Archives pour la catégorie Histoire et résistance

Contre l’islamophobie, arme de division massive

10940475_337915709729767_238241813994573715_nCe samedi 28 février, le Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires appelle à une manifestation contre l’islamophobie.

Engagé dans la promotion des valeurs d’égalité et de solidarité, le Spartak Lillois ne peut que s’associer à ce rassemblement, d’autant plus dans un contexte de libération des paroles et des actes racistes et islamophobes.
En plus des audiences médiatiques des Zemmour ou Houellebecq qui se font les relais quotidiens de la pensée d’extrême-droite, les actes hostiles aux musulmans progressent dans une impunité et un silence inquiétant. En effet, dans les deux semaines qui ont suivi l’attentat contre le journal Charlie Hebdo, autant d’actes islamophobes ont été recensés que sur l’ensemble du territoire en 2014. Dans les 24 heures ayant suivi l’attentat, on constatait 34 actes graves, parmi lesquels des agressions de femmes voilées, des coups de feu sur une salle de prière, des incendies de mosquées, etc.
Les musulmans sont aujourd’hui pointés du doigt comme étant l’ennemi intérieur, la cible à abattre. Les propos de Roger Cukierman cette semaine en témoignent. Pour lui, « toutes les violences aujourd’hui sont commises par des jeunes musulmans ».

De la même manière qu’hier on utilisait le juif comme bouc-émissaire, on veut aujourd’hui détourner la colère sociale contre les musulmans.

infographie-islamophobie21A l’heure ou tous les politiques s’inquiètent du vivre-ensemble et de l’intégration, nous affirmons que les quartiers populaires ont besoin d’emplois, de logements, de services publics. En aucun cas ils n’ont besoin de discours stigmatisants, de haine et de divisions.

La lutte contre le racisme n’est pas l’affaire des élus et des politiques, c’est l’affaire du peuple tout entier, des citoyens, des associations, des organisations.

Ne nous laissons pas diviser, soyons unis contre le racisme et l’islamophobie !

Venez nombreux samedi 28 février, à 15h00 place de la République à Lille

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Robert Marchand, à 102 ans : tout roule !

C’est un nouveau record pour Robert Marchand qui a parcouru ce vendredi 31 janvier la distance de 26,3927 kilomètres en une heure. A 102 ans, il améliore de plus de 2 km son record de l’heure des plus de cent ans. Celui qui n’avait pas roulé sur un vélodrome depuis 1937 a pourtant jugé que battre ce record était « assez facile ». Il espère désormais que quelqu’un puisse battre son record pour pouvoir à nouveau enfourcher son vélo.

Sport et militantisme, la formule gagnante !

robert_marchandLorsqu’on demande à l’intéressé comment il explique son état de forme, il indique avoir fait toujours fait « beaucoup de sport, surtout du vélo, et de la boxe, de la culture physique, de la gymnastique, des poids et des haltères. J’aime ça. C’est ma passion, comme d’autres aiment jouer aux cartes ou regarder la télévision. » D’ailleurs, de son propre vœu, Robert explique avoir été seulement à 90 % de ses capacités pour battre son record. « Je suis même plutôt en dessous. Le temps était tellement mauvais qu’on a pas pu s’entraîner comme on le voulait, » a-t-il ajouté.

Adhérent au PCF depuis 1962 et abonné de longue date à L’Humanité, Robert roule depuis toujours contre les injustices. Pas question pour lui de jouer les planqués. Mais le mieux, c’est de le laisser conclure par une de ces anecdotes dont il a le secret : « En 1943, à Château-Landon, à Paris, je devais faire le prof de gymnastique des fils à papa, des fils de collabo qui venaient se planquer aux pompiers de Paris pour échapper au service du travail obligatoire, le STO. Alors, j’ai refusé de leur donner des cours. Du coup, le colonel, ce salopard, m’a collé un mois de prison. » Mais il ne l’a pas emporté au paradis… Bien au contraire, les relevés effectués en octobre par la physiologiste du sport Véronique Billat, montre qu’il aurait aujourd’hui la puissance énergétique d’un homme de quarante-cinq ans.

Article de L’Humanité, « 102 ans et toujours en piste »

Le 26 Novembre 2014, Robert Marchand a fêté ses 103 ans. Et pour ça, il a réalisé l’ascension du col qui porte son nom. Défi relevé avec une montée de 10 kilomètres avec 450 m de dénivelé en 56 minutes. Un véritable exploit. Heureux et fier d’avoir bravé la pluie et le froid, il a reconnu à l’arrivée être un brin essoufflé…

Le maillot du Deportivo Palestino, élement de lutte contre la colonisation

deportivo palestino free palestine

Sur les numéros floqués au dos du maillot, la carte de la palestine d’avant la colonisation

Pour l’année 2014, le club chilien du Deportivo Palestino, fondé en 1920 par des immigrés palestiniens et figurant en première division de football au Chili, a décidé de faire figurer sur son maillot la carte de la Palestine historique, d’avant 1948. C’est un geste fort qui rappelle la colonisation que subit la Palestine depuis plus d’un demi-siècle ! Les vives réactions des sionistes du Chili ne font qu’indiquer l’importance de ce geste. Là où certains voudraient réduire la Palestine au silence, le football est un moyen comme un autre de populariser le combat contre la colonisation et la résistance palestinienne.

Les Chiliens d’origine palestinienne regroupés dans la Federación Palestina de Chile déclarent publiquement ce qui suit :

« 1. Nous regrettons profondément que les sionistes chiliens aient l’intention d’importer dans notre pays le conflit au Moyen-Orient, en essayant ainsi de salir l’histoire et la contribution fondamentale du Deportivo palestino dans le développement du sport dans notre pays et en particulier dans la municipalité de La Cisterna, où il existe depuis plusieurs décennies et réalise un travail important pour le plus grand bien de la communauté.

2. Nous rappelons que le Deportivo et ses symboles existent dans notre pays depuis 1920, soit 28 ans avant la création en Palestine de l’État d’Israël. Les tentatives de victimisation et d’exploitation politique faites par ceux qui défendent Israël et ses politiques d’extermination physique et politique du peuple palestinien, nous paraissent grossières.

3. Nous pensons que si les sionistes Chili étaient vraiment intéressés à ne pas importer ici ce conflit, avant de tenter d’attaquer la communauté chileno-palestinienne et ses organisations historiques, ils renonceraient à expédier de jeunes Chiliens recevoir une formation militaire en Israël, et cesseraient de soutenir constamment les violations systématiques de cet État à l’égard des droits humains et nationaux des Palestiniens .

4. Nous déplorons l’hypocrisie de ceux qui expriment leur indignation face à cette carte, tandis qu’ils parlent des territoires occupés comme de territoires disputés et continuent de soutenir la construction de colonies et du mur d’apartheid en Palestine, constructions condamnée par l’ensemble de la communauté et de la légalité internationales.

5. Nous apprécions les expressions sincères de solidarité avec le peuple chilien face à cette attaque sournoise, et en particulier celles venues de nos concitoyens de confession juive qui ont exprimé leur solidarité et le rejet de toutes les politiques d’extermination physiques et politiques d’Israël et de ses défenseurs où qu’ils soient. »

Colonisation palestine israël

Hommage à Mustapha Zitouni

mustapha_zitouniMustapha Zitouni est décédé ce dimanche à l’âge de 86 ans. Cet ancien défenseur, international français, s’est fait connaitre pour avoir préféré mener la lutte anti coloniale et renoncer à sa carrière de footballeur. Alors qu’il est considéré comme un des meilleurs défenseurs de France, il quitte clandestinement le pays pour s’engager dans l’équipe de football du FLN algérien. C’est une période où la guerre fait rage mais Mustapha Zitouni ne recule pas et met sa vie en jeu pour faire triompher l’idée d’une Algérie indépendante et souveraine. Cette équipe du FLN deviendra le symbole de la nouvelle Algérie, jusqu’à son indépendance en 1962.

« En patriotes conséquents, plaçant l’indépendance de la patrie au-dessus de tout, nos footballeurs ont ainsi tenu à donner à la jeunesse algérienne une preuve de droiture, de courage et de désintéressement », proclamait ainsi le GPRA (Gouvernement provisoire de la république algérienne)

« Amandla ngawetu » !

Mandela RIPC’est avec émotion que nous rendons hommage à Nelson Mandela, grand leader sud africain, héros des peuples opprimés par l’impérialisme, ami des plus grands révolutionnaires, mort ce soir à l’âge de 95 ans.

Nelson-Mandela-Boxing-GlovesSi le monde perd un grand résistant, son idéal et ses combats continuent de vivre à travers toutes les luttes qu’ils restent à mener dans notre pays et ailleurs. Le meilleur moyen d’honorer Mandela est de poursuivre la bataille contre le racisme et pour l’égalité des droits, contre l’apartheid toujours en cours en Palestine, pour l’émancipation des peuples ici et là bas.

Alors que des propos discriminants et stigmatisants les plus fragiles sont tenus jusqu’au plus haut sommet de l’état, que le pouvoir socialiste continue d’expulser et traquer les sans papiers, ce moment d’émotion doit se transformer en colère et en rejet total du racisme ! Ni en France, ni ailleurs nous n’accepterons la division des plus faibles pour le profit des plus riches !

Nous jugeons indécent les hommages des puissants qui pendant des années ont coopéré avec le régime de l’apartheid d’Afrique du sud et continuent aujourd’hui de collaborer avec le régime d’apartheid israélien. Ceux qui qualifiait Mandela de « Terroriste » car il avait compris que la violence faisait partie des armes des opprimés pour renverser l’oppresseur peuvent retenir leurs larmes.

Après avoir été condamné à la prison à perpétuité par la minorité blanche qui accaparait les pouvoirs politiques et économiques d’Afrique du Sud, Mandela a bénéficié d’une large campagne de soutien pour sa libération. Une preuve que la force populaire peut faire plier n’importe quel pouvoir !

mandela footMandela restera aussi connu pour son utilisation du sport dans la lutte contre l’apartheid et comme instrument d’unité populaire. En 2000, il avait ainsi déclaré que : «Le sport a le pouvoir de changer le monde. Il a le pouvoir d’unir les gens d’une manière quasi-unique. Le sport peut créer de l’espoir là où il n’y avait que du désespoir. Il est plus puissant que les gouvernements pour briser les barrières raciales. Le sport se joue de tous les types de discrimination.» Dans la continuité de cette vision, le Spartak Lillois développe aujourd’hui une pratique militante du sport visant l’émancipation collective et la promotion des valeurs d’égalité et de solidarité !

Le combat de Mandela ne s’est pas arrêté avec la fin de l’apartheid politique en Afrique du Sud, Madiba a également lutté avec acharnement contre la domination économique du capital et les injustices qui en découlent.

Tous les combats de cet homme sont des combats actuels ! Ici et là bas, organisons nous, luttons pour notre émancipation !
Le pouvoir au peuple ! (« Amandla ngawetu »!)

Spartak Lillois

Marche pour l’égalité et contre le racisme

Le Spartak Lillois était signataire de la marche des dominés qui s’est déroulé ce samedi de Lille à Roubaix. Une quinzaine de spartakistes au départ, une petite dizaine à l’arrivé des 15km. L’occasion pour certains de revêtir le nouveau t-shirt spartakiste.

L’occasion de réaffirmer que la lutte contre le racisme est l’affaire de tous et n’est pas une question d’expert. Ne laissons pas les politiques décider pour nous, cela fait trente ans que la marche de 1983 a démarré, il reste du travail ! Réalisons l’unité de tous ceux qui subissent dominations, stigmatisations, exploitations, racisme, sexisme, … Soyons nombreux, unis, déterminés !

Dans le sport ou ailleurs, non au racisme, au sexisme, aux dominations. Solidarité !

Marchedesdominées

Tract-marche

Le Partizan, poil à gratter du régime

Entre difficultés financières et répression, le club antifasciste de Minsk est la bête noire du régime biélorusse. Il joue dimanche un match décisif pour le maintien.partizan-minsk-540x304

Minsk (Biélorussie), correspondance particulière. Grâce à ses lois iniques et absurdes et à sa répression féroce, Alexandre Loukachenko a presque réussi à faire taire toute forme de contestation dans la société biélorusse. Mais il reste un domaine qui échappe à son emprise : le club de football du Partizan Minsk, un des rares clubs qui n’appartient pas à la poignée d’oligarques aux ordres du régime qui a fait main basse sur ce sport. Avec ses couleurs rouge et blanc (celles de l’opposition) et ses milliers de supporters antifascistes, le club est plus que jamais dans le collimateur des autorités. Sauvé par ses fans l’an passé, le Partizan joue ce dimanche le match le plus important de son histoire : une défaite et il descendrait en division régionale.

Une tragédie pour ce club résistant dont les tribunes sont rapidement devenues le point de ralliement des militants antifascistes du pays. « Une expérience unique en Europe de l’Est », souligne Anna Bolbas, jeune étudiante de vingt-deux ans bombardée présidente cet été, à la tête de ce club fondé en 2002. « À l’époque, les supporters biélorusses étaient soit néonazis, soit apolitiques, explique Andreï, un supporter. Les fans qui voulaient un football sans racisme se sont retrouvés au Partizan. »

Un club de football politisé et antifasciste

Si le club connaît rapidement un succès sportif et populaire, la légende du Partizan Minsk débute en février 2012, après son abandon par son propriétaire, plus en odeur de sainteté auprès des autorités. En multipliant les levées de fonds dans tout le pays, des centaines de supporters réussissent à faire revivre le Partizan. Repartant en division régionale, il devient, selon Anna Bolbas, « le premier club biélorusse sans lien avec le pouvoir ». Surtout, ils le transforment en un club : politisé et antifasciste. Une première en Biélorussie, mais surtout le début des problèmes…

Car depuis son accession au pouvoir en 1994, Alexandre Loukachenko a presque réussi à faire disparaître toute forme de contestation. Dans un pays où il est interdit d’applaudir dans les lieux publics (le 12 septembre un IG Nobel – IG pour ignoble, prix décerné aux actes les plus absurdes – a dénoncé cette décision prise par le pouvoir en juillet 2011) ou de se réunir à plus de trois dans la rue, les activités du Partizan sont mal vues. De plus, le club a créé sa propre ligue de foot en salle et fondé un webzine d’information (www.savvy.by). « Le plus important n’est pas le football, précise Anna Bolbas. Nous avons une mission sociale, lutter contre toutes les discriminations et prouver qu’une contre-culture peut exister en Biélorussie. »

Alors quand le club remonte en troisième division, en mars 2013, la réponse du pouvoir ne tarde pas. Dès le premier match amical, des policiers passent à tabac des supporters. Le début de saison tourne au calvaire. Faute d’avoir un stade aux normes, le Partizan essuie le refus de plusieurs stades d’accueillir ses rencontres et perd plusieurs matchs sur tapis vert. Puis ce sont les ambulances, obligatoires à chaque rencontre, qui sont absentes pour d’étranges « raisons administratives ». Et chaque match du Partizan se joue en présence de forces antiémeute qui décident qui peut accéder aux tribunes. « La police fait ce qu’elle veut », soupire Andreï qui, comme tant d’autres, a goûté aux arrestations arbitraires.

Si dimanche le Partizan réussissait à se maintenir, le club n’a pas encore réuni les 10 000 dollars (7 200 euros) nécessaires à l’inscription en troisième division pour la saison 2014. « Nos fans et notre magasin nous font vivre. Des sponsors veulent nous racheter, c’est hors de question ! », s’insurge Anna Bolbas. Et aucun aménagement ne semble possible avec le régime biélorusse qui serait bien trop content de voir disparaître ce club très encombrant…

Thibault Henry (source)