« Kung Fu Fighting » : épisode 4

Cette chronique est placée sous l’égide de Rabelais, à qui on emprunte cet avertissement aux lecteurs, à peine pastiché, et qu’on croirait avoir été écrit pour tout récit spartakiste.

Amis lecteurs, qui lisez cette chronique,
Dépouillez-vous de toute passion
Et, en la lisant, ne soyez pas scandalisés.
Elle ne contient ni mal ni corruption;
Il est vrai qu’ici vous ne trouverez
Guère de perfection, sauf si on se met à rire;
Autre sujet mon cœur ne peut choisir
À la vue du chagrin qui vous mine et consume.
Il vaut mieux traiter du rire que des larmes,
Parce que rire est le propre de l’homme.

C’est littéralement congelée, après avoir bravé la neige et le verglas, que l’équipe de hand du Spartak lillois retourne à la salle du Romarin, deux semaines après sa défaite contre l’équipe 2.

L’échauffement mené par Antoine nous désengourdit bien vite, ainsi que la grande envie de se frotter à l’équipe 1. D’autant qu’en ce jeudi 24 janvier 2019, nous sommes à la veille de la demi-finale de la Coupe du monde de hand, où l’on pressent que l’équipe de France est en passe d’écraser le Danemark ! Enjouée par cette perspective de triomphe mondial, l’équipe prend place sur le terrain, à quelques secondes du coup d’envoi. Passage en revue des troupes présentes ce soir-là :

Tout d’abord, on note la présence d’une supportrice ! Céline, fidèle des créneaux du dimanche, est venue donner de la voix, et on entendra ses chaleureux encouragements tout au long du match. La prochaine fois, on l’a prévenue, ce n’est pas des gradins, mais sur le terrain et avec le maillot de l’équipe, qu’elle participera à l’effort de guerre !

Ensuite, on a pu souhaiter un très joyeux anniversaire à Mat, qui nous a fait l’honneur de venir célébrer ses 35 ans avec nous, sur le terrain ! Si ce n’est pas du dévouement et de l’abnégation spartakistes, ça… !

Enfin, ce sont à nouveau pas moins de trois joueurs qui ont disputé leur premier match, en rouge et noir : Luc, Nico et Sam, fraîches et réjouissantes recrues !

Malheureusement, Maëlle et Guillaume n’ont pas pu être des nôtres, ce soir. Néanmoins, le banc est à nouveau fourni et l’on y distingue les carrures de PE, Aurel, Youyou, Antoine, Bastien, Gwen, Max, Val, Justine, Stefan et Manu.

Ce sont donc 15 spartakistes surmotivés qui se lancent à l’assaut des madeleines vertes fluo (singulier choix de couleurs de maillots, si l’on peut se permettre, au passage !).

La Madeleine déclenche le premier tir et… Val l’arrête ! Val is on fire! Val est déjà à 100 % de réussite ! Cet état de grâce durera-t-il tout au long du match ?

Nonobstant cette entame pleine de promesses, les débuts sont un peu laborieux, du côté des deux équipes… Antoine se lance à l’aile gauche, mais c’est dévié. La Madeleine perd la balle, sur un croisé. Sam tente un tir de l’arrière, aux 9 mètres, et c’est à nouveau stoppé par le gardien. C’est finalement La Madeleine qui ouvre le bal, avec un tir de leur demi. Ce demi se trouvant être une fille, le but vaut deux points. Enhardie par cette réussite, La Madeleine enfonce le clou, avec un but de leur ailier : 3 – 0 pour les verts fluo (on ne s’en lasse pas).

À l’aile, Bastien trouve l’intervalle et s’y engouffre. Faute ! Ça siffle ! On aurait préféré un penalty, mais on n’en veut pas à l’arbitre, qu’on remercie d’ailleurs de faire le job, qui plus est seul. C’est donc un coup franc… transformé par Antoine ! Premier but du Spartak, le Spartak remonte ! 3 – 1 ! Ce même Antoine, qui, quelque temps après, fait le choix d’un magnifique tir croisé, en appui : la balle se dirige tout droit vers la lucarne et… ce gardien commence à devenir énervant !

