandes de la forteresse et devient une vraie barrière contre la barbarie hazebrouckoise.

Et le temps passe, pendant que les joueurs sur le terrain ne cessent de faire des miracles, l’équipe clouée sur le banc commente les chutes dantesques de Manu.

Un léger incident coûtera 2 minutes à Céline, et un penalty. Paraît-il qu’elle aurait tenté d’attraper l’ailière hazebrouckoise en plein lancer… Oh non, dirait Guillaume. NOOOOON, cria Antoine. Illustration ci-contre.

Mais l’équipe est forte, soudée, et a su marquer malgré ce léger handicap. Et surtout, ô rage ô désespoir, se diriger vers une contrée jusqu’alors inconnue : une victoire éclatante. Au bout de 59 minutes de jeu, le score est à +5 et Nico harangue les troupes.

Temps mort. Plus qu’une poignée de secondes. Et encore 5 points d’avance. « Rien n’est joué tant que le coup de sifflet final n’est pas donné », « Mais on a gagné »… Toute l’équipe se regarde, effarée. Et si… ? Un cri de guerre fougueux plus tard, le Spartak se replace et Hazebrouck, joueur, tente une ultime combinaison sur coup-franc.

Eh oui chers lecteurs, c’est sur une victoire bien méritée que le Spartak repart glorieux (37 – 32). Ça mérite bien d’être en gras. Mais vous pensez peut-être que l’histoire se termine ainsi ? Que nenni.

L’euphorie, la joie se lisent sur les visages. La photo et joyeuse, un certain Patrick se fait attendre côté Hazebrouck. Dans les vestiaires, les commentaires vont bon train. Vient le temps de la Kro, des retrouvailles et des débriefings. Puis le temps du dîner.

Une petite tambouille typiquement locale, afin de fêter ça dignement ? Que nenni. Un léger coup d’œil sur les horaires du dernier restaurant ouvert d’Hazebrouck, et voilà que tout le monde se rue dans les voitures. Le temps presse !

Et puis, au loin l’enseigne. Certains ont dit « Ah non, plus jamais ! » mais par tous les chemins, on y revient. Dix minutes avant la fermeture, le Spartak débarque, cinglant, ruinant l’espoir des derniers employés du McDonald’s de finir plus tôt, ou du moins sereinement.

Moins de bières qu’à l’accoutumée (mais un peu quand même !) en cette fin de match, mais beaucoup de joie et de gras.

Ce soir, l’équipe du Spartak a rayonné et pour une fois, elle n’a pas donné la victoire, elle l’a arraché des mains des adversaires ! Première ? Mais certainement pas dernière. Sans compter la promesse de P-E de nous faire de bons éclairs pour fêter ça (même s’il est également question d’une pièce-montée en rouge et noir, affaire à suivre).

La suite ? Eh bien on ne sait pas trop, mais on devrait rencontrer Villeneuve d’Ascq 1 dans les prochaines semaines. À très vite !

 

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« Kung Fu Fighting » : épisode 6

Cette chronique est dédicacée à Guillaume, car il nous manque beaucoup et on a hâte de le revoir ! Elle l’est de même aux blessés d’hier et de longue date : vous aussi, on a hâte de vous revoir !

NB : cette chronique pourrait paraître longue, très longue, trop longue (ceci étant une dédicace à Youyou, qui, a priori, n’a pas encore arrêté de lire). Sachez que les cinq derniers paragraphes ne concernent que la « troisième mi-temps », et sont donc dispensables, si vous souhaitez ne connaître que le déroulement du match (ce qui serait dommage, car le Spartak maîtrise bien mieux la troisième mi-temps que les deux premières).

En ce mercredi 30 janvier, c’est directement au Kipstadium de Tourcoing, que les joueurs de l’équipe se retrouvent pour affronter Decathlon. Ceux qui étaient présents hier, lors du match contre Lille 1, racontent par le menu à leurs petits camarades, ce match au score anthologique (56 – 26, on le répète à l’envi, 30 points d’écart !). Les plus anticapitalistes de l’équipe toisent d’un regard mi-suspicieux mi-goguenard ce temple dédié au sport (et au profit). Après avoir traversé nombre de couloirs et de passerelles, l’équipe se retrouve sur le terrain et commence à trottiner. C’est le moment de connaître la composition !

C’est devenu une coutume solidement ancrée : une nouvelle joueuse rejoint nos rangs et dispute son premier match ! La semaine dernière, elle donnait de la voix, dans les tribunes, à La Madeleine. Désormais, c’est du banc et sur le terrain que Céline fera retentir ses éclats de rire ! À ses côtés se mélangent des joueurs présents au match d’hier et d’autres qui font leur grand retour : Romain, Nico, Antoine, Manu, PE, Youyou, Abdel, Max, Vincent, Mat, Justine, Pablo. On notera que ce soir, Max sera le seul portier, Val n’ayant pu être des nôtres.

Allez, c’est parti ! On est motivé, on est souriant, assez confiant, mais surtout, content d’être là ! Un petit cri de guerre avant de commencer ? « Choune qui mouille, bon pour les couilles ! ». On vous rassure immédiatement : ceci n’est pas le nouveau cri du Spartak. Le notre en est encore au stade embryonnaire du « Pour le Spartak, hip hip hip ! ». Non, c’est Decathlon qui donne le ton, d’emblée. On se rassure : a priori, ces derniers montreront déjà plus de « fun » que les austères adversaires de la veille !

Decathlon déclenche le premier tir et Max effectue le premier arrêt d’une trèèèèèèèèèèèès looooooongue série d’arrêts. Disons-le tout net : c’est réellement à Max qu’on doit le cours et l’issue du match. Si Jésus multipliait les pains, et d’ailleurs, « je n’ai jamais vu un homme distribuer autant de pains », Max est ce soir la résurrection moderne du Christ et multiplie les arrêts, pour le salut de l’équipe. Tout de suite derrière, Nico ouvre le score ! Ainsi, LE SPARTAK MÈNE ! Immédiatement après, le Spartak se voit offrir l’occasion d’un second but, puisqu’une contre-attaque se met en place ! Las, Manu tirera au-dessus. Stupéfaction sur le banc. On soupçonne le jeune homme d’avoir raté exprès, afin de pimenter le jeu. Le Spartak, mener de 2 buts dès les premières minutes du match ? C’eût été trop facile !

Max arrête un but (le chroniqueur tient à préciser qu’il a copié-collé cette phrase, afin de réduire l’écriture de cette chronique d’une bonne heure et demie). Lecteurs, suivez-vous attentivement ? Où en est-on dans le score ? Eh bien, toujours à 1 – 0 pour le Spartak (ON MÈNE !). Mais Decathlon finit par s’impatienter et le demi réalise une très belle passe dans son dos, en direction de l’arrière, qui, élancé, trompe la défense et marque : 1 – 1 à la 3e minute. Oui, le Spartak a mené pendant 3 minutes ! Sans doute un record historique, à faire homologuer ! Decathlon enchaîne rapidement sur une contre-attaque. Celle-ci est enterrée par la défense spartakiste, mais malgré cela, ça finit au fond des filets. But marqué par une joueuse, le score bascule : 3 – 1.

Il n’en fallait pas plus pour qu’Antoine se décide à nous offrir une lucarne, dont il a le secret : en toute décontraction, personne ne le voit venir, il déclenche en appui, au poste de demi. 3 – 2, on remonte ! Contrôle-V (c’est-à-dire : Max arrête un but), mais Decathlon récupère la balle ! 4 – 2, à la 5e minute. Manu et Abdel partent en contre-attaque et remettent les pendules à l’heure : 4 – 3 ! Quel score serré ! Cette entame de match est enlevée et haletante ! Surtout, tous les espoirs sont permis et on se prend à rêver de victoire, sur le banc… Max arrête un but, Romain récupère la balle et lance une contre-attaque, que Nico concrétise : 4 – 4, à la 6e minute ! Le Spartak est revenu à ÉGALITÉ ! Le banc exulte ! On regarde le tableau de score, médusé ! Céline s’empresse d’immortaliser l’exploit, en photo ! PE, en pivot, fait la passe à Pablo, qui plonge à l’aile droite, mais le ballon est stoppé. Une nouvelle contre-attaque Spartakiste ! Comme vous le verrez, ce type d’action sera légion, au cours de ce match. En effet, Décathlon, pour notre plus grand bonheur, multipliera non pas les pains et les arrêts, donc, mais les pertes de balle. Ainsi, Romain sert Manu qui trouve les chemins du but ! 4 – 5. Attendez… Attendez… Mais… MAIS LE SPARTAK MÉNE ! Le banc est en feu, le banc s’époumone, le banc n’est que sourires béats et larmes de joie ! « Céline, vite, VITE, prends une photo ! ». On ne lâche plus rien ! Belle défense de Manu !

Chers lecteurs… Si vous êtes désormais des aficionados de ces chroniques, à ce moment, vous devriez être capables de deviner ce qui va suivre… Vous pourriez même l’écrire, à la place du chroniqueur. Faites le test. Essayez d’imaginer, avant de lire la suite. Ça y est ? On résume : le Spartak a réussi à remonter, et même, mène la danse ! Le Spartak domine clairement. Le Spartak a un boulevard pour s’assurer une belle et franche victoire. Le Spartak tient dans sa ferme poigne l’issue du match, qui sera sans conteste en sa faveur. Alors ? Que va faire le Spartak ? Eh bien, tout simplement être lui-même ! Jugez plutôt : Manu, en attaque, s’élance et déclenche… une passe destinée à Antoine, qui alors, l’attendait en suspension dans les airs, au dessus de la zone. Eh oui ! Bien évidemment qu’ils l’ont tenté, non pas au début, ni à la fin, mais à ce moment précis du match : le kung fu ! Ils sont splendides d’insolence ! Mais malheureusement, la physique – sinistrement terre-à-terre – se fiche de la beauté et de la poésie contenues dans ces attitudes crânes. On ne se souvient plus si la passe n’est pas réceptionnée, si le gardien arrête le tir ou si ce dernier n’est pas cadré, l’esprit encore frappé de tant de culot. Peu importe, le but n’est donc pas marqué et la balle est vite remise en jeu, si vite que Decathlon inflige une contre-attaque au Spartak. La joueuse marque et redistribue les cartes du match. D’un 5 – 4 pour le Spartak, on passe à un 6 – 5 pour Decathlon. Du Capitole à la roche Tarpéienne, ainsi, il n’y a qu’un pas, ou qu’un kung fu furieusement esquissé.

