« Kung Fu Fighting » : épisode 2

2e match – Lille Handball Club – Mardi 27 novembre

Il se dit qu’à la mi-temps, Lille Handball Club, qui recevait le Spartak lillois à la patinoire de Bobet (Caulier) menait 15 à 10. Écart honorable, pour la toute jeune équipe spartakiste. Mais il se dit aussi que le coup de sifflet final fit entendre son sifflement strident sur un 39-22, en faveur des tauliers. Que s’est-il passé entre-temps ? Vous n’en saurez rien, la chroniqueuse ayant été, ce jour-là, terrassée par un mal mystérieux, et qui l’empêcha d’en être.


3e match – Roubaix – Vendredi 30 novembre

Cette chronique est dédicacée à tous les joueurs de l’équipe n’ayant pu être présents, à et Stéphane, qui a vilement préféré fêter ses 34 ans, plutôt que de rejoindre nos rangs !

C’est un peu inquiets, que nous débarquons à la salle de sport Bernard Jeu, à Roubaix, en cette fin de semaine… En effet, certains sont échaudés par le match précédent. D’autres pâlissent, lorsqu’ils se rendent compte que ce soir, c’est une portion congrue de l’équipe, qui est réunie : 8 joueurs ! 1 seul remplaçant ! « En plus, je ne suis pas en bonne condition physique », entend-on murmurer. « Moi non plus, on a à peine trottiné, et je suis déjà mort… ». Et c’est définitivement la terreur qui s’empare de nous, lorsque nous avisons l’équipe adverse s’échauffer : des espèces de golgoths en surnombre, semblant vouloir en découdre…

Malgré un nombre suffisant d’éléments effrayants qui justifierait largement que nous partions en courant, terrorisés… Nous restons ! Et qui plus est, le sourire aux lèvres ! Car nous avons, aussi, mille raisons de nous réjouir ! A commencer par… LE PREMIER MATCH DE HAND DE VAL ! Qui ne fait pas les choses à moitié, puisqu’il commence directement dans les buts ! « J’ai regardé des tutos YouTube, en travaillant, cet après-midi », confiera plus tard celui qui pourrait bien se révéler comme la relève d’un Omeyer… Val se fait providentiel, puisque Max, notre super gardien, déclare forfait, puisque blessé, pour ce match. On lui souhaite, au passage, un prompt rétablissement ! La fébrile équipe du Spartak est aussi ragaillardie par la présence de Youyou, qui a fait le déplacement bien que blessé de même, quelle classe ! Armé d’un stylo et d’un carnet, c’est grâce à lui que cette chronique sera davantage étoffée que les précédentes : merci Youyou ! Le banc des supporters s’agrandit avec Malo, le petit frère de Maëlle, qu’on a eu plaisir à rencontrer ! Et enfin, le sourire chaleureux d’Adila, la coach de Roubaix, finit de nous convaincre : allez, ça va le faire !

C’est parti ! Le coup d’envoi est donné ! On commence avec Bastien et Justine aux ailes, Romain et Maëlle en arrières, Antoine en demi et Guillaume en pivot. Aldo rentrera bientôt, ainsi que… Moh, qui, fidèle à lui-même, nous fera la non-surprise d’arriver en retard ! Le Spartak jouera finalement à 9 !

C’est Roubaix qui déclenche le premier tir… Et c’est Val qui arrête son premier but !!! Et c’est le Spartak qui ouvre le score, grâce à Antoine et un tir à 9 mètres ! Des jolis gestes, on va en voir pas mal, au cours de cette première période serrée !

En défense, le Spartak est plutôt solide, chacun à son joueur, la communication est au rendez-vous, on ne se laisse pas trop abuser par les changements de secteurs de nos adversaires, on monte lorsqu’il le faut, on bloque et on multiplie les coups francs.

En attaque, c’est un peu plus laborieux. On annonce des décalages, perturbés par des pertes de balle. Parfois, on peine à se trouver. On bute aussi contre un gardien roubaisien bien présent. « Romain interception / Headshot sur le gardien », peut-on lire inscrit dans le carnet. Mais, on parvient aussi à faire bouger la défense et à créer des espaces. Bastien travaille et va chercher l’intervalle, tant et si bien qu’il arrache et concrétise un penalty. Justine va fixer la défense et emmène son défenseur au centre, pendant que Moh glisse à l’opposé, en pivot, reçoit la balle et marque. Antoine, en demi, croise pour Romain, en arrière droit. Le mouvement déstabilise la défense et plutôt que de terminer l’action, Antoine repère l’intervalle, s’y engouffre et marque. Romain se bat comme un beau diable, avec l’énergie qui le caractérise : « On ne pourra pas dire que je n’ai pas mouillé le maillot », déclarera-t-il, trempé, à la mi-temps. Guillaume, bien placé en pivot, envoie la balle au fond du filet, et remet ça. Maëlle déclenche de jolis tirs en suspension. Aldo concrétise également…