Ainsi, aidée par un gardien en grande forme, La Madeleine redouble d’efforts et commence à méchamment creuser l’écart : 4 – 1, 5 – 1 sur contre-attaque… Sur le banc, on devient fébrile et on trompe l’angoisse naissante en haranguant les joueurs : « Allez les gars ! On continue ! ». Il faut croire que ça paie, puisqu’Antoine et Sam, sur un croisé, relancent la machine : 6 – 2 ! Machine que l’on n’arrête plus : Sam déclenche en suspension aux 9 mètres et offre son 3e but au Spartak ! C’est bon, on n’est plus qu’à -2… Mais à peine a-t-on le temps de respirer à nouveau que La Madeleine grappille deux points supplémentaires, grâce à leur ailière gauche.

Qu’à cela ne tienne, nous aussi, on sort l’artillerie ! PE, en pivot, arrache un joli penalty, qui nous remet à flot : 7 – 4. Notre pivot se montre également solide en défense. Défense de fer, comme l’atteste Luc, qui enterre une contre-attaque verte. Soudain, Stefan s’élance de l’aile gauche, plonge… et marque ! Un très joli but, qui sera gratifié d’une savoureuse danse de la célébration ! Stefan nous cacherait-il des talents de danseur, et d’onduleur du bassin ? Ce mystère sera peut-être levé dans une prochaine chronique…

Et les gardiens spartakistes, dans tout ça ? Vous vous souvenez des 100 % de réussite de Val au bout d’un tir ? Forcément, ce n’est plus la même histoire, en reparle en deuxième période. Pour l’instant, place à Max, qui nous livre une parade dont il a le secret. Ni une, ni deux, il relance à Antoine, parti comme une fusée vers les cages madeleinoises, dont les filets tremblent : c’est le but ! Après la danse de célébration de Stefan, on a droit à la technique ninja d’Antoine ! Sa course est tellement rapide et déterminée qu’elle se termine dans le mur ! Antoine esquive habilement le crash en imprimant la trace de sa semelle dans le mur et récolte les approbations admiratives du banc spartakiste.

Et le score, me direz-vous ? Où en sommes-nous ? Toutes ces belles actions concourent-elles à mener le Spartak sur le chemin de la victoire ? « 9 – 6, pour La Madeleine », voit-on écrit dans le carnet. Ainsi que, juste en-dessous, cette sentence sibylline : « Youyou relou sur le banc ». La conscience professionnelle ainsi que morale du chroniqueur est alors ébranlée : doit-il rapporter cette notule ? Le chroniqueur évacue bien vite ce dilemme, grâce à une sorte de prétérition bien commode.

On entre dans les 15 dernières minutes de jeu. 10 – 6, 10 – 7, le score ne cesse de jouer les accordéons, se resserrant, se distendant, faisant grincer nos nerfs, tout comme cette transversale de Manu. On lit, dans le carnet, « une belle défense de Gwen ». On lit, dans le carnet, « C’est une bonne situation, scribe ? » À ce moment, le chroniqueur se rend compte qu’il devra, à l’avenir, choisir avec beaucoup plus de soin la personne à qui il confiera son carnet, lorsqu’il rentrera sur le terrain. On lit, dans le carnet, immédiatement après cette référence de cinéphile, « belle défense de Ju ». Finalement, le chroniqueur décide de porter un regard attendri, sur les petits plaisantins qui émaillent le carnet d’annotations drolatiques.