Mais Manu ne les laisse pas longtemps jubiler, ces suppôts du grand capital (il se pourrait que le chroniqueur fasse parti des « plus anticapitalistes » susmentionnés), et rétablit la balance : 6 – 6 ! Juste après son action (une prise d’intervalle, rapide, propre, tranchante comme la lame d’un couteau fraîchement aiguisé), la joueuse qui défendait face à lui sort, et s’exclame d’un ton irrité : « Vas-y, il passe partout le mec ! ». Antoine, en défense, intercepte un ballon et fuse en contre, mais c’est arrêté.  Max arrête un but. Max arrête un but x2. « Bel arrêt », souffle, admiratif… l’arbitre ! Oui, même l’arbitre tire son chapeau à Max, plus en forme que jamais, comme vous l’entendrez par la suite ! En attaque, Justine se lance à l’aile droite, mais c’est arrêté. Max, derrière, sauve les meubles en arrêtant la contre-attaque issue du tir manqué. On y retourne ! Sur une passe de Justine, Antoine marque. PE, juste après, n’aura pas cette chance, son tir ayant été dévié. Point score ? Ohlala, ce que vous êtes attachés aux chiffres, au score, à la victoire, à la gagne, à la compèt’ ! Pas très Spartak, cet état d’esprit ! Mais si vous insistez, alors apprenez que Decathlon, désormais, mène de 9 buts à 7. « Arrêt Max avec réussite », lit-on dans le carnet. On ne sait pas si c’est un pléonasme, ou si la réussite de cet arrêt est dû à une parade mirifique. « Et Max qui continue… ». On ne sait pas si les trois points de suspension trahissent un ébahissement ou une lassitude (oui, parce qu’à force, bon, ça devient monotone, non ?). Le Spartak est en attaque et l’arbitre siffle un penalty ! Pablo est désigné et envoie le ballon « dans les mauvais filets », comme le consigne pudiquement le scribe.

À ce moment du match, on ne sait plus trop pourquoi, mais l’écart se creuse. À la faveur des buts valant double, probablement. Quoi qu’il en soit, nous en sommes désormais à 12 – 8 pour Decathlon. Mais c’était sans compter sur Manu, dont la conception du hand s’est affinée en l’espace d’une nuit (voir la chronique précédente) : il marque en arrière droit, puis remarque tout de suite après ! 13 – 10 ! On recolle au score, rien n’est joué ! L’euphorie gagne tous les joueurs, et particulièrement Mat, qui revient en défense, les bras écartés et laissant échapper un long et perçant « whouuuuuu ! » :
« Il a marqué ?, demande alors un des joueurs sur le banc.
– Euh, non » lui répond-on.

À la faveur d’une énième contre-attaque, Romain fonce en direction des buts, il tire, mais sur la transversale ! Sa course était telle qu’il la finit après les buts ! Sauf que derrière les buts de cette grande salle du Kipstadium, on trouve… des filets, qui séparent deux grands terrains concomitants. Romain s’effondre au sol, et tout le monde se précipite autour de lui, craignant la blessure grave. Fort heureusement, Romain se relève, boitillant et souriant, et emprunte fugacement à Jean Lefebvre: « J’ai glissé sur le filet, et je suis tombé sur le cul », expliquera-t-il au banc, partagé entre le soulagement et le rire. 

Decathlon creuse l’écart : 14 – 10. Mais à nouveau, Manu ne laisse pas cette offense impunie. Ni une, ni deux, il intercepte le ballon et remonte jusqu’à l’aile, pour trouver le fond des filets : 14 – 11. « C’est ouf comme il sait bien se déplacer, on ne le voit même pas accélérer », lâche un de ses coéquipiers, sur le banc. Et l’on se réjouit de ce concert de louanges, auquel on assiste, venant de toutes parts, durant ce match. Decathlon ne baisse pas les bras et, sur le banc adverse, on entend s’élever une clameur : « La spéciale ! On fait la spéciale ! ». On n’a pas vraiment su quelle combinaison ce nom énigmatique recouvrait, mais en tout cas, l’ailière marque et le score bondit : 17 – 11. Sauf que nous aussi, au Spartak, on sait faire des combinaisons spéciales ! En l’occurrence, une contre-attaque menée tambour battant par Antoine et Pablo ! 17 – 12 ! Et c’est sur cet écart de 5 points que se conclut la première période.

5 points, ce n’est pas grand-chose. Néanmoins, pendant la mi-temps, regroupé au point de corner, on sent bien une certaine tension, chez certains joueurs. Peut-être est-ce la déception liée aux ratés (c’est vrai qu’on ne s’est pas appesanti sur les diverses pertes de balle, les immanquables manqués, les mauvaises passes, les défenses en passoire spartakistes…).

5 points, ce n’est pas grand-chose… Pour peu qu’on démarre la deuxième période en fanfare ! Mais visiblement, le Spartak n’était pas d’humeur à sortir les cuivres et à accorder ses diapasons. L’entame laborieuse, voire pied-nickeléesque de la deuxième période commence à devenir une inquiétante récurrence… Jugez plutôt :

Déjà, dans le rond central, PE fait sa passe et se dirige vers les 6 mètres, afin de rallier son poste de pivot. Mais il le fait… avant le coup de sifflet ! Trop-plein d’enthousiasme louable ou étourderie présageant des gaffes en série pour l’équipe ? On fait remarquer à Vincent, au poste d’ailier droit, qu’il est… en dehors du terrain ! « Mais je ne vois pas la ligne de touche ! », lance-t-il. PE, en pivot, récupère la balle et opère un rapide volte-face… du mauvais côté, et vient s’emplafonner dans le mur décathlonien. Entre temps, Decathlon marque, mais le Spartak aussi : Romain, en lucarne. D’ailleurs, à la fin du match, l’arbitre, qui n’est donc pas avare en compliments fleuris, lui donnera du : « Dis-donc, t’es un pro des lucarnes, mon salaud ! ». Ainsi, 18 – 13. Et soudain, un improbable imbroglio se noue et se dénoue sous nos yeux. Le scribe n’a pas eu le temps de noter toutes les pertes de balle : qui de Decat’, qui du Spartak, la perd, la reprend, la reperd – dans tous les cas, ce mix entre jonglage et « patate chaude » se termine par un but… de Vincent ! Sur une passe d’Antoine ! Le banc est soufflé ! « Oui, Max, bon ça ! » se propose comme variante de « Max arrête un but ». Antoine contre-attaque et le joueur jouxtant le scribe intime : « Improbable, tu peux le réécrire ». L’improbabilité de l’action résidant dans la position non-usuelle d’Antoine, qui est allé marquer en prenant grand soin de nettoyer une bonne partie du parquet, ajoutant un « ventriglisse » dans cette partie de jeu déjà très axée sur le grand n’importe quoi. Après le mur de La Madeleine, c’est le sol du Kipstadium qu’Antoine étrenne !

PE se fait solide en défense. Max… je vous laisse terminer la phrase. « Facile, il fait ça nonchalamment », laisse échapper un coéquipier admiratif. Mais, visiblement, multiplier les arrêts, et détrôner Thierry Omeyer, ça ne l’amuse pas tant que ça, Max : « Faut les chatouiller un peu ! », tance-t-il. C’est vrai que la défense spartakiste a déjà été plus agressive et moins gruyèresque. Après une interception, on assiste à une jolie montée de balle entre Antoine, PE et Romain. Mais c’est dehors. Decathlon contre-attaque et marque : 19 – 15. « Ce match est bien, parce qu’il n’est pas fou », déclare soudainement Pablo, assis près du banc. Le scribe et le joueur le jouxtant lui lancent un regard légèrement interloqué.