Ainsi, le plaisir est là ! Il culmine lorsque toute la salle retient son souffle : un Spartakiste (lequel ? Le carnet ne le dit pas, ni ma mémoire) se retrouve en position de tir, mais réalise qu’il ne pourra finir l’action. Fuse soudain comme une bombe Bastien, qui saute en extension au-dessus de la zone… Oui, vous ne rêvez pas… C’est bien un kung fu que vont tenter nos valeureux joueurs… Pour les néophytes du hand, qui suivraient nos aventures, et auraient déjà, d’ailleurs, sourcillé devant le nom de cette chronique, on ne peut que trop vous recommander de taper « handball kung fu » sur YouTube ! La balle est bien lancée, elle se dirige vers les mains de Bastien, mais il semble qu’il ait manqué, ce soir-là, à Roubaix, quelques millimètres et une faveur divine, sans doute… Des exclamations retentissent dans la salle : entre soulagement (roubaisien) et étonnement, devant ce si beau geste, à deux cheveux d’avoir existé… Malgré toutes ces belles actions, on déplorera la blessure de Moh : on croise les doigts pour que ce ne soit pas une entorse !

Déjà, trente minutes ? On n’a pas vu passer le temps, heureux qu’on était, sur le terrain ! 10 à 8, pour Roubaix ! Le match est loin d’être plié et le Spartak a encore toutes ses chances !

On y retourne ! Déterminés, souriants, confiants ! Que lit-on dans le carnet ? Ah… Eh bien… Pour le résumé de la deuxième mi-temps, il faudra vous contenter de : « Val se mange un lob » et « Bastien mange sa banane sur le terrain ». Il semblerait que la fatigue et le manque discernement se soient emparés de tous, vraiment tous les joueurs de l’équipe ! Il s’agit ici, de rendre justice à Val, qui n’a pas démérité, qui, vaillamment, exposait l’entièreté de son corps pour faire barrage aux contre-attaques, et nous surprenait par une détente et une extension à faire pâlir de jalousie !

On entre dans les dernières minutes de jeu… Les équipes, dans ce match qui aura toujours été serré, sont à égalité ! 1 minute 30 secondes et… Le Spartak marque ! Le Spartak mène ! Le Spartak n’en revient pas ! Le Spartak panique ! Tant et si bien que Roubaix revient coller au score ! Égalité à nouveau ! Le chrono s’emballe, les secondes défilent, Antoine, héroïque, prend ses responsabilités et file droit vers le but… Le sort se sera donc acharné ce soir, car la balle est détournée et, en plus, va se perdre dans l’arrière-salle… Lorsque le gardien réapparaît, il est trop tard… L’arbitre siffle. C’est donc sur le score de 16-16 que se termine ce beau match… ! Derechef, on se serre les mains, on se congratule entre Roubaisiens et Spartakistes. Oui, à n’en pas douter, au regard des sourires et de la franche camaraderie qui s’emparent des joueurs, ce fut un beau match !

Lorsque plus tard, dans la soirée, je communiquerai le résultat du match à une tierce personne, celle-ci me retournera cette question rhétorique : « Égalité, c’est un peu comme une victoire ? ».

La victoire, en effet, nous la savourons dans cette première et historique égalité, et nous la savourons aussi lors d’une troisième mi-temps, éminemment sympathique ! Roubaix la généreuse nous offre des coups à boire, et c’est armé, qui d’un Coca (on ne vous balancera pas, Romain et Antoine), qui d’une bière, que nous fraternisons avec nos adversaires, sur le parquet de cette jolie salle Bernard Jeu (je ne me lasse pas de répéter ce nom). Il fallait immortaliser ce moment de convivialité, et c’est une nouvelle photo inter-équipes qui vient s’ajouter à notre toute jeune collection.

On se quitte donc sur d’infinis remerciements : merci à Roubaix ! Merci aux arbitres, chapeau les gars ! Merci à Adila ! S’il est une chose sûre, dans ce monde sans cesse mouvant et instable, dans cette « branloire perenne » chère à Montaigne : à Roubaix, on reviendra !

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Une réflexion au sujet de « « Kung Fu Fighting » : épisode 2 »

  1. alexandrefauquette

    Avant-goût de la Cuisine commune

    Bonjour à toutes et à tous,

    Le jeudi 13 décembre 2018 de 14h30 à 16h30, dans le Pavillon d’accueil Fives Cail (site de l’Avant-goût de la Cuisine commune), des représentants de la Maison Européenne des Sciences de l’Homme et de la Société Lille-Nord de France (MESHS) organisent un « groupe témoin » sur l’évaluation sociologique du projet de la Cuisine commune de Fives :

    Le projet de cuisine commune peut-il répondre aux objectifs qui lui ont été fixés ? Y parvient-il déjà ?
    Si oui, comment?

    Cette réunion est ouverte à toutes et tous : usagers du lieu, habitant-es, partenaires, associations.

    Une inscription préalable est nécessaire. Si vous comptez participer, veuillez écrire à alexandre.fauquette@meshs.fr.

    Nous nous ferons un plaisir de vous compter parmi nous.

    À très bientôt,

    Les partenaires MESHS du projet de la Cuisine commune ».

    Lieu : Avant-goût de la Cuisine commune, entrée située face au 92 rue Philippe Lebon.

    Alexandre Fauquette,

    postdoctorant MESHS-CNRS,

    docteur en science politique, sociologue, qualifié MCF,

    CERAPS (UMR8026)

    ________________________________

    Répondre

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