L’accordéon susnommé, tout d’un coup, expire, comme le disait jadis Jacques Brel dans le port d’Amsterdam, et c’est désormais la marche funèbre qui résonne à grands coups d’orgue lugubre et de buts retentissants : une joueuse madeleinoise marque, suivie par ses coéquipiers, le score s’envole : 15 – 8 ! Et c’est à ce point de bascule critique du match qu’Antoine et Nico en profitent pour tenter, à la faveur d’une contre-attaque, un… KUNG FU ! Oui, vous avez bien lu, avec un écart de 7 buts, et lors d’une action qui nous assurait forcément un point supplémentaire, les deux joueurs font preuve d’audace, de panache, de forfanterie et de tout autre synonyme désignant une attitude qui laisse le banc pantois, partagé entre la sidération et l’émerveillement. Quel culot ! Quel esprit Spartak ! Avoir l’effronterie de tenter le beau geste plutôt que de sacrifier à une froide et mesquine logique arithmétique… Bravo, les garçons ! On en redemande !

Une combinaison entre Antoine et PE ainsi qu’un penalty permettront au Spartak de terminer cette première période sur un score de 16 à 11. Rien n’est joué. Sur le banc, on échange les bouteilles d’eau et les sourires. On est quand même fier de nous !

« APÉROOOOOOOOOO ». Le cri de guerre de La Madeleine – dont on est complètement fan – retentit et annonce le coup d’envoi de la deuxième mi-temps. À la hâte, le Spartak se bricole un cri de guerre, « à l’image de l’équipe », laissera échapper un fin observateur : maladroit, hésitant, mais non dénué d’une certaine ferveur.

C’est le Spartak qui réalise la première attaque. Manu se lance des 9 mètres, mais ça n’aboutit pas. La Madeleine réplique et Val arrête le but ! Le Spartak repart en attaque, et cette fois, c’est Aurel, qui déclenche aux 9 mètres, en arrière droit. La balle ne rentre toujours pas, et le Spartak revient en défense. Deuxième arrêt de Val ! 2/2 ! 100 % de réussite ! Jusqu’où ira-t-il ? Sur une belle passe de Sam, PE maque en pivot ! Nouvelle attaque des verts fluo, et… troisième arrêt consécutif de Val ! Encore un, et on reçoit un coup de fil de Dider Dinart ! On entend le banc réclamer le « 4 à la suite »…

Luc se lance à l’aile droite, mais le succès n’est pas au rendez-vous. Stefan, peu de temps après, l’imite, et se lance, lui, de l’aile gauche : joli tir, à qui il manque quelques centimètres. Le ballon rencontre le deuxième poteau et se retrouve projeté en direction du centre. Il fallait bien sûr compter sur notre PE national, qui se rue sur la balle et l’expulse derechef au fond des filets ! Entre les arrêts de Val et les buts de nos joueurs, on a du mal à y croire, en baissant les yeux sur le score : 16 – 13 ! On n’est plus qu’à -3 ! On est aux portes de la victoire ! On est sur le seuil du triomphe ! Les trompettes de la Renommée échauffent nos esprits fiévreux !

Au comble de la joie, on aperçoit soudain PE sonner le glas d’une contre-attaque madeleinoise, en interceptant une passe. PE s’empresse alors de lancer notre propre contre-attaque. Manu, à qui le ballon avait échu, s’élance hardiment de l’aile droite. Hardiment, en effet, car l’angle semble trop fortement fermé et le but, quasi inaccessible. C’est alors que Manu déclenche non pas un tir, mais une passe : il ne lui avait pas échappé que Sam s’était placé de l’autre côté, à l’aile gauche. La passe est parfaite, tout comme sa réception, et le tout finit en apothéose, au fond des filets. Du Olive et Tom version hand. Les cris de joie font trembler le banc ! Par la suite, Manu croise pour Sam, et, décidément, cette combinaison fonctionne !

À ce stade du récit, a priori, il ne fait plus aucun doute, pour le lecteur, que l’issue du match est en passe d’asseoir les Spartakistes sur le toit du monde du handball. Sauf que… Si le lecteur est un adepte de la geste spartakiste, qu’elle soit handballesque ou footballesque, il n’est alors pas sans connaître la piquante particularité de ces équipes, à savoir leur propension à une joyeuse débâcle ! Car, oui, malgré les sublimes actions décrites précédemment, le Spartak, qui avait réussi à réduire l’écart à -3, retombe assez rapidement à -6… Et c’est reparti pour un tour !

