Le foot n’est pas un marché. Vive le sport populaire

Engagés dans la promotion d’un sport populaire et solidaire, nous relayons l’appel de plusieurs groupes de supporters du RC Lens en lutte contre la marchandisation de leur sport. red tigers lens

Déja il y a un an, dans la Voix du Spartak n° 2, nous avions consacré notre dossier aux supporters et leur rôle dans le football français. Dernièrement, nous donnions aussi la parole à Alex, ultra marseillais qui revenait sur sa conception de l’évolution du football.

Aujourd’hui, force est de constater que la tendance est toujours à la marchandisation et à la répression, l’un n’allant pas sans l’autre. Tout ce qui, dans les stades, tente de donner vie à un football populaire, engagé, vivant, et accessible financièrement est muselé afin de transformer le supporter en consommateur et le football en marché rentable.

Le symbole récent de cette politique antisociale : le match Red Star – ASSE

Dernièrement, nous avons assisté au triste spectacle du match Red Star – ASSE qui s’est joué en huitième de finale de la coupe de France. Alors que la rencontre opposait deux légendes du football populaire, la paranoïa des pouvoirs publics à douché les espoirs de faire de ce match une fête. Comme l’explique SoFoot dans son article « Le foot sans le peuple », les deux clubs sont dans l’imaginaire collectif, « les gardiens du temple d’un football populaire avec un ancrage laborieux, la banlieue rouge parisienne contre la cité minière de la Loire ».

Pour ce match, le stade du Red Star, le stade Bauer, chargé d’histoire (le nom est celui d’un docteur résistant tombé pour la patrie) est très vite recalé par la FFF pour une « capacité d’accueil insuffisante », ne permettant pas « d’assurer des conditions de sécurité nécessaire ». Le match se déroulera finalement au Stade Jean-Bouin, l’enceinte de rugby du Stade français située dans le XVIe arrondissement de Paris, fort éloigné de la « banlieue rouge » que chante le kop audonien et de l’atmosphère so british des rues de Saint-Ouen.

Puis, quelques jours avant la rencontre, la préfecture de police de Paris décide d’interdire les déplacements des supporters stéphanois en provenance de la Loire et des départements limotrophes. La préfecture s’appuie sur un arrêté ministériel signé par Bernard Cazeneuve, « considérant le risque élevé de violences et de dégradations qui sont susceptibles d’être commises à l’occasion de cette rencontre ». D’une main, on refuse le stade Bauer pour capacité d’accueil insuffisante, et de l’autre, on interdit le déplacement des supporters.
Du coté des supporters, les deux parties sont dans l’incompréhension, aucun passif négatif n’est à déplorer entre les deux clubs dont les supporters ne s’attendaient qu’à passer une soirée festive autour du football.

Ce qui s’est joué il y a quelques semaines lors du match Red Star – ASSE est grave. Aussi grave que le silence dans lequel les protagonistes ont agi.

À la faveur d’une interprétation zélée du texte, le Red Star annonce dans un communiqué que des contrôles d’identité seront réalisés à l’entrée du stade. Le but : interpeller d’éventuelles personnes résidant dans les départements de la Loire, du Rhône, de la Drôme, de l’Ardèche, de la Haute-Loire, du Puy-de-Dôme, de l’Allier et de la Saône-et-Loire. En d’autres termes, gare aux ressortissants de ces départements qui auraient le malheur d’être à Paris ce jour-là. « On est dans une dynamique de répression systématique qui non seulement ne résout rien, mais en plus vire à l’absurde. Poussons le raisonnement jusqu’au bout et arrêtons les potentiels touristes stéphanois qui seront à Paris en cette semaine de vacances scolaires », réagit Marion, supportrice de Saint-Étienne, abonnée au Kop Sud de Geoffroy-Guichard. On est surtout bien loin de la liturgie populaire habituellement symbolisée par la Coupe de France.

Pour nous, cette mesure chassant certains supporters des abords du stade et interdisant leur déplacement sous critère d’une origine géographique est une vraie discrimination territoriale. C’est un moyen de stigmatiser un peu plus les clubs de foot populaire populaire et leurs supporters. Selon l’avocat Pierre Barthélémy, « il existe une vraie rupture d’égalité entre les supporters stéphanois habitant dans les départements cités par l’arrêté et ceux résidant dans le reste de la France  ». Pour lui, « de nombreux éléments tendent à démontrer l’illégalité de cet arrêté. » Pourtant, cette mesure répressive et liberticide a été appliquée dans un silence assourdissant.

Soutien aux mouvements luttant pour un autre football, solidaire et populaire.

Le sport n’est pas un marché.

Les supporters ont des droits.


Supporters audoniens

 

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