« Kung Fu Fighting » : épisode 10

Vous l’aurez remarqué, plus rien n’arrête le Spartak. Ni les défaites, ni la pression des adversaires, ni le tic-tac de l’horloge nous rappelant la fin prochaine du tournoi.

Tels des explorateurs, nous voyageons de ville en ville, à la recherche d’un destin handballistique moins funeste que celui qui nous est présagé. Cette fois-ci, c’est sur les terres roubaisiennes que nous allons poser nos valises, ballons, maillots mais surtout, les jalons d’une victoire qu’on veut savoureuse. Enfin, presque.

Certains joueurs ont eu la présence d’esprit d’arriver plus tôt au gymnase. Pour s’échauffer pensez-vous ? Ah, après tout ce temps, vous voilà encore bien naïfs, car c’est pour offrir à toute l’équipe une entrée triomphante, prodigieuse, que P-E, Antoine et Luc ont accueillis l’équipe sur fond de Kung Fu Fighting.

Sont présents à l’appel : Nico, Antoine, P-E, Luc, Romain, Youyou, Stephan, Max, Ade, Justine, Luc, Céline, Guillaume et Valentin. La liste est longue et pour une fois, nous aurons le luxe d’avoir 2 gardiens pour un match et moult remplaçants, prêts à venir en aide aux pauvres joueurs épuisés par la férocité des adversaires.

Tout aussi nouveau pour nous, la présence de 2 loyaux arbitres et d’une table de marque pour le moins vintage.

Une fois tout le monde en tenue, le rendez-vous est donné sur le terrain pour l’échauffement. Comme à son habitude, Maestro Antonio mène le groupe et dirige les courses, pas chassés, flexions… Les rougeurs commencent à apparaître sur les visages de plus en plus anxieux. Et malgré des exercices bien rodés, les Spartakistes ont du mal à se mettre dedans. L’excuse du vendredi soir est souvent sortie, à juste titre, nous avions certainement davantage l’esprit à la 3e mi-temps qu’à l’entraînement à cet instant.

Le temps est écoulé et il est temps de se lancer. Le match peut commencer. Notre nouveau cri de guerre, initié à l’AG, fait des émules. Certains Spartakistes sont encore peu convaincus par la férocité de notre rugissement, enfin.

Le coup de sifflet est donné et c’est Antoine qui lance les hostilités. 0 – 1. Une faute de Youyou et Stef nous vaudra cependant un penalty… 1 – 1. Tout le monde se replace et, désireux d’être l’homme du match, Antoine en arrière remet la balle à Nico, à l’aile, qui marque son premier but (mais pas dernier) du match ! Et voilà que Roubaix en veut, et voilà que Roubaix marque un but de l’arrière gauche. 2 – 2.

Mais le moment tant attendu est arrivé… Voilà des semaines qu’il se prépare, acharné (quand il n’est pas épuisé par ses séances de méditation et qu’il décide de se tapir dans l’ombre des buts en entraînement). Stephan s’envole de l’aile gauche et marque ! Le scribe ajoutera un « IM-PRO-BABLE » et c’est également ce qu’il a pensé puisqu’il a remonté le terrain en héros tel un Messi après un but.

La suite est annoncée : « Stef, interne, retour ! ». Youyou fait la passe à P-E en pivot. L’action est belle, mais déviée. Une faute est sifflée, coup franc pour le Spartak. Antoine, on fire, marque, 2 – 4. Sur le banc, certains s’interrogent : « Est-ce que c’est déjà arrivé ? ».

Les esprits s’échauffent et l’arrière gauche roubaisien en veut… il s’élance et arrêt de Max ! Une tentative de contre-attaque de Romain sera arrêtée et fera place à un coup franc. C’est alors que sur la touche, le community manager du Spartak s’écrie « J’ai mis 3 – 1 sur Instagram ! ». Et oui Val, nous allons beaucoup trop vite.

Les allers-retours vont bon train, mais nous ne perdons pas le cap ! P-E tente même de récupérer la balle dans la zone, mais elle est déviée.

Et entre les bousculades, combats de regards, déstabilisations, Romain décide de ne pas céder à la barbarie. C’est débordant d’amour qu’il s’en va embrasser son adversaire, prêt à l’étouffer de tendresse et à le garder près de lui jusqu’à la fin du match. Mais toutes les bonnes choses ont une fin et il a dû le quitter, pour mieux le retrouver et le serrer contre lui à la 3e mi-temps.

Et Antoine ? Evidemment, il a récupéré la balle en défense, se lance dans une course tel un lévrier qui a aperçu sa proie. Le dicton dit « seul on va vite, ensemble on va plus loin » et c’est exactement pour ça qu’il s’élance en contre-attaque, seul, et marque. 3 – 5. Puis 3 – 6.

En même temps que l’excitation monte, l’écriture du/des scribe.s se fait de moins en moins lisible. On comprendra qu’une contre-attaque de l’aile a été tentée et qu’elle s’est soldée par un but d’Antoine, 3 – 7.

L’écart se creuse tandis que l’espoir jaillit au fond de nos cœurs. Malgré un but mis par Roubaix, nos 4 points d’avance se confirment grâce à un but par rebond de Luc.

Plusieurs « MAAAAAAAAAAAXXXX » sont mentionnés sur cette page, sûrement pour notifier des arrêts impressionnants de notre Nightwatcher, notamment celui d’un penalty.

Le jeu s’échauffe, la tension monte et les fautes aussi. Un penalty réussi de Roubaix et quelques balles manquées de notre côté, le Spartak commence à être sacrément déstabilisé. Temps mort demandé (notons la qualité du carton de temps mort prêté par Roubaix, qui a bien servi).