La Madeleine, donc, contre-attaque et marque. Le Spartak se fait maladroit en offrant un penalty à ses adversaires et en écopant d’un carton jaune. L’ailier droit de La Madeleine est fulgurant de rapidité et de précision, et bon nombre de contre-attaques sont de son fait. La demi marque à nouveau, propulsant son équipe à 24 points, contre 17 pour les Spartakistes.

Ce qui n’empêche pas Antoine de délivrer un magnifique un contre un, qui prend son défenseur à contrepied et qui lui permet de juguler l’hémorragie spartakiste. Val fait un bel arrêt, des pieds. Bastien trouve, lui aussi, les chemins des buts. Nico imite Antoine, remporte son un-contre-un et marque. Val arrête encore un but ! « Arrêt Val », mais… Quel homme ! « Arrêt Max », mais… Quels hommes ! Ce duo de gardiens nous épate, de match en match !

Sam marque à nouveau, « et c’est son premier match », peut-on lire, consigné – avec admiration – dans le carnet. « PE EN FORCE ! PE HOMME DU MATCH ». Visiblement, l’admiration tourne à la frénésie, et c’est désormais en majuscules que seront rapportés les exploits de nos héros. En majuscule, et en traits d’esprit, puisque les petits plaisantins ont repris les commandes du carnet. Lisez plutôt : « PE HOMME DU MATCH ! Au four et au moulin, dixit Nico », ce qui constitue une très bonne blague, quand on sait que l’activité professionnelle de PE l’amène régulièrement à tâter de l’éclair au chocolat et autres religieuses charnues et goûtues.

Il ne reste alors que dix minutes de jeu. La fatigue, le manque de lucidité et la fébrilité se traduisent par un relâchement du langage, couplé à une prise de notes en roue libre. Nous demandons aux lecteurs de bien vouloir nous pardonner. C’est donc ainsi que s’égrainent les dernières minutes du match : sans transition, on enchaîne sur un « PUTAIN DE RELANCE DE MAX POUR ANTOINE ! 26 – 21 », « Vol plané de Manu le dauphin ! », « PE encore dans ses œuvres ! », « Péno pour Antoine, feinte de daron ! », « Manu ! Encore un homme du match ! », « Fin sur un arrêt ! ». Mais, quel dénouement de match cache cette débauche de phrases exclamatives, devez-vous vous demander ?

Courageux lecteurs, courageuses lectrices, qui avez su arriver jusqu’ici, que votre patience et votre bienveillance soient récompensées, et découvrez sans plus attendre le score final : le Spartak – l’aviez-vous pronostiqué ? – s’incline avec un total de 26 buts face à La Madeleine triomphante, du haut des ses 31 buts. Bravo à cette très belle équipe, qu’on s’empresse d’entraîner dans les buts, afin de faire de jolies et fraternelles photos. Qu’on s’empresse de retrouver, une fois sortis des vestiaires, afin de trinquer dans l’allégresse. Cette fois-ci, le Spartak avait prévu le coup. Ou plutôt, des Spartakistes, faisant fi de toute concertation, avaient généreusement prévu les coups, et ce ne sont pas moins de trois voire quatre (ou cinq ?) packs de (vraies) bières, qui se virent bientôt éventrés, lors de cet après-match jubilatoire.

À nouveau, merci à La Madeleine, à ses joueurs sympathiques, à Thierry ! À très vite, nous l’espérons, et bonne continuation à ces sémillantes équipes !

Entre le Mondial et les DEUX matches qui attendent le Spartak cette semaine (dès ce mardi 29 et demain, mercredi 30), ainsi que le tournoi multisport « Back to School » de ce dimanche 27 janvier, le handball n’en finit plus de nous faire tourner la tête, pour notre plus grand ravissement !

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