À ce moment du match, le Spartak connaît un passage à vide – encore ? – qui voit l’écart se creuser de 6 points : 21 – 15. Pourtant, « Antoine et PE se font des passes de folie ! », Abdel met fin à une contre-attaque. C’est d’Antoine que vient la délivrance, comme bien souvent : « 16e but Spartak, sur un modèle de prise d’intervalle », lit-on griffonné dans le carnet. Quoique « griffonné » n’est pas le terme juste… Un nouveau scribe entre dans le game et propose visiblement au chroniqueur un petit jeu de déchiffrage ! Décidément, cette deuxième mi-temps n’en finit plus d’être ludique ! Allez, on s’y essaie :

« 17e but, Antoine aux 9 mètres, 25 – 17 ! L’équipe se reprend ! (énergiquement souligné deux fois). Nouvel arrêt de MAX ! Contre-attaque arrêtée → but du Spartak ! 25 – 18. But Décat’ 26 – 18. Superbe attaque placée du Spk… Mais marché ! Princess (nom floqué sur le maillot d’une joueuse de Decathlon) marque ! Elle nous fait la misère (car, en effet, avec ce tir, l’écart est désormais de 10 buts… Rappelons que le Spartak avait ouvert le score… Rappelons que le Spartak avait mené… The Spartak remembers…). But d’Antoine sur le retour ! 28 – 19. Tir de mule de Manu sur le poteau ! (On notera que ce scribe n’est pas vraiment clément envers ses petits camarades de jeu). But de Décat’ sur le centre, 30 – 19 (souligné une fois). But de Nico, 30 – 20. Justine, hargneuse en défense. But de l’aile, 30 – 21. Arrêt de Max, puis nouvel arrêt de Max. Max dans la… TÊTE ! (Et là, on a la plus grosse frayeur du match. Max au sol, étourdi, et déclarant voir tout vert. Prévenants, les joueurs de Decathlon et l’arbitre lui recommandent de prendre son temps, autant de temps qu’il veut. Mais ça, c’est mal connaître ce monstre d’abnégation qu’est Max. Notre portier se relève et repart à l’attaque, non sans lancer de riantes blagues à l’ailier l’ayant headshoté, faisant ainsi montre de sa grande mansuétude). Max se relève, abnégation du CHAMPION ! »

Changement de scribe, à la graphie désormais tout en arrondi. Si l’on peut désormais déchiffrer l’écriture, rien n’indique que l’on pourra en faire de même, quant au sens… Voyez-vous-même :

Ainsi, on apprend que Romain a repris la balle et que « le vol de la colombe ». Le chroniqueur s’engage à demander ultérieurement plus amples explications à ce scribe poète mais hermétique. X2 ET BUUUUUUT ! Défense en place. Arrêt en défense de PE. Et but de Nico sur passe de Manu. Malgré une belle défense de (le prénom « Vincent » est barré, puis celui de Mathieu) l’équipe, but de Decat’ (ici, certains joueurs auront démasqué ce scribe oublieur de prénoms. Surtout Max-Manu). Tentative de but de Princess mais sublime arrêt de Max le Survivant. Belle fixation de Justine en attaque et bel essai d’Antoine. Malgré une belle reprise de Romain, but loupé (le scribe précédent devrait en prendre de la graine, de cette bienveillante redondance de l’adjectif « beau »).

Dernière action ! Croisé Justine-Antoine, passe à Manu à l’aile gauche : Buuuuuuuuut, probablement à 29’59 » ! Score final ? C’est avec fierté qu’on vous annonce un très honorable 33 à 27, pour Decathlon ! On se serre les mains, une fois, deux fois, trois fois, on se congratule, on se sourit et on file prendre la photo, dans les buts !

C’est avec un soupir de soulagement qu’on apprend que Decathlon, contrairement à nos adversaires de la veille, offre le coup à boire. De notre côté, Céline s’était proposée pour remplir cet office. Mission pour laquelle elle reçut force conseils : « pas de la Leffe, ni de la HK », « de la 33 export ! ». Son choix d’experte s’est porté sur des Jenlain ambrées et de la Goudale, tandis que Decathlon nous offrait une dégustation d’une bière brassée par leurs soins, « lors d’une réunion d’équipe ». Les plus anticapitalistes… Agitons un instant le drapeau blanc, et rendons à César ce qui est à César : tout au long du match, les Decathloniens sont venus nous emprunter de la colle, car la leur, une nouvelle formule à l’essai, ne donnait pas satisfaction. Blagueurs, on répliquait à chaque fois qu’ils nous devraient un pot de colle en retour. Taquins, on n’a pas hésité, entre deux gorgées, à réclamer notre dû. Et c’est avec une grande gentillesse qu’on nous a offert non pas un mais quatre pots de colle ! Merci !

Au fil des verres et des discussions, le groupe s’étiole. Des Decathloniens partent, suivis par des Spartakistes. Tous les joueurs désertent. Tous ? Non ! Car une petite bande de Spartakistes résiste encore et toujours à l’envahisseur (l’envahisseur pouvant être vu comme la métaphore de l’ultra libéralisme galopant, par nos lecteurs militants, s’ils le souhaitent). C’est ainsi qu’une joyeuse petite bande se retrouve à refaire le match, à découvrir les (vrais) prénoms de ses coéquipiers pour certain.es (mieux vaut tard que jamais !), à taper discut’ avec les personnes de l’accueil (« Vous bossez jusque quelle heure ? 23 heures ? Mais attendez, on va les mettre dehors, les footeux synthétiques, là ! »), et à prendre des photos rigolotes, détournant de façon salace les outils de communication de Décathlon (la pudeur, à moins que ce ne soit la honte, ou encore la peur de se faire attraper par la cyberpolice nous empêche de dévoiler ici les interprétations licencieuses de certains esprits). « Plaisir – Fairplay – Respect ». Dis-donc… On croirait cette devise tout droit sortie d’une des réunions de bureau mensuelles du Spartak (d’ailleurs, il y en a une en février : venez !) !

On discute, on discute et… les bouteilles de bière se vident, et disparaissent. Toutes ? Non ! Car le fameux « Patron du Bar » (pas piqué des hannetons), oui, celui de la précédente chronique, avait pensé à mettre au point le concept de bar-mobile, remplissant le coffre de sa voiture de bouteille de bières (non, nous ne jetterons pas l’opprobre sur lui en révélant la marque de la bière. Le Spartak, malgré ce qu’il laisse parfois entrevoir, combat toutes les discriminations, et pardonne toutes les maladresses). On sort donc se ravitailler à la source, et on trinque, heureux, sur ce parking, scintillant d’une fine couche de givre, enveloppé par la brume courant sur les terrains de l’Union, dont le passé ouvrier se devine encore, et tente de se maintenir, face à des architectures lui rendant faussement hommage.

« Partager, tester, découvrir, s’équiper ». La devise n’est plus entièrement spartakiste, mais on s’amuse quand même (surtout lorsque les quatre volontaires se retrouvent des cibles bien pratiques, pour un assaut de boules de neige, forcément bien cadrées) et on se fait même subversif, à travers ces gestes courageux et non équivoques. Ça, c’est de l’engagement et du militantisme ! On se chambre gentiment, on rit de la fragilité supposée de Max (quel toupet, ce PE !) et on reparle de ce fameux bar, dont la localisation et le nom n’ont pas encore été révélés… Il semblerait que « des Spartakistes buvant des coups sur un parking désert, à 23 heures, dans le froid, à Tourcoing » soient plus efficaces, percutants, pertinents, « productifs » (pour rester dans l’esprit Decat’), que « des Spartakistes sur un terrain de handball, quel qu’il soit », CAR, sachez-le, le nom est trouvé, et Dieu sait qu’il porte en lui toutes les promesses. Toutes ? Oui !

« Excusez-moi, mais je vais devoir fermer le parking ». On se sourit. Il faudra donc en rester là, pour ce soir. On se salue, on regagne les voitures, on entasse les covoitureurs, on choisit de la « musique régressive », et les halos oranges des lampadaires du périphérique teintent notre retour à Lille.

Quant au bar ? Patience… ! On est en pourparlers avec le Patron, pour vous concocter des soirées dantesques, dont les échos retentiront encore, pour des siècles et des siècles. Prochain match : jeudi 7 février, à Hazebrouck !

« Kung Fu Fighting » : épisode 5

Cette chronique est dédicacée à l’équipe de France de handball, dont on salue le parcours pendant ce Mondial, qu’on remercie pour ces bons moments et qu’on admire pour avoir choisi le camp du Spartak, dont la devise pourrait être : « Une défaite, sinon rien ! »

Dire que l’on appréhendait ce match serait un bien faible euphémisme. L’équipe de Lille 1, on en avait grandement entendu parler. Chaque équipe rencontrée précédemment rendait le même son de cloche : attention à eux, ils sont très forts, et surtout, ils ont plusieurs joueuses, de haute volée. Rappelons ici que les buts inscrits par les filles valent 2 points.

Ce n’est donc pas vraiment débordants d’enthousiasme, que nous arrivons à la patinoire de Bobet. Même les trottoirs, en ce matin enneigé post-alerte orange de la tempête Gabriel, glissent MOINS que le parquet de cette singulière salle.

Malgré moult défections, nous sommes tout de même 15 présents, ce soir-là. Il semblerait que chaque match spartakiste amène son lot de nouveaux joueurs. Ce soir, ce sont donc Abdel, Charlie et Hugo, qui enfilent le maillot pour la première fois. À leurs côtés, fidèles parmi les fidèles, on retrouve Luc, Antoine, Stefan, Bastien, Aurel, Max, PE, Justine, Youyou, Val, Gwen et Manu.

Un échauffement qui va bien, un cri de guerre toujours aussi approximatif et le coup d’envoi résonne ! C’est Lille 1 qui ouvre le score, avec un tir de l’ailière. 2 – 0 dès la 26e seconde de jeu. L’attaque spartakiste qui suit ce but se solde par une perte de balle. Le début d’une longue, très longue, trop longue série… Antoine défend bien, l’ailière lilloise déclenche mais n’atteint pas les cages. Bastien, en attaque, part de l’aile et repique jusqu’au centre, mais le gardien dévie. Abdel trouve PE en pivot et le gardien fait à nouveau des miracles. C’est au bout de 3 minutes de jeu qu’Antoine délivre enfin le Spartak, sur un beau tir en appui, à la hanche, au poste de demi ! 3 – 1. Les Lillois répliquent immédiatement : 4 – 1. « Le buteur a les cheveux longs, comme Antoine », susurre un joueur sur le banc, dont la perspicacité fera des étincelles, tout au long du match, comme vous pourrez vite vous en apercevoir. Afin de conserver l’anonymat de ce joueur, souhaitant le préserver des dangereux feux de la rampe de la célébrité, nous le nommerons ci-après « le Patron du Bar ».

Mais revenons à nos moutons, chaussés de patins à glace. À la faveur d’une contre-attaque féminine, Lille 1 creuse l’écart : 5 – 1, à la 4e minute de jeu. Antoine parvient à réaliser un joli un-contre-un, malgré la difficulté d’ancrer ses appuis dans cette salle (on l’a dit, qu’elle glissait de ouf, la salle ?), mais le gardien arrête le tir. Le Spartak parvient pourtant à récupérer la balle, mais celle-ci finit interceptée par les adversaires. Le Spartak ne se laisse pas faire et les Rouges et Noirs « renvoient la balle » aux Lillois, puisqu’ils interceptent également le ballon et démarrent une contre-attaque, qu’Antoine finalise : 5 – 2, à la 5e minute ! Bastien brille en défense, et se montre « ultime », face à son ailière. Stefan, en attaque, s’élance à l’aile gauche, mais la balle est arrêtée.

En attaque, Lille 1 continue de faire pleuvoir les tirs dans le but. Or, un tir arrive malencontreusement sur le poteau ! Analyse du Patron du Bar : « Val couvre si bien la cage que l’attaquant n’a d’autre choix que de viser le poteau ! ». Quelques secondes après cette sentence, Lille concrétise un but. « Ah, mais ça ne marche pas à tous les coups ». On vous avez promis de la perspicacité !

Antoine ressort sa botte secrète, déclenche en appui et envoie une praline (rouge) au fond des cages : 7 – 3 ! Certes, Lille marque entre temps, mais Antoine remet le couvert ! Sur le carnet, on distingue un cœur amoureusement tracé à côté du score : 8 – 4 ! PE nous gratifie d’une très belle défense. Puis… Puis, dans le carnet, à ce moment du match, n’apparaît plus que le score. Pourquoi n’y a-t-il plus de descriptions des actions ? Jugez par vous-même : 10 – 4, 12 – 4, 13 – 4, 15 – 4. De-ci, de-là, parfois, quelques mots émergent, dans ce déluge de chiffres : « combinaison Antoine-Youyou en pivot, mais arrêt », « Manu, très beau geste à l’aile gauche, mais dehors ». On repart dans la valse des chiffres : 17 – 4, 18 – 4, 19 – 4. « Interception du Spartak sur une contre-attaque. Attaque placée. N’aboutit pas ».

Heureusement, à ce moment du match, le carnet change de main, et le nouveau scribe semble davantage verser dans les mots que dans les nombres. Ainsi, laissons de côté le score, et concentrons-nous sur les actions. Car, en même temps, chers lectrices et lecteurs, il ne vous aura pas échappé qu’a priori… le match est plié.

C’est parti ! Nous apprenons donc que Youyou est pris en sandwich. Puis, le Spartak offre un péno à Lille, sur défense en zone. Manu frappe, mais à côté (ce qui est une drôle de conception du handball, tout de même). Lille marque à l’aile. Mais soudain ! SOUDAIN ! Soudain, PE se fait sauveur, PE trois fois saint, délivre le Spartak du dragon lillois ! PE travaille tant et si bien qu’il arrache un penalty ! Le Spartak, bloqué à 4 buts depuis bien trop longtemps, va enfin relancer la machine, grâce à ce péno immanquable ! Le penalty échoit à PE. Et là… Et là, on assiste avec une joie inextricable à un geste totalement spartakiste ! PE commence par une feinte de tir, puis tente le lob ! Un demi-centième de millimètre, c’est ce qu’il a manqué au ballon pour rouler au fond des filets. Et tant pis si le score ne décolle pas ! C’est cette prise de risque permanente, cette rodomontade qu’on aime, au Spartak ! Merci PE !

On continue : « Frappe de Manu, mais bel arrêt ». « Encore PE ! 23 – 6 » lit-on dans le carnet. Ainsi, PE s’est bel et bien fait le sauveur de l’équipe ! Arrêt de Max, un de nos deux super-gardiens ! « Youyou HS, clé de bras d’un adversaire ». Une première blessure qui sera suivie de celle de Gwen, et qui occasionnera un trafic de bombe de froid et de baume du tigre, sur le banc. Les doigts de Gwen ont morflé et ce dernier n’a d’autre choix que de quitter la partie. Youyou, on vous rassure, reviendra en découdre, en deuxième période.

Stefan s’élance alors à l’aile gauche et… c’est le but ! Alors que l’angle était improbable ! Stefan marque et, selon le scribe, ceci est le « début de la remontada » ! Et de fait, l’oracle du scribe n’est pas démenti : Stefan et PE se combinent et offrent au Spartak son 7e but ! Et que lit-on, après ? « Encore Stef à l’aile : 25 – 8 » ! Puis, vient le tour de « Manu ! » : 25 – 9 ! « Abdel marque, mais en zone », avant de conclure une belle contre-attaque ! » : 27 – 10. « Manu tout seul : 27-11 » !

C’est donc sur cette très belle et pugnace percée spartakiste que se clôt cette première période (31 – 12). Mais alors, que nous réserve la deuxième mi-temps ?! Un bouleversement total ? Un renversement titanesque ? Un chavirement cyclopéen ? N’en jetez plus, et découvrons-le immédiatement !

Antoine, en demi, fait la passe au pivot, qui avait alors oublié d’enlever ses moufles (on a déjà filé la métaphore du froid et de la glace, pour parler de cette salle ?). Heureusement, Antoine récupère la balle et marque ! Plus tard, Lille 1 part en contre-attaque. Stefan, visiblement plein de bonne volonté, essaie d’y mettre un terme et décide alors de… ceinturer l’adversaire, de façon étonnement ostentatoire ! De mémoire, jamais ce type de ceinturage ne fut pratiqué, sur des terrains de hand, ce type d’enlacement complet et total ayant, a priori, davantage lieu entre des personnes consentantes, et à l’abri des regards indiscrets… À notre grande stupéfaction, l’arbitre ne siffle qu’un jet franc. Moqueur, le banc conspue gentiment Stefan, lui conseillant même de sortir 2 minutes de lui-même ! Mais Stefan s’en sort avec un sourire et des excuses, et le match reprend.

33 – 13, 35 – 14, 36 – 14. Ça, c’était le petit point score. Revenons aux exploits de nos héros tragi-comiques. Bastien effectue plus ou moins un passage en force sur son ailière et expédie la joueuse sur le banc. Ce sera la première blessure que Bastien-le-Bourreau occasionne, première d’une longue, très longue, (jamais) trop longue série… Bon, ce n’est pas le tout, mais alors, cette histoire d’oracle, de remontada, de grand soir et de lendemains qui chantent ? Ça en est où ? Parcourons le carnet :

« Val arrête un but, et Luc marque derrière ! PE, énorme  en arrière droit ! Antoine passe au pivot, qui arrache un penalty, qu’Hugo concrétise ! WAHOOOO Val, arrêt du pied droit, sur une contre-attaque ! Val arrête un deuxième but, à la suite ! PE est inarrêtable ! Manu à l’aile droit ! Hugo en pivot ! Manu aux 9 mètres, lucarne tranquilou ! Baume du tigre en force ! Reste 5 pages, va falloir penser à changer de carnet. »

Vous noterez nos scrupules et autres soucis d’honnêteté intellectuelle et de transparence. Tout ce qui a été consigné dans le carnet sera retranscrit ici. Tout. Alles (dédicace à tous les « allemand LV1 » et aux traducteurs germanophiles). Mais on s’égare ! Alors, on repend.

Il reste 10 minutes de jeu. Le score s’apparente à quelque chose comme 47 – 23 : « Objectif : 10 buts de Justine en 10 minutes ». Lorsqu’elle entendra cela, même si elle sait que c’est une blague, Justine ne pourra réprimer un mouvement d’humeur, et fulminera intérieurement : « Je ne veux pas être utilisée, je veux être une joueuse à part entière, exactement comme vous, cette histoire de buts valant double commençant à me taper sur les nerfs ». Car, oui, le chroniqueur, omniscient, a accès à l’intériorité des personnages, plébiscitant ainsi les grandes fresques romanesques du XIXe, au détriment des enseignements du Nouveau Roman, et de tout ce que le roman a pu, par la suite, connaître de trouble, dans son genre. Mais… On s’égare, non ?

« Nettoyage de la lucarne pour les Bleus » (les Bleus étant les Lillois). « Petite annonce : vends petits travaux pas chers, appelez Manu » (le Spartak n’est jamais avare de bons plans, solidaires et populaires, même les plus saugrenus). « Tentative de volley de Youyou » (le Spartak défend tous les sports). « Passe acrobatique d’Aurel, beau mais raté » (le Spartak pardonne tout, même les auto-passes foireuses). « Allez, pas 60 ! », car, oui, les Lillois sont déjà à… 54 buts ! « MAIS OUI YOUYOU ! » Youyou, qui marque au poste de pivot, sur une belle passe d’Antoine ! « Arrêt Max, sur ailière ! ». « Depuis que Charlie a enlevé ses lunettes, il marque », glisse un certain B.N. « Youyou gueule un coup. Un deuxième coup ». « Aurel, pour Antoine ! »

Les minutes défilent… Un peu trop calmement, au goût de certains spartakistes, qui observeront, chez leurs adversaires lillois, un grand sérieux. Grand sérieux que d’aucuns oseront requalifier d’un « manque de fun ». On se prend à regretter les ambiances des matches précédents, plus bruyants, plus foutraques, plus joyeux, plus… D’autant qu’on se questionne : avec un match rondement plié dès le premier quart d’heure, avec un tel écart de buts, pourquoi alors garder une telle rigueur et se soustraire à toute fantaisie ? Des questions qui resteront sans réponse, puisque le coup de sifflet final met un terme au supplice spartakiste.

Un score tout rond, facile à retenir. Le saviez-vous ? 30 est « le nombre de pièces d’argent pour lesquelles Judas trahit Jésus, ainsi que l’année supposée de la crucifixion de Jésus ». 30, c’est aussi « l’indicatif téléphonique international en Grèce ». Ou encore « la magnitude apparente des objets astronomiques les plus faibles observables par le télescope spatial Hubble » (source : Wiki). 30, c’est aussi, par exemple, l’âge de votre chroniqueur, pour quelques mois encore du moins. Et donc, 30, c’est l’écart de buts, entre Lille 1 et le Spartak. Oui, le match se clôt sur un 56 – 26. Beaux joueurs, les Spartakistes rejoignent les Bleus dans les buts, pour la traditionnelle photo inter-équipes.

On ne s’attardera pas longtemps dans ce temple du hockey sur glace (au passage, on aurait bien eu envie d’enlever les gants, à deux ou trois reprises, pendant le match…), les coups à boire offerts ne devant pas être la coutume locale des autochtones. Qu’à cela ne tienne (ou « castagnettes », comme disaient deux grands humoristes des années 90-2000. À celui ou celle qui trouve la référence, le chroniqueur promet une récompense inégalable), qu’à cela ne tienne, donc, une petite frange de l’équipe se dirige vers un lieu assidûment fréquenté depuis peu. Il s’agira de garder l’adresse secrète, pour l’instant, ainsi que le nom, et ce, afin que le Patron du Bar ait le temps de faire le ménage et de trouver le nom idoine. On se quitte donc avec des parts de pizza turque et des verres de Cerdon, et on se dit… Mais ! A tout de suite ! A l’instar de leurs idoles du Mondial, les Spartakistes enchaînent deux matches, deux jours de suite ! Et à l’heure où nous écrivons ces lignes, ce mercredi soir, la joyeuse bande spartakiste est au Kipstadium de Tourcoing pour y affronter l’équipe de Decathlon. Stay tuned!

« Kung Fu Fighting » : épisode 4

Cette chronique est placée sous l’égide de Rabelais, à qui on emprunte cet avertissement aux lecteurs, à peine pastiché, et qu’on croirait avoir été écrit pour tout récit spartakiste.

Amis lecteurs, qui lisez cette chronique,
Dépouillez-vous de toute passion
Et, en la lisant, ne soyez pas scandalisés.
Elle ne contient ni mal ni corruption;
Il est vrai qu’ici vous ne trouverez
Guère de perfection, sauf si on se met à rire;
Autre sujet mon cœur ne peut choisir
À la vue du chagrin qui vous mine et consume.
Il vaut mieux traiter du rire que des larmes,
Parce que rire est le propre de l’homme.

C’est littéralement congelée, après avoir bravé la neige et le verglas, que l’équipe de hand du Spartak lillois retourne à la salle du Romarin, deux semaines après sa défaite contre l’équipe 2.

L’échauffement mené par Antoine nous désengourdit bien vite, ainsi que la grande envie de se frotter à l’équipe 1. D’autant qu’en ce jeudi 24 janvier 2019, nous sommes à la veille de la demi-finale de la Coupe du monde de hand, où l’on pressent que l’équipe de France est en passe d’écraser le Danemark ! Enjouée par cette perspective de triomphe mondial, l’équipe prend place sur le terrain, à quelques secondes du coup d’envoi. Passage en revue des troupes présentes ce soir-là :

Tout d’abord, on note la présence d’une supportrice ! Céline, fidèle des créneaux du dimanche, est venue donner de la voix, et on entendra ses chaleureux encouragements tout au long du match. La prochaine fois, on l’a prévenue, ce n’est pas des gradins, mais sur le terrain et avec le maillot de l’équipe, qu’elle participera à l’effort de guerre !

Ensuite, on a pu souhaiter un très joyeux anniversaire à Mat, qui nous a fait l’honneur de venir célébrer ses 35 ans avec nous, sur le terrain ! Si ce n’est pas du dévouement et de l’abnégation spartakistes, ça… !

Enfin, ce sont à nouveau pas moins de trois joueurs qui ont disputé leur premier match, en rouge et noir : Luc, Nico et Sam, fraîches et réjouissantes recrues !

Malheureusement, Maëlle et Guillaume n’ont pas pu être des nôtres, ce soir. Néanmoins, le banc est à nouveau fourni et l’on y distingue les carrures de PE, Aurel, Youyou, Antoine, Bastien, Gwen, Max, Val, Justine, Stefan et Manu.

Ce sont donc 15 spartakistes surmotivés qui se lancent à l’assaut des madeleines vertes fluo (singulier choix de couleurs de maillots, si l’on peut se permettre, au passage !).

La Madeleine déclenche le premier tir et… Val l’arrête ! Val is on fire! Val est déjà à 100 % de réussite ! Cet état de grâce durera-t-il tout au long du match ?

Nonobstant cette entame pleine de promesses, les débuts sont un peu laborieux, du côté des deux équipes… Antoine se lance à l’aile gauche, mais c’est dévié. La Madeleine perd la balle, sur un croisé. Sam tente un tir de l’arrière, aux 9 mètres, et c’est à nouveau stoppé par le gardien. C’est finalement La Madeleine qui ouvre le bal, avec un tir de leur demi. Ce demi se trouvant être une fille, le but vaut deux points. Enhardie par cette réussite, La Madeleine enfonce le clou, avec un but de leur ailier : 3 – 0 pour les verts fluo (on ne s’en lasse pas).

À l’aile, Bastien trouve l’intervalle et s’y engouffre. Faute ! Ça siffle ! On aurait préféré un penalty, mais on n’en veut pas à l’arbitre, qu’on remercie d’ailleurs de faire le job, qui plus est seul. C’est donc un coup franc… transformé par Antoine ! Premier but du Spartak, le Spartak remonte ! 3 – 1 ! Ce même Antoine, qui, quelque temps après, fait le choix d’un magnifique tir croisé, en appui : la balle se dirige tout droit vers la lucarne et… ce gardien commence à devenir énervant !

Ainsi, aidée par un gardien en grande forme, La Madeleine redouble d’efforts et commence à méchamment creuser l’écart : 4 – 1, 5 – 1 sur contre-attaque… Sur le banc, on devient fébrile et on trompe l’angoisse naissante en haranguant les joueurs : « Allez les gars ! On continue ! ». Il faut croire que ça paie, puisqu’Antoine et Sam, sur un croisé, relancent la machine : 6 – 2 ! Machine que l’on n’arrête plus : Sam déclenche en suspension aux 9 mètres et offre son 3e but au Spartak ! C’est bon, on n’est plus qu’à -2… Mais à peine a-t-on le temps de respirer à nouveau que La Madeleine grappille deux points supplémentaires, grâce à leur ailière gauche.

Qu’à cela ne tienne, nous aussi, on sort l’artillerie ! PE, en pivot, arrache un joli penalty, qui nous remet à flot : 7 – 4. Notre pivot se montre également solide en défense. Défense de fer, comme l’atteste Luc, qui enterre une contre-attaque verte. Soudain, Stefan s’élance de l’aile gauche, plonge… et marque ! Un très joli but, qui sera gratifié d’une savoureuse danse de la célébration ! Stefan nous cacherait-il des talents de danseur, et d’onduleur du bassin ? Ce mystère sera peut-être levé dans une prochaine chronique…

Et les gardiens spartakistes, dans tout ça ? Vous vous souvenez des 100 % de réussite de Val au bout d’un tir ? Forcément, ce n’est plus la même histoire, en reparle en deuxième période. Pour l’instant, place à Max, qui nous livre une parade dont il a le secret. Ni une, ni deux, il relance à Antoine, parti comme une fusée vers les cages madeleinoises, dont les filets tremblent : c’est le but ! Après la danse de célébration de Stefan, on a droit à la technique ninja d’Antoine ! Sa course est tellement rapide et déterminée qu’elle se termine dans le mur ! Antoine esquive habilement le crash en imprimant la trace de sa semelle dans le mur et récolte les approbations admiratives du banc spartakiste.

Et le score, me direz-vous ? Où en sommes-nous ? Toutes ces belles actions concourent-elles à mener le Spartak sur le chemin de la victoire ? « 9 – 6, pour La Madeleine », voit-on écrit dans le carnet. Ainsi que, juste en-dessous, cette sentence sibylline : « Youyou relou sur le banc ». La conscience professionnelle ainsi que morale du chroniqueur est alors ébranlée : doit-il rapporter cette notule ? Le chroniqueur évacue bien vite ce dilemme, grâce à une sorte de prétérition bien commode.

On entre dans les 15 dernières minutes de jeu. 10 – 6, 10 – 7, le score ne cesse de jouer les accordéons, se resserrant, se distendant, faisant grincer nos nerfs, tout comme cette transversale de Manu. On lit, dans le carnet, « une belle défense de Gwen ». On lit, dans le carnet, « C’est une bonne situation, scribe ? » À ce moment, le chroniqueur se rend compte qu’il devra, à l’avenir, choisir avec beaucoup plus de soin la personne à qui il confiera son carnet, lorsqu’il rentrera sur le terrain. On lit, dans le carnet, immédiatement après cette référence de cinéphile, « belle défense de Ju ». Finalement, le chroniqueur décide de porter un regard attendri, sur les petits plaisantins qui émaillent le carnet d’annotations drolatiques.

L’accordéon susnommé, tout d’un coup, expire, comme le disait jadis Jacques Brel dans le port d’Amsterdam, et c’est désormais la marche funèbre qui résonne à grands coups d’orgue lugubre et de buts retentissants : une joueuse madeleinoise marque, suivie par ses coéquipiers, le score s’envole : 15 – 8 ! Et c’est à ce point de bascule critique du match qu’Antoine et Nico en profitent pour tenter, à la faveur d’une contre-attaque, un… KUNG FU ! Oui, vous avez bien lu, avec un écart de 7 buts, et lors d’une action qui nous assurait forcément un point supplémentaire, les deux joueurs font preuve d’audace, de panache, de forfanterie et de tout autre synonyme désignant une attitude qui laisse le banc pantois, partagé entre la sidération et l’émerveillement. Quel culot ! Quel esprit Spartak ! Avoir l’effronterie de tenter le beau geste plutôt que de sacrifier à une froide et mesquine logique arithmétique… Bravo, les garçons ! On en redemande !

Une combinaison entre Antoine et PE ainsi qu’un penalty permettront au Spartak de terminer cette première période sur un score de 16 à 11. Rien n’est joué. Sur le banc, on échange les bouteilles d’eau et les sourires. On est quand même fier de nous !

« APÉROOOOOOOOOO ». Le cri de guerre de La Madeleine – dont on est complètement fan – retentit et annonce le coup d’envoi de la deuxième mi-temps. À la hâte, le Spartak se bricole un cri de guerre, « à l’image de l’équipe », laissera échapper un fin observateur : maladroit, hésitant, mais non dénué d’une certaine ferveur.

C’est le Spartak qui réalise la première attaque. Manu se lance des 9 mètres, mais ça n’aboutit pas. La Madeleine réplique et Val arrête le but ! Le Spartak repart en attaque, et cette fois, c’est Aurel, qui déclenche aux 9 mètres, en arrière droit. La balle ne rentre toujours pas, et le Spartak revient en défense. Deuxième arrêt de Val ! 2/2 ! 100 % de réussite ! Jusqu’où ira-t-il ? Sur une belle passe de Sam, PE maque en pivot ! Nouvelle attaque des verts fluo, et… troisième arrêt consécutif de Val ! Encore un, et on reçoit un coup de fil de Dider Dinart ! On entend le banc réclamer le « 4 à la suite »…

Luc se lance à l’aile droite, mais le succès n’est pas au rendez-vous. Stefan, peu de temps après, l’imite, et se lance, lui, de l’aile gauche : joli tir, à qui il manque quelques centimètres. Le ballon rencontre le deuxième poteau et se retrouve projeté en direction du centre. Il fallait bien sûr compter sur notre PE national, qui se rue sur la balle et l’expulse derechef au fond des filets ! Entre les arrêts de Val et les buts de nos joueurs, on a du mal à y croire, en baissant les yeux sur le score : 16 – 13 ! On n’est plus qu’à -3 ! On est aux portes de la victoire ! On est sur le seuil du triomphe ! Les trompettes de la Renommée échauffent nos esprits fiévreux !

Au comble de la joie, on aperçoit soudain PE sonner le glas d’une contre-attaque madeleinoise, en interceptant une passe. PE s’empresse alors de lancer notre propre contre-attaque. Manu, à qui le ballon avait échu, s’élance hardiment de l’aile droite. Hardiment, en effet, car l’angle semble trop fortement fermé et le but, quasi inaccessible. C’est alors que Manu déclenche non pas un tir, mais une passe : il ne lui avait pas échappé que Sam s’était placé de l’autre côté, à l’aile gauche. La passe est parfaite, tout comme sa réception, et le tout finit en apothéose, au fond des filets. Du Olive et Tom version hand. Les cris de joie font trembler le banc ! Par la suite, Manu croise pour Sam, et, décidément, cette combinaison fonctionne !

À ce stade du récit, a priori, il ne fait plus aucun doute, pour le lecteur, que l’issue du match est en passe d’asseoir les Spartakistes sur le toit du monde du handball. Sauf que… Si le lecteur est un adepte de la geste spartakiste, qu’elle soit handballesque ou footballesque, il n’est alors pas sans connaître la piquante particularité de ces équipes, à savoir leur propension à une joyeuse débâcle ! Car, oui, malgré les sublimes actions décrites précédemment, le Spartak, qui avait réussi à réduire l’écart à -3, retombe assez rapidement à -6… Et c’est reparti pour un tour !

La Madeleine, donc, contre-attaque et marque. Le Spartak se fait maladroit en offrant un penalty à ses adversaires et en écopant d’un carton jaune. L’ailier droit de La Madeleine est fulgurant de rapidité et de précision, et bon nombre de contre-attaques sont de son fait. La demi marque à nouveau, propulsant son équipe à 24 points, contre 17 pour les Spartakistes.

Ce qui n’empêche pas Antoine de délivrer un magnifique un contre un, qui prend son défenseur à contrepied et qui lui permet de juguler l’hémorragie spartakiste. Val fait un bel arrêt, des pieds. Bastien trouve, lui aussi, les chemins des buts. Nico imite Antoine, remporte son un-contre-un et marque. Val arrête encore un but ! « Arrêt Val », mais… Quel homme ! « Arrêt Max », mais… Quels hommes ! Ce duo de gardiens nous épate, de match en match !

Sam marque à nouveau, « et c’est son premier match », peut-on lire, consigné – avec admiration – dans le carnet. « PE EN FORCE ! PE HOMME DU MATCH ». Visiblement, l’admiration tourne à la frénésie, et c’est désormais en majuscules que seront rapportés les exploits de nos héros. En majuscule, et en traits d’esprit, puisque les petits plaisantins ont repris les commandes du carnet. Lisez plutôt : « PE HOMME DU MATCH ! Au four et au moulin, dixit Nico », ce qui constitue une très bonne blague, quand on sait que l’activité professionnelle de PE l’amène régulièrement à tâter de l’éclair au chocolat et autres religieuses charnues et goûtues.

Il ne reste alors que dix minutes de jeu. La fatigue, le manque de lucidité et la fébrilité se traduisent par un relâchement du langage, couplé à une prise de notes en roue libre. Nous demandons aux lecteurs de bien vouloir nous pardonner. C’est donc ainsi que s’égrainent les dernières minutes du match : sans transition, on enchaîne sur un « PUTAIN DE RELANCE DE MAX POUR ANTOINE ! 26 – 21 », « Vol plané de Manu le dauphin ! », « PE encore dans ses œuvres ! », « Péno pour Antoine, feinte de daron ! », « Manu ! Encore un homme du match ! », « Fin sur un arrêt ! ». Mais, quel dénouement de match cache cette débauche de phrases exclamatives, devez-vous vous demander ?

Courageux lecteurs, courageuses lectrices, qui avez su arriver jusqu’ici, que votre patience et votre bienveillance soient récompensées, et découvrez sans plus attendre le score final : le Spartak – l’aviez-vous pronostiqué ? – s’incline avec un total de 26 buts face à La Madeleine triomphante, du haut des ses 31 buts. Bravo à cette très belle équipe, qu’on s’empresse d’entraîner dans les buts, afin de faire de jolies et fraternelles photos. Qu’on s’empresse de retrouver, une fois sortis des vestiaires, afin de trinquer dans l’allégresse. Cette fois-ci, le Spartak avait prévu le coup. Ou plutôt, des Spartakistes, faisant fi de toute concertation, avaient généreusement prévu les coups, et ce ne sont pas moins de trois voire quatre (ou cinq ?) packs de (vraies) bières, qui se virent bientôt éventrés, lors de cet après-match jubilatoire.

À nouveau, merci à La Madeleine, à ses joueurs sympathiques, à Thierry ! À très vite, nous l’espérons, et bonne continuation à ces sémillantes équipes !

Entre le Mondial et les DEUX matches qui attendent le Spartak cette semaine (dès ce mardi 29 et demain, mercredi 30), ainsi que le tournoi multisport « Back to School » de ce dimanche 27 janvier, le handball n’en finit plus de nous faire tourner la tête, pour notre plus grand ravissement !

« Kung Fu Fighting » : épisode 3

4e match – La Madeleine – Jeudi 10 janvier

Cette chronique est dédicacée aux membres de l’équipe n’ayant pu être présents car occupés, exilés, blessés. Une énorme, giga, méga, supra grande pensée pour Mo, à qui on souhaite le meilleur et le plus prompt des rétablissements, et qu’on espère revoir le plus vite possible.

À peine de le temps de se faire la bise et de se souhaiter la bonne année, que l’équipe de hand du Spartak lillois est déjà dans les starting blocks ! L’année 2019 devait commencer fort, avec deux matches cette semaine. Mais après le report du match du mardi 8 janvier, contre Lille, les Spartakistes retrouvent donc la grande salle du Romarin, sous le crachin et dans l’adversité climatique, mais avec plaisir. Oui, avec plaisir, car cette salle est indissociablement liée aux souvenirs du tout premier match – amical – de l’équipe !

L’accueil de Thierry, le coach de l’équipe adverse, est toujours aussi chaleureux, on reconnaît quelques visages, croisés lors du précédent match, on commence rapidement l’échauffement, de nos muscles endormis et de nos corps frigorifiés en ces temps hivernaux et pluvieux. Jetons un œil à l’équipe…

Ce ne sont pas moins de 13 joueuses et joueurs, qui font des montées de genoux et des pas chassés. On retrouve les indéboulonnables (Gwen, Pablo, Justine, Maëlle, Guillaume, Ilyasse, PE, Antoine, Max, Val) – à celles et ceux qui se poseraient la question : il suffit d’une fois, pour devenir un membre à part entière de l’équipe, qui ne forme alors plus qu’un tout, et se fait une et indivisible – et on accueille trois petits « nouveaux », du moins, trois joueurs qui disputent leur premier match, sous les couleurs du maillot ! Stéphane, qui a enfin pu être disponible, Tibo, transfuge de club, à qui on doit le bonheur de participer à ce championnat (encore merci !), et Manu, fraîchement et providentiellement débarqué au Spartak !

On échauffe donc nos deux gardiens, puisque Max a su revenir de blessure, et que Val a su revenir après sa 1e expérience, qui, visiblement, a été concluante ! L’arbitre, fidèle au poste et que nous remercions encore pour ça, siffle et les joueurs se placent sur le terrain.

Après le coup d’envoi et des encouragements mutuels, La Madeleine déclenche le premier tir. Mais l’arrière bute sur la transversale et la balle revient sur le terrain, ce qui permet à Antoine de partir en contre-attaque et d’ouvrir le score ! 1 – 0 à la première minute ! Cette ouverture de score par le Spartak serait-elle de bon augure ?

La Madeleine égalise rapidement, mais c’est à nouveau Antoine qui trouve le chemin du but adverse, en demi et en appui, aux 9 mètres, sur un tir croisé. Après cette égalité serrée, c’est La Madeleine qui tire son épingle du jeu, grâce aux points supplémentaires que leur apporte le but de leur ailière. En effet, en championnat loisir, les buts marqués par des filles valent double. Tous les buts ? C’est ce que nous verrons par la suite…

Le Spartak, nous l’avons dit, a donc ouvert le score sur une contre-attaque. Ce genre d’action va se multiplier tout au long du match, chez les deux équipes, à la faveur de pertes de balles et de relances adroites des gardiens. Illustration : le Spartak défend – solidement – et Antoine récupère la balle. Il s’élance et fait la passe à Ilyasse, qui était parti avec lui, et fonçait vers le but. La montée de balle opérée par ces deux joueurs fonctionne, Ilyasse refait la passe à Antoine, qui trompe son défenseur en revenant dans l’axe central, et marque !

La première mi-temps, d’ailleurs, nous en met plein les yeux ! Non contents de défaire une contre-attaque venant de La Madeleine, proprement et sans faute, le Spartak s’arroge le droit de venir marquer, juste après ! En demi, Manu lance Tibo, dont le tir puissant, déclenché en suspension, aux 9 mètres, finit au fond des buts. PE, en pivot, travaille tant et si bien, qu’il arrache un penalty, concrétisé par Tibo. Un peu plus tard, Ilyasse, en pivot, passe subtilement dans le dos de sa défense, et glisse subrepticement vers l’aile, ce qui n’aura pas échappé à Manu, dont l’apparente nonchalance et la feinte parfaite dupe tout le monde : Ilyasse récupère la balle, tire, et marque ! Par la suite, Manu en demi amorce une espagnole vers Pablo, et cette jolie combinaison sera à nouveau gagnante ! Autres jolis gestes pêle-mêle : une belle défense de Maëlle, et des tirs à 9 mètres inspirés, mais arrêtés, des tentatives audacieuses de Stéphane, mises à mal par la zone ou par le gardien.

La défense spartakiste est solide, les gardiens, qui se relaient dans les cages, multiplient les parades. Au milieu de cette première mi-temps, La Madeleine accuse un premier, puis un deuxième 2 minutes ! Nos adversaires ne sont plus que 4, sur le terrain ! Ce qui ne les empêche pas de venir arracher un penalty et un 2 minutes : les deux équipes s’affrontent alors à 4 contre 5, pendant un cours laps de temps.

Un nouveau penalty est octroyé aux Spartakistes. Ces derniers invitent donc Justine à tirer. Cette dernière, fébrile, déclenche un tir maladroit, qui terminera en dehors des buts. Mais, sans rancune et magnanime, l’équipe lui offrira un deuxième penalty, qui filera au fond du filet sur un tir croisé. C’est ainsi que nous découvrons que les buts marqués sur penalty par les filles ne valent pas 2 mais 1 point, ce qui, somme toute, est logique.

Cette première mi-temps file à tout allure, et s’il est à déplorer des pertes de balle, ce qu’on retiendra surtout, c’est qu’à un moment donné, Antoine égalise ! 12 – 12 ! Et mieux, Antoine et Tibo, lancés en contre-attaque, offrent au Spartak de mener au score ! 13 – 12 ! La fièvre provoquée par cette avance est de courte durée car La Madeleine égalise, juste derrière. N’empêche ! Le Spartak a mené, pendant ce match !

La première période se clôt sur une courte avance de La Madeleine. Dans les vestiaires, on évoque les solutions (être davantage en mouvement et lancé, être attentif aux pertes de balle…) et on soupire d’aise, satisfait de cette agréable entame de match.

L’arbitre siffle le début de la deuxième mi-temps et… le glas de l’équipe. Que s’est-il passé ? Plusieurs jours après, la question reste toujours irrésolue. Un manque de lucidité, une panique, une précipitation, une gaucherie s’emparent de l’équipe et La Madeleine profite de ce flottement pour s’engouffrer dans la brèche et creuser l’écart, notamment grâce à leur rouleau compresseur de demi.

Passé la stupeur et l’asphyxie, l’équipe se ressaisit, mais il sera trop tard, pour rattraper le retard. Nonobstant la prise en individuel de Manu sur le demi adversaire, malgré les arrêts de Val et de Max, malgré la hargne d’Antoine (« But Antoine. Quel homme ! », peut-on lire, consigné dans le carnet), le très joli but de Stéphane à l’aile gauche, le penalty de Pablo, la belle combinaison de Justine, au point de corner qui donne à Antoine qui donne à Guillaume qui redonne à Antoine qui marque à l’aile, en dépit des « Antoine », « Tibo ! », « Manuuuuuu ! » griffonnés dans le carnet à côté de l’évolution du score (30 – 25, 31 – 26, 31 – 27), à quelques points de coudoyer nos adversaires… L’arbitre siffle. C’est donc sur le score de 32 – 27 que s’incline le Spartak, qui offre sa première victoire à cette belle équipe de La Madeleine.

On se congratule, on se sourit, on se remercie, on amplifie notre collection de photos inter-équipes. On se voit même offrir le coup à boire et… des chips ! On discute, on sourit à nouveau… Car, oui, malgré la défaite, malgré la déception liée à la sensation d’être passé pas loin de la première victoire spartakiste, on reste heureux. Heureux de ce match, de notre réjouissante équipe, de la rencontre avec les sympathiques joueurs, entraîneur, arbitre de La Madeleine, de cette reprise pleine de promesses.

On se quitte… en se disant « à très vite » ! Car, au Romarin, on y revient très prochainement : le 24 janvier, c’est l’autre équipe de La Madeleine, plus expérimentée, qui nous montrera de quel bois elle se chauffe ! Et on a hâte de se brûler les doigts… !

On termine en plaçant ce mois de janvier sous l’égide de nos dieux ultimes : après les filles, on croise les doigts pour les garçons de l’équipe de France de handball, qui a démarré le championnat du monde en Allemagne et au Danemark par deux victoires contre le Brésil et la Serbie, en attendant la suite (Corée ce lundi soir, Allemagne demain, Russie jeudi). En espérant que cela nous inspire, dans les jours et les matches à venir !

« Kung Fu Fighting » : épisode 2

2e match – Lille Handball Club – Mardi 27 novembre

Il se dit qu’à la mi-temps, Lille Handball Club, qui recevait le Spartak lillois à la patinoire de Bobet (Caulier) menait 15 à 10. Écart honorable, pour la toute jeune équipe spartakiste. Mais il se dit aussi que le coup de sifflet final fit entendre son sifflement strident sur un 39-22, en faveur des tauliers. Que s’est-il passé entre-temps ? Vous n’en saurez rien, la chroniqueuse ayant été, ce jour-là, terrassée par un mal mystérieux, et qui l’empêcha d’en être.


3e match – Roubaix – Vendredi 30 novembre

Cette chronique est dédicacée à tous les joueurs de l’équipe n’ayant pu être présents, à et Stéphane, qui a vilement préféré fêter ses 34 ans, plutôt que de rejoindre nos rangs !

C’est un peu inquiets, que nous débarquons à la salle de sport Bernard Jeu, à Roubaix, en cette fin de semaine… En effet, certains sont échaudés par le match précédent. D’autres pâlissent, lorsqu’ils se rendent compte que ce soir, c’est une portion congrue de l’équipe, qui est réunie : 8 joueurs ! 1 seul remplaçant ! « En plus, je ne suis pas en bonne condition physique », entend-on murmurer. « Moi non plus, on a à peine trottiné, et je suis déjà mort… ». Et c’est définitivement la terreur qui s’empare de nous, lorsque nous avisons l’équipe adverse s’échauffer : des espèces de golgoths en surnombre, semblant vouloir en découdre…

Malgré un nombre suffisant d’éléments effrayants qui justifierait largement que nous partions en courant, terrorisés… Nous restons ! Et qui plus est, le sourire aux lèvres ! Car nous avons, aussi, mille raisons de nous réjouir ! A commencer par… LE PREMIER MATCH DE HAND DE VAL ! Qui ne fait pas les choses à moitié, puisqu’il commence directement dans les buts ! « J’ai regardé des tutos YouTube, en travaillant, cet après-midi », confiera plus tard celui qui pourrait bien se révéler comme la relève d’un Omeyer… Val se fait providentiel, puisque Max, notre super gardien, déclare forfait, puisque blessé, pour ce match. On lui souhaite, au passage, un prompt rétablissement ! La fébrile équipe du Spartak est aussi ragaillardie par la présence de Youyou, qui a fait le déplacement bien que blessé de même, quelle classe ! Armé d’un stylo et d’un carnet, c’est grâce à lui que cette chronique sera davantage étoffée que les précédentes : merci Youyou ! Le banc des supporters s’agrandit avec Malo, le petit frère de Maëlle, qu’on a eu plaisir à rencontrer ! Et enfin, le sourire chaleureux d’Adila, la coach de Roubaix, finit de nous convaincre : allez, ça va le faire !

C’est parti ! Le coup d’envoi est donné ! On commence avec Bastien et Justine aux ailes, Romain et Maëlle en arrières, Antoine en demi et Guillaume en pivot. Aldo rentrera bientôt, ainsi que… Moh, qui, fidèle à lui-même, nous fera la non-surprise d’arriver en retard ! Le Spartak jouera finalement à 9 !

C’est Roubaix qui déclenche le premier tir… Et c’est Val qui arrête son premier but !!! Et c’est le Spartak qui ouvre le score, grâce à Antoine et un tir à 9 mètres ! Des jolis gestes, on va en voir pas mal, au cours de cette première période serrée !

En défense, le Spartak est plutôt solide, chacun à son joueur, la communication est au rendez-vous, on ne se laisse pas trop abuser par les changements de secteurs de nos adversaires, on monte lorsqu’il le faut, on bloque et on multiplie les coups francs.

En attaque, c’est un peu plus laborieux. On annonce des décalages, perturbés par des pertes de balle. Parfois, on peine à se trouver. On bute aussi contre un gardien roubaisien bien présent. « Romain interception / Headshot sur le gardien », peut-on lire inscrit dans le carnet. Mais, on parvient aussi à faire bouger la défense et à créer des espaces. Bastien travaille et va chercher l’intervalle, tant et si bien qu’il arrache et concrétise un penalty. Justine va fixer la défense et emmène son défenseur au centre, pendant que Moh glisse à l’opposé, en pivot, reçoit la balle et marque. Antoine, en demi, croise pour Romain, en arrière droit. Le mouvement déstabilise la défense et plutôt que de terminer l’action, Antoine repère l’intervalle, s’y engouffre et marque. Romain se bat comme un beau diable, avec l’énergie qui le caractérise : « On ne pourra pas dire que je n’ai pas mouillé le maillot », déclarera-t-il, trempé, à la mi-temps. Guillaume, bien placé en pivot, envoie la balle au fond du filet, et remet ça. Maëlle déclenche de jolis tirs en suspension. Aldo concrétise également…

Ainsi, le plaisir est là ! Il culmine lorsque toute la salle retient son souffle : un Spartakiste (lequel ? Le carnet ne le dit pas, ni ma mémoire) se retrouve en position de tir, mais réalise qu’il ne pourra finir l’action. Fuse soudain comme une bombe Bastien, qui saute en extension au-dessus de la zone… Oui, vous ne rêvez pas… C’est bien un kung fu que vont tenter nos valeureux joueurs… Pour les néophytes du hand, qui suivraient nos aventures, et auraient déjà, d’ailleurs, sourcillé devant le nom de cette chronique, on ne peut que trop vous recommander de taper « handball kung fu » sur YouTube ! La balle est bien lancée, elle se dirige vers les mains de Bastien, mais il semble qu’il ait manqué, ce soir-là, à Roubaix, quelques millimètres et une faveur divine, sans doute… Des exclamations retentissent dans la salle : entre soulagement (roubaisien) et étonnement, devant ce si beau geste, à deux cheveux d’avoir existé… Malgré toutes ces belles actions, on déplorera la blessure de Moh : on croise les doigts pour que ce ne soit pas une entorse !

Déjà, trente minutes ? On n’a pas vu passer le temps, heureux qu’on était, sur le terrain ! 10 à 8, pour Roubaix ! Le match est loin d’être plié et le Spartak a encore toutes ses chances !

On y retourne ! Déterminés, souriants, confiants ! Que lit-on dans le carnet ? Ah… Eh bien… Pour le résumé de la deuxième mi-temps, il faudra vous contenter de : « Val se mange un lob » et « Bastien mange sa banane sur le terrain ». Il semblerait que la fatigue et le manque discernement se soient emparés de tous, vraiment tous les joueurs de l’équipe ! Il s’agit ici, de rendre justice à Val, qui n’a pas démérité, qui, vaillamment, exposait l’entièreté de son corps pour faire barrage aux contre-attaques, et nous surprenait par une détente et une extension à faire pâlir de jalousie !

On entre dans les dernières minutes de jeu… Les équipes, dans ce match qui aura toujours été serré, sont à égalité ! 1 minute 30 secondes et… Le Spartak marque ! Le Spartak mène ! Le Spartak n’en revient pas ! Le Spartak panique ! Tant et si bien que Roubaix revient coller au score ! Égalité à nouveau ! Le chrono s’emballe, les secondes défilent, Antoine, héroïque, prend ses responsabilités et file droit vers le but… Le sort se sera donc acharné ce soir, car la balle est détournée et, en plus, va se perdre dans l’arrière-salle… Lorsque le gardien réapparaît, il est trop tard… L’arbitre siffle. C’est donc sur le score de 16-16 que se termine ce beau match… ! Derechef, on se serre les mains, on se congratule entre Roubaisiens et Spartakistes. Oui, à n’en pas douter, au regard des sourires et de la franche camaraderie qui s’emparent des joueurs, ce fut un beau match !

Lorsque plus tard, dans la soirée, je communiquerai le résultat du match à une tierce personne, celle-ci me retournera cette question rhétorique : « Égalité, c’est un peu comme une victoire ? ».

La victoire, en effet, nous la savourons dans cette première et historique égalité, et nous la savourons aussi lors d’une troisième mi-temps, éminemment sympathique ! Roubaix la généreuse nous offre des coups à boire, et c’est armé, qui d’un Coca (on ne vous balancera pas, Romain et Antoine), qui d’une bière, que nous fraternisons avec nos adversaires, sur le parquet de cette jolie salle Bernard Jeu (je ne me lasse pas de répéter ce nom). Il fallait immortaliser ce moment de convivialité, et c’est une nouvelle photo inter-équipes qui vient s’ajouter à notre toute jeune collection.

On se quitte donc sur d’infinis remerciements : merci à Roubaix ! Merci aux arbitres, chapeau les gars ! Merci à Adila ! S’il est une chose sûre, dans ce monde sans cesse mouvant et instable, dans cette « branloire perenne » chère à Montaigne : à Roubaix, on reviendra !

« Kung Fu Fighting » : épisode 1

Après Les Yeux dans les Gueux, voici donc Kung Fu Fighting, la chronique des exploits de l’équipe loisir de hand du Spartak lillois !

Le lundi 5 novembre, le Spartak se rendait à Villeneuve d’Ascq, pour son premier match officiel du championnat ! Quelques jours auparavant, le Spartak s’était incliné en match amical, devant La Madeleine (31 à 20). Lors de cette rencontre, des gestes à travailler en entraînement avaient été décelés : perte de balle, circulation de la balle, intensité de jeu, décalage… Et le Spartak n’a pas chômé ! Ainsi, le dimanche précédent la rencontre avec Villeneuve d’Ascq, l’équipe s’entraînait d’arrache-pied à fixer et à prendre les intervalles. Et ce, tout en accueillant de nouveaux joueurs ! Nouveaux joueurs qui ont démarré sur les chapeaux de roue, puisque dès le lendemain, ils portaient haut les couleurs du maillot et rejoignaient l’équipe !

Après la première défaite, l’équipe était un peu échaudée et un poil craintive. A quelle sauce allions-nous être mangées par l’ogre de Villeneuve d’Ascq, tels qu’on nous les avait dépeints ?… Et pourtant ! Pourtant ! Quel match !! Après une entame rendue difficile par le gardien de Villeneuve d’Ascq, véritable mur/aimant à ballon, le Spartak trouvait enfin le chemin des filets ! Chaque but donnait lieu à des cris de joie et à des scènes de liesse ! Chaque joueur n’en revenait pas, de tant de fluidité, de construction de jeu, de beaux gestes tentés, d’intervalles férocement recherchés… ! Antoine et Mo nous régalaient, bien sûr, de leurs lucarnes improbables. Max, le gardien, multipliait les arrêts, Pablo s’élançait à l’aile, avec conviction et détermination. Et même le tout nouveau Aurélien, fraîchement débarqué au Spartak la veille, marquait son premier but, en trompant la défense et le gardien, d’un tir à la hanche, en appui, en dehors des 9 mètres !

La première d’une longue série de photos floues !

À la mi-temps, dans les vestiaires, ce n’était que sourire et exaltation, devant tant de plaisir pris !

La seconde mi-temps se déroule peu ou prou comme la première, et lorsque le coup de sifflet final retentit, on s’élance les uns vers les autres, pour se congratuler, et pour saluer nos adversaires, et prendre une photo tous ensemble, sur une bonne idée de Maëlle. Adversaires qu’on remercie ici, pour leur fair-play, leur accueil et leur arbitrage ! Adversaires qu’on retrouvera non plus sur le terrain, mais autour de la buvette, une fois décemment douchés, afin de discuter de façon très sympathique, bière ou coca en main.

Pardon ? Le quoi ? Le score ? Ah ! le score ! Eh bien, Villeneuve d’Ascq 2 se place en tête du classement, à ce jour, en nous battant 30 à 18. Le Spartak n’a pas battu Villeneuve d’Ascq. Mais le collectif de notre toute jeune et belle équipe a clairement gagné ! Elle a gagné une belle cohésion et une envie toujours plus grande de jouer ensemble.

Une grande pensée pour ceux qui ne pouvaient être présents sur ce match, et particulièrement pour Romain et Guillaume.

Prochain rendez-vous : le jeudi 22 novembre, à Hazebrouck !