Au retour du temps mort, Romain marque et Max arrête une tentative de but roubaisien : 10 – 13 pour le Spartak. Le discours du temps mort a été motivant et efficace puisque les buts s’enchaînent et, malgré des bras levés en défense, Nico surgit, s’élance, tir et marque ! 11 – 14. Mais on le supplie « Nico, encore un ! ». Tels des groupies déchaînées criant pour une dernière chanson, il nous offre une belle récompense : un autre but. Nous sommes comme ça au Spartak, dans le don de soi.

Le capitaine de Roubaix, voyant ce spectacle se dérouler sous ses yeux, décide de prendre les choses en main et part en contre-attaque pour marquer. 12 – 15.

Soudain, le moment que nous attendions tous… Ade, sur une passe d’une personne non-identifiée, marque le premier but féminin de la saison. Quelle émotion ! L’équipe est en furie ! Tout le monde crie, saute, chante. 12 – 17 ! Afin de célébrer tout ça, P-E, comme à son habitude, décide de prendre dans ses bras un adversaire et de lui faire un câlin. Bon, Adeline aura fait fort ce soir : un but ET un carton jaune. Il est important de rien faire à moitié.

La mi-temps est sonnée. L’équipe décide de s’isoler dans un vestiaire encore ouvert, même si l’option de s’installer aux toilettes a longtemps été débattue. Les discours inspirants s’enchaînent, notamment avec une phrase du sage de l’équipe, Maître Paul-Enguerran : « L’enjeu les gars, c’est de gagner la 3e mi-temps. » Oh à ça, P-E, nous sommes imbattables. Dernier cri de guerre avant la reprise du match.

Val, Nico, Luc, P-E, Romain, Céline et Antoine font leur retour sur le terrain. Et tout bascule. Nos certitudes tombent à l’eau, les balles et occasions de marquer se perdent dans les tréfonds de nos espoirs.

Après avoir lâché les murs des vestiaires qu’il n’a cessé d’arpenter durant toute la mi-temps, Antoine fait du 1 contre 1, se replie, récupère la balle et marque ! Le scribe en furie notera : « Il est partout ! ». Eh oui cher scribe, encore heureux qu’il n’ait pas commencé à refaire la déco des vestiaires.

15 – 19. Combinaison d’Antoine à Romain, mais faute. Le penalty est sifflé et Nico le marque. 15 – 20. On commence à penser « à l’aise Blaise ». Mais si seulement…

Val, notre gardien de cette 2e mi-temps, arrête une deuxième balle, couronnée par une contre-attaque d’Antoine qui file au but, 16 – 21.

 

C’est à partir de cet instant précis, cher lecteur, que la routourne commence à tourner. Romain commence par chercher P-E, qu’il ne trouve pas car trop bien caché en tant que pivot. Roubaix part donc tranquillement en contre et marque. 18 – 22. La voyez-vous venir, la fin ?
Même si P-E nous marque un très joli but du pivot, on sent la désillusion approcher.

En effet, l’arrière de Roubaix veut en découdre et marque, encore. 19 – 22. Pendant ce temps, le Spartak s’échauffe. Un temps calme est proposé, mais la balle est reprise par Roubaix qui marque, encore. 20 – 22.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, Antoine prend 2 minutes. Assurez-vous bien que le scribe n’a pas mentionné pourquoi.

Stephan, plus en forme que jamais, marque (encore) de l’aile, Val répond par un double arrêt et, malgré une belle défense de Justine, Roubaix récupère la balle et part marquer : 22 – 23. Et toujours ce fameux arrière droit qui arrive à marquer le point de l’égalité, 23 – 23.

Les combines s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Tout comme les arrêts roubaisiens.
À la manière d’un combat historique, tous les yeux du banc étaient plus que jamais braqués sur le terrain, attentifs aux tentatives, aux câlins et à l’espoir de voir nos joueurs marquer. 27 – 25.

Un temps mort est sifflé, l’occasion pour Max de nous notifier « on n’est pas le PSG, on ne se prendra pas une remontada ». C’est pas Gijón, c’est pas Valladolid, se dit-on. Si seulement…

29 – 26. 3 minutes restantes et câlin collectif de P-E et Antoine sur le demi de Roubaix. Et la dégringolade. Plus rien n’arrête Roubaix, qui arrive à remonter et à nous laisser un score final de 31 – 28.

La traditionnelle photo de groupe dans la boîte, la douche et les discussions de vestiaires passées, c’est sur le parvis devant le gymnase que nous nous retrouvons tous. Les monticules de bières trônent sur le sol, accompagnés de quelques briquettes de jus d’orange. Et nous voilà partis pour de franches rigolades, de débats et surtout, de partages d’expérience du fameux tournoi de Genech qui aura lieu en juin, où l’amertume ne se sentait que dans les bouteilles de Belle Brasseuse.

Quelques heures, bières, clopes plus tard, chacun reprend tranquillement son chemin afin de regagner ses pénates. Les plus courageux monteront dans une Clio, d’autres confieront leur destin à la voiture de Nico.

La fin de match a pu être décevante quant au score final, mais nous en sommes sortis plus joyeux que de mesure. Grâce à l’accueil, l’arbitrage, la gentillesse de l’équipe de Roubaix, ce sont de vrais moments de sport que nous avons vécus, où la colère et la hargne ont pu quelquefois prendre le dessus sur le calme et la sérénité, sans jamais altérer pour autant notre profond respect mutuel.

C’est aussi pour ces beaux moments, ces rencontres et ces challenges que nous continuerons de parcourir les plaines nordiques, en quête de nouvelles (presque-)victoires. Prochain match : jeudi 9 mai, à Hazebrouck (enfin, ce match est passé, on vous le racontera dans un autre épisode !).

